Affrontements meurtriers à Bouna : 2000 peulh-éleveurs réduits à l'assistance humanitaire au camp de l'Onuci
Voici pourquoi ils ont été attaqués
Comment ils ont échappé à la folie meurtrière


Accueillis dans la promiscuité, la galère des éleveurs peulh réfugiés au camp de l’Onuci a fait fondre en larmes la ministre Mariétou Koné
  • Source: L'Inter
  • Date: jeu. 31 mars 2016
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Avant d'engager les hostilités meurtrières, on ne pense pas à eux. Dans le feu de la guerre, on ne les regarde pas, non plus. Une fois que les armes se sont tues, que machettes, flèches et autres objets contondants sont rangés, quand la raison reprend le pas sur la passion et la folie meurtrière, c'est à ce moment qu'on entend leurs cris de détresse, leurs complaintes et qu'on se penche sur leur sort. Eux, ce sont les déplacés internes.

Après 72 heures de violents heurts, expression de la déchirure de la cohésion inter-communautaire entre des populations autochtones Koulango et allochtones Lobi liées par des relations séculaires de fraternité  dans le Bounkani, ce sont des milliers de déplacés internes qui a trouvé refuge sur 4 sites dans la ville. Il s'agit de l'église baptise, de la mosquée centrale, de la résidence du préfet Tuo Fozié et du camp de l'Onuci (Opérations des Nations-Unies en Côte d'Ivoire). Sur ce dernier site, plus de 2000 fugitifs ont afflué depuis le jeudi dernier. Ce dimanche 27 mars, lors de notre visite, en compagnie de Jean Emile Nkiranuy, coordonnateur des opérations humanitaires de l'Onuci, en charge du Zanzan (Bondoukou-Bouna), ce sont des ‘'réfugiés'' paniqués et désemparés que nous rencontrons à leurs lieux d'hébergement sur un site exigu, sans commodités en matière de prise en charge humanitaire de cette ampleur. 

 

Situation humanitaire critique 

5 conteneurs de 7 portes chacun, sans climatisation en cette période de forte chaleur (la météo indique ce jour 29° c), ont été aménagés. Dans ces conteneurs sans sanitaires, l'on aperçoit principalement des nourrices, des femmes âgées et enfants de moins de 5 ans, regroupés par 50, entassés quasiment les uns sur les autres. Certains se débrouillent à même le sol, par endroit et d'autres sur de grosses nattes déchirées ou des lambris de cartons disposés comme des couchettes. Ceux qui n'ont pu avoir de place à l'intérieur des différents box, principalement des hommes âgés et des gamins,  se contentent des appatams dans la cour du camp. Les moins âgés et les adolescents se disputent l'air libre sous un soleil de plomb. «Depuis le jeudi dernier, plusieurs bouviers peulh et leurs familles continuent de déserter leurs campements pour trouver refuge ici. A ce jour, nous comptons dans cette base, plus de 2000 déplacés internes avec des femmes et des enfants », situe Jean Emile Nkiranuy à propos du nombre de ces déplacés internes contraints de vivre dans des conditions de promiscuité à déchirer le cœur de tout humaniste. Et ce, après avoir été chassés à coup de fusil de leurs campements. Ces bouviers, le regard perdu et inquisiteur, partagent la même galère. Venue s'imprégner de leurs conditions de prise en charge, lors de son passage le samedi dernier, la ministre de la Solidarité, de la Cohésion sociale et de l'indemnisation des victimes de guerre, n'avait pu, 24 heures avant, soit le samedi dernier, se retenir. 

 

La détresse des ‘'bannis'' fait pleurer Mariatou Koné 

Mariétou Koné a littéralement fondu en larmes, avant de laisser parler son cœur meurtri de mère et d'humanitaire en affirmant : « Je reviens vous voir le plus rapidement possible ». Il s'agissait ainsi de venir répondre aux besoins que toute la mobilisation des hommes du bureau de coordination des opérations humanitaires (Ocha) n'arrivait jusque-là, pas à couvrir. L'offre ne satisfaisant pas la forte demande de ces déplacés internes dont la détresse se lit sur les visages. Il en est de même de l'angoisse et l'incertitude d'un retour rapide sur les lieux d'activité, d'où ils ont été chassés, bannis. « Nous avons tout perdu.  Vu que nous avions fui les campements, nos agresseurs s'en sont pris au bétail. Ils ont fu (...)

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