Reportage / Collecte des bouteilles en plastique : Dans l'univers des ramasseurs
Des journées harassantes pour de maigres salaires


Les bouteilles en plastique servent toujours après (Photo : H.K-N)
  • Source: Soir Info
  • Date: jeu. 07 avr. 2016
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On les voit sans faire attention à leur présence. Pourtant, ils sont nombreux à tourner dans les quartiers, ces gens, des femmes et des enfants, qui se démènent pour survivre grâce à la collecte et au ramassage des bouteilles en plastique. Dans le district autonome d'Abidjan, pendant quelques jours, nous avons filé quelques femmes et leurs collaborateurs qui mènent cette activité avare en récompenses.

Sur le chantier  du domicile d'un particulier dans lequel '' Maman de Ousseine '' vit avec sa famille, au quartier Palmeraie à Cocody, de grands sacs de 300 à 400 kilogrammes traînent le long de la clôture. « On ne sait jamais. Les sacs sont là. Chaque enfant qui sort, revient avec quelque chose », nous confie-t-elle le mardi 8 mars 2016, lorsque nous lui rendons visite. Chez cette dame originaire d'un   pays africain, cette activité est très importante. Aussi, nous explique-t-elle son programme : «Tous les jours de la semaine, nous tournons à la Palmeraie, Faya, Abatta, Chantier. Des fois, nous partons jusqu'à l'entrée de Bingerville, quartier Feh Kessé ». Ce mardi justement, Fati, la grande fille de Maman de Ousseine, est allée très tôt à Abatta, un sous quartier de Palmeraie, en direction de la commune de Bingerville. « A Abatta, je ramasse des bouteilles en plastique mais j'en achète aussi avec les domestiques. Ce quartier m'arrange parce que j'ai des fournisseurs fidèles, les filles de ménage. Elles me gardent les bouteilles. Je paye quatre petites bouteilles d'eau minérale à 25 francs cfa et trois grandes à 100 francs. Il y a des bouteilles qui sont plus petites », explique Fati à son retour dans l'après-midi. Le point des activités du jour est établi avec la gérante de l'affaire : sa mère. Selon celle-ci qui a eu une hypertension, à cause des longues marches sous le soleil, «les prix des bouteilles varient selon leur volume ». Ainsi, les bouteilles de 30 cl sont moins coûteuses que celles de 33 cl ou celles de 35 cl, ainsi de suite. « A la fin de la semaine, je peux avoir comme bénéfice, entre 5000 et 6000 francs. Lorsqu'on trouve beaucoup de grands bidons, c'est bon pour nous », se réjouit Maman de Ousseine,  les yeux scintillants. Et d'expliquer qu'avec les bidons, le bénéfice est plus élevé, et que toutes les personnes qui mènent cette activité en savent quelque chose.

 

Des gamins à la rescousse...

A moins de 15 kilomètres de la Palmeraie, à Bingerville, Mouss et IB diminutifs de Moussa et Ibrahim, deux jeunes adonnés à cette activité, nous apprennent que l'activité n'est pas facile. Nu- pieds ou très souvent en « Lêkê », (chaussures en caoutchouc), ces deux collecteurs de bouteilles, racontent que c'est sous la pluie, et parfois sous le soleil calcinant, que les jeunes âgés de 11 et 12 ans travaillent. «Du quartier précaire de Bingerville, Gbagba, où nous habitons, nous  partons chaque week-end, depuis bientôt deux ans, dans les quartiers environnants, pour le ramassage de bouteilles plastiques que nous livrons aux vendeuses de Bissap et de Gnamankoudji (des jus de consommation fabriquées de manière artisanale, ndlr) ou aux vendeuses de médicaments», expliquent ces jeunes élèves. Au cours du week-end de notre passage chez eux, nous constatons que les femmes de Bingerville préfèrent se ravitailler chez ces gamins qui tronquent parfois leur kaki contre la modique somme de 25 francs, les quatre bouteilles, que  de les acheter à Adjamé où les trois bouteilles font 50 francs. Relativement aux lieux de ramassage, ces collecteurs indiquent que les maquis sont les endroits privilégiés, et qu'ils arpentent quelques les rues. « Nos acheteuses préfèrent les bouteilles aux sachets », fait savoir Mouss. A en croire leur cliente Amoin, « les sachets ne sont plus solides. En plus, ces jeunes sont propres parce qu'ils ne prennent pas les bouteilles n'importe où ». «Nous faisons un premier lavage chez nous, et (...)

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