Reportage / Dans l'univers des enfants sans parents
Tout sur leurs conditions de vie


Les enfants sont heureux de partager ces instants de bonheur avec ces visiteurs.
  • Source: Soir Info
  • Date: jeu. 11 fév. 2016
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La Pouponnière d'Adiaké a été créée en novembre 1981 dans le but de venir au secours des enfants frappés par les us et coutumes. Avec l'évolution, les mentalités ont évolué. A ce jour, cette structure accueille des orphelins et des enfants dont les mères ne peuvent pas s'occuper (pour des raisons gravissimes), pour leur garantir une protection pendant leurs premières années de vie si fragile, avant de leur permettre ensuite de regagner leurs familles. Une journée dans cette pouponnière, nous a permis de nous imprégner de certaines réalités.

Samedi 24 janvier, il est environ 10 h lorsque nous arrivons à la pouponnière d'Adiaké. Cette structure d'accueil pour enfants en difficulté est située dans un écrin de verdure et en bordure de la lagune, loin de toute nuisance et à l'abri de la circulation automobile. Au cœur d'un beau jardin se trouvent les deux bâtiments qui abritent les services. L'un abrite les bureaux de l'administration, et l'autre, les dortoirs et les services des 51 pensionnaires âgés de quelques jours à 2 ans et demi. Sur la terrasse de ce bâtiment peint dans des couleurs gaies et sécurisé par des grilles, sont regroupés des enfants, âgés de 7 à 36 mois, des deux sexes. L'ambiance était aux jeux. Les jouets, il y en avait de tous genres. A quatre pattes pour les plus petits et d'autres assis ou debout, ils étaient épanouis aux côtés de leurs ''mamans'' (encadreuses). N'empêche que leur attention a été captée par la présence de la délégation du Rotary club Abidjan Golf conduite par le président Ehui Kouamé.

Ces pensionnaires l'ont manifesté par des sourires et cris de joie et des gestes pour exprimer leur joie. Les expressions de leurs visages semblaient dire à leurs hôtes : ''Soyez les bienvenus. Nous sommes heureux de vous voir''. Aussi, s'agrippent-ils aux visiteurs. Certains demandent qu'ils leur prennent dans leurs bras.

L' attachement des enfants aux inconnus justifie un besoin d'un lien affectif. Ce geste fait resurgir cet instinct originel et permanent du bébé à vouloir entrer en contact avec autrui, qu'il considère généralement comme sa mère. Malheureusement absente. Cette ambiance chargée d'émotions qui ne laisse personne indifférent suscite chez des âmes sensibles un sentiment de tristesse. D'aucuns ont dû écraser des larmes. « Qu'est-ce-que ces enfants ont fait pour qu'ils soient coupés de l'affection maternelle ? », regrette une dame. Une situation qui impose plus d'un à communiquer l'amour à ces innocents.

A l'intérieur de ce grand bâtiment, une grande salle garnie de plusieurs berceaux. Il s'agit du dortoir de ces bébés. Certains sont endormis et d'autres éveillés. Il y en a qui sont timorés. Mais les plus turbulents qui s'adonnent aux jeux sont attirés par la présence de la délégation. Ils respirent la pleine forme.

Contrairement à Jonas, prénom attribué à un enfant de 9 mois, qui souffre d'une malformation au niveau de la colonne vertébrale. Une malformation qui agit sur la forme de ses jambes. Jeannette, également, prénom donné à un autre enfant âgé à peine d'un an, est orpheline d'une défunte mère séropositive. Un autre bébé est endormi après son bain. «C'est une fillette. Elle est née il y a une semaine. Son cordon ombilical vient de se couper. La mère de cet enfant est décédée en couches », explique sœur Edoukou.

Victimes de décès en couches, folie, Vih et pauvreté

Ce bébé est confié à la pouponnière parce que les familles de ses deux parents sont en conflit suite au décès en couches de sa mère. «Son père nous l'a confié le temps de régler ce problème et protéger l'enfant qui est encore fragile», rapporte la religieuse. La situation de ce bébé permet de jeter un regard sur cette réalité récurrente en Côte d'Ivoire, notamment dans la région du Sud-Comoé.

Les responsables de la pouponnière révèlent que c'est souvent que des enfants sont rejetés par leurs familles maternelles après le décès de leur mère en couches. Soit, des parents maternels refoulent le bébé qui vient de naître et l'abandonne au père.

Dans certains cas, l'enfant est considéré comme un sorcier et accusé d'avoir tué sa mère à la naissance. Soit, les parents de la défunte mère récupèrent le petit orphelin pour remplacer leur fille décédée en couches, pour marquer la rupture avec la famille du père.  

Pis, le papa de l'enfant, en plus d'être frappé par la douleur du décès et préoccupé à s'occuper du bébé, est accusé par les beaux-parents d'avoir négligé leur fille pendant la grossesse. A côté de ce groupe d'enfants, il y a ceux dit ''serpents'', rejetés par les siens. Ils sont trois dans cette pouponnière. Un seul a exprimé sa joie par des cris et gestes. Le plus âgé, 17 ans révolu, impassible et couché à même le sol, a un morceau de sparadrap sur le poignet de la main gauche. «Il est calme parce qu'il est en train de se remettre d'un paludisme », confie une employée.

Il est difficile pour les âmes sensibles de se rapprocher ou toucher le troisième enfant qui se trouve dans un état pitoyable et effroyable. Leur dortoir meublé de trois lits est doté d'une salle à manger et d'une salle d'eau. « Pour faire leur toilette, ils sont portés sur un lit en polyester afin de faciliter la tâche aux « mamans » qui prennent soin d'eux », explique la sœur Edoukou. En plus des enfants issus de mères décédées en couches, il y a le groupe des enfants issus de familles pauvres. C'est le cas des jumeaux et triplés trouvés dans cette pouponnière.

La plupart arrivent des campements,

La plupart des enfants arrivent des villages et campements, ou de zones urbaines très défavorisés. Le dénuement des familles dont sont issus ces enfants ne permettent pas de leur assurer une alimentation adaptée à leur âge. De même, la situation sociale de la maman vivante est trop précaire pour prendre en charge le ou les nouveaux nés dans de meilleurs conditions.

Ce centre d'accueil enregistre également des enfants nés de mères malades mentales et atteintes de maladies chroniques ou contagieuses telles que le Sida et la tuberculose. Les enfants abandonnés sont une minorité. Ailleurs, d'autres réalités peuvent justifier la prise en charge de ces enfants tels qu'un handicap ou une incarcération. de la mère, etc.

Peu de personnes, même de bonne volonté, peuvent assurer la prise en charge d'un nourrisson dans ces conditions &a (...)

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