Banques : La bataille des cartes de crédit

  • Source: Journal de l'Economie
  • Date: jeu. 24 avr. 2014
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L'utilisation des cartes de crédit est restée longtemps l'un des services les plus inaccessibles au sud du Sahara et en Côte d'Ivoire en particulier. La mise en place des guichets automatiques des banques a facilité sa propension.

La carte de crédit est un outil permettant à son utilisateur d'avoir accès à son compte bancaire et d'effectuer des transactions sans avoir de la liquidité ou encore sans passer par la caisse de sa banque. Cet outil pratique et quasi universel gagne du terrain en Côte d'Ivoire, où les banques ne sauraient rester en marge du progrès mondial. Elle permet donc de retirer simplement de l'argent, mais aussi et surtout de faire des transactions via internet.

 

Cartes bancaires de paiements et de retraits

Les premières cartes bancaires introduites sur le marché des paiements en Côte d'Ivoire ne permettaient qu'aux titulaires de comptes bancaires d'effectuer leurs retraits d'argent selon leur bon vouloir, notamment leur salaire de fin de mois. C'est ce type de carte qui est à l'origine de l'introduction des modèles récents dits universels. En effet, l'engouement suscité par cette carte a provoqué l'accélération de la mise en place des Guichets Automatiques ou distributeurs automatiques de billets (DAB), d'abord dans la plupart des agences bancaires et désormais à divers endroits de la ville d'Abidjan : grandes surfaces, grands carrefours, hôtels, voies à grandes circulations… Aujourd'hui, où la majorité des titulaires de comptes bancaires en Côte d'Ivoire demeure les fonctionnaires et employés du privé qui ne s'intéressent à autre chose qu'au retrait de leur salaire dans les conditions les plus optimales, la politique des établissements bancaires est de créer une proximité entre ces clients et les DAB. C'est autour de cet embryon d'utilisateurs de cartes bancaires que se bâtit donc la politique, mais aussi la concurrence entre banquiers, sur ce produit. Sinon, il importe de souligner que malgré un haut niveau de transaction entre la Côte d'Ivoire et l'extérieur, notamment les pays de la zone Cedeao qui ont une très forte communauté sur le territoire ivoirien, les moyens de transaction restent très traditionnels. C'est-à-dire les transferts d'argent physique à travers les entreprises spécialisées dans ce domaine, telles que western union, money gram, etc, en lieu et place des transferts par voie bancaire. Une manne de commission qui échappe donc au système bancaire du pays. Surtout que les montants expédiés hors de la Côte d'Ivoire chaque année, dépassent les 200 milliards FCfa. D'où la dernière volonté de la Bceao de mener une vraie campagne pour la bancarisation (- de 10%) dans la zone. La bataille entre les banques se déporte donc sur le terrain des transactions internationales.

 

Cartes pour acheter sans compte bancaire

Lorsque les banques ont compris qu'elles pouvaient gagner énormément d'argent en revendant des services des leaders de cartes de crédits et bancaires telles que Visa et Master Card, elles ont rapidement développé des systèmes adaptés pour permettre à leurs clients de disposer de cartes de crédit pour acheter sur Internet ou à l'étranger, même sans compte bancaire. L'une des difficultés d'utilisation des cartes de crédits résidait dans l'inexistence d'un système monétique adapté, permettant d'effectuer des transactions entre banques nationales, entre banque de l'espace Uemoa et banques étrangères ou encore les opérateurs mondiaux. Il y a quelques années, il était quasi impossible de se faire accepter une carte Ecobank par exemple dans un distributeur Bank Of Africa (BOA). La mise en place d'un système monétique centralisé et interbancaire a permis de faciliter les transactions monétiques entre les différentes banques de la zone Uemoa. Ce n'était plus une obligation concurrentielle, pour les banques, puisque personne ne voulait rester spectateur de ce changement. Tous les établissements bancaires disposent donc de cartes utilisables avec les terminaux des autres concurrents, partout dans la sous région. En effet, lorsqu'un touriste ou un homme d'affaire atterrit en Côte d'Ivoire et qu'il se trouve en face d'un guichet Sgbci ou Banque Atlantique par exemple, et qu'il ne peut utiliser sa carte Visa pour des retraits, c'est de la transaction perdue par ces banques implantées en Côte d'Ivoire. Une transaction sur laquelle elles pouvaient gagner des commissions.

 

De la concurrence à la collaboration

La révolution est qu'aujourd'hui toutes les cartes bancaires sur lesquelles il est apposé le sticker ‘'Visa ou Masters card'' ou autres, permettent d'effectuer des transactions à partir de n'importe quels guichets. Autrement dit, non seulement la plupart des guichets automatiques de Banques admettent les cartes des autres banques d'ici ou d'ailleurs dans le monde, mais également des autres types des cartes telles que Visa, Master Card, American Express, etc. C'est dire que la concurrence a cédé la place à la collaboration. Si les titulaires de ces cartes détiennent pour la plupart des comptes déjà fournis, une autre évolution tente toujours de faire son chemin. Il s'agit des cartes sans compte bancaire. Le concept consiste à s'adresser au service monétique d'une banque et y verser des frais d'activation avant d'alimenter la carte de crédit ainsi acquise. Le système fonctionne comme les puces prépayées de téléphone mobile. On y dépose préalablement un montant qu'on peut utiliser à travers sa carte. Il évite de se déplacer (voyager par exemple), avec sur soi, de grosses sommes d'argent et s'adresse plus particulièrement aux hommes d'affaires souvent confrontés à des difficultés de conversion une fois à l'étranger. Malgré tout, les banques essaient de se différencier sur les offres tarifaires.

 

Presque les mêmes tarifs d'accès pour les cartes sans compte bancaire …

Au niveau des coûts d'accès et autres frais, les offres varient d'une banque à l'autre selon qu'elles sont à une phase de lancement, en promotion ou non. Les Cartes internationales utilisables sur Internet et sans compte bancaire, sont généralement cédées à 15 000 F avec la possibilité de pouvoir y déposer et retirer au maximum 5 millions F. Néanmoins, les frais de dépôt et de retrait d'environ 100 000 f, sont estimés à 4000 F minimium auxquels s'ajoutent d'autres frais d'utilisation. Certaines banques prélèvent jusqu'à 20 000 F pour un versement d'un million. D'autres préfèrent faire leurs bénéfices sur les frais d'acquisition de la carte prépayée fixés à 65 000 F avec des frais sur les montants déposés moins élevés (1%). Ecobank délivre sa carte Cashxpress sans compte bancaire, à 11 000 F valable sur 2 ans pour un montant minimum de 25 000 f. Avec comme frais de transfert de carte à carte de 1000f, frais de gestion mensuel 750f. La commission de chargement/rechargement est de 1,5% du montant chargé pour un minimum de 1250f et un solde maximum de 5 millions F. La limite de chargement journalier est de 3 millions contre, 2 millions pour le retrait journalier au distributeur automatique et 3 millions par les TPA (Terminal à Paiement Automatique) assortie d'une autorisation de 10 retraits par jour. D'autres frais existent, tels que les commissions de retrait dans les guichets automatiques Ecobank (600 f), celles des retraits dans un réseau confrère en Côte d'Ivoire (2% du montant plus 1000f), la demande de solde (250f), des achats Internet (1,5% du montant), etc. Ces frais sont presque les mêmes dans les autres banques avec une variation de plus ou moins 2%.

 

Comme pour celles détenues par des titulaires de compte

Pour ce qui est des cartes détenues par les titulaires de comptes, les frais d'une banque à l'autre ne sont pas très éloignés. Elles permettent aussi un potentiel de retrait important dans tous les distributeurs de billets et les guichets automatiques des réseaux VISA, GIM-Uemoa, Visa Classic. Ainsi, à la Boa (la carte de retrait Sésame), ces cartes coûtent 6000fcfa/an (coût identique pour le renouvellement et le remplacement). L'opposition revient à 2000f, idem pour un retrait à un terminal autre que celui de la Boa. La carte Visa Proxima coûte 17 000f, la carte Elite elle, est à 24 000f et prestige à 50 000 f, avec des commissions à l'étranger de 2,5% plus 2500f. La Biao-CI avec sa carte de crédit Visa Rubis, permet des retraits dans les guichets automatiques et achats dans les terminaux de paiements électroniques en Cote d'Ivoire, dans l'Uemoa et à l'international. Les frais de chargement sont à 2,2% et le prix de la carte à 5 000 FCFA. La Sgbci a sa carte Etoile Privilège rattachée au compte chèque avec un plafond journalier de retrait en Côte d'Ivoire de 200 000 F et un plafond journalier d'achat de 1 million F. La plupart des banques possèdent au moins trois variétés de cartes selon les choix et le pouvoir d'achat des clients. S'adresser au guichet d'une banque autre que celle dont on a la carte, ce que permet par exemple toutes les cartes stickés ‘‘Visa'', coûte parfois 2 à 3 fois plus cher. BAnques




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