Révision de la liste électorale : Un juriste relève des violations du code électoral
Il redoute des élections bâclées et prévient : « On fonce droit dans le mur »


Un juriste, consultant-constitutionnaliste et expert en élections a déploré la non-mise à jour de la liste électorale de 2011 à 2015.
  • Source: L'Inter
  • Date: mer. 03 juin 2015
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La révision de la liste électorale qui doit servir aux prochaines élections générales en Côte d'Ivoire a démarré hier lundi 1er juin 2015.

Cette opération qui vise à satisfaire au droit constitutionnel du vote de milliers de citoyens non inscrits, suscite déjà des controverses dans l'opinion nationale. Si l'on en croit un juriste avec qui nous avons échangé hier et qui s'est prononcé sur la question, «on fonce droit dans le mur».

Selon cet expert en élections et constitutionnaliste-consultant qui a requis l'anonymat, certaines dispositions en la matière, relatives aux activités de la Commission électorale indépendante (Cei), dont entre autres, l'article 6 du code électoral, ont été violées. «L'alinéa 3 de l'article 6 de notre code électoral indique que la liste électorale est permanente et publique. Elle doit être mise à jour annuellement par la commission en charge des élections. Or, nous constatons que la liste électorale n'a pas été mise à jour depuis 2011. Est-il possible de faire une mise à jour qui aurait dû être faite depuis 4 ans, c'est-à-dire depuis 2011 et qui ne l'a pas été, en seulement trente jours ? Cela va relever d'un exploit titanesque », a-t-il apprécié. Puis, de souligner que cet exploit, même s'il est relevé, ne sera pas sans incidence. Il a confié que les élections pourraient être bâclées puisque le départ aura été vicié du fait de la précipitation. «Soit la Cei va réussir un exploit de faire en un mois ce qu'il devrait faire en 4 ans, soit le travail sera bâclée. Même si on veut faire confiance à la Cei, la suite logique, ce sera des élections bâclées, d'autres élections calamiteuses. Il est manifeste qu'on fonce droit dans le mur», a-t-il ajouté.

Le second aspect des craintes du juriste porte sur le délai du recensement électoral qui court du 1er au 30 juin. De son avis, ce délai ne permettra pas à de milliers d'ayants-droit de figurer sur la liste électorale. Et ce, pour défaut de carte nationale d'identité (Cni). Notre source a fait observer qu'il faut plus d'un mois pour se procurer la nouvelle carte d'identité au niveau de l'Office national d'identification (Oni). Or, ce document est l'une des pièces exigées pour l'enrôlement. Tout pétitionnaire ne disposant pas de la Cni ou à défaut du passeport ne sera pas inscrit. «On va aux élections pour respecter le droit consacré par la Constitution. Étant entendu que dans notre système, on parle de droit de vote et non pas de devoir de vote, l'État doit tout mettre en œuvre pour n'écarter personne. Avec le temps de délivrance des Cni qui excède le délai de l'opération de recensement, il est évident que des milliers de futurs électeurs ne pourront pas exercer leur droit constitutionnel de désigner dans les urnes, le candidat de leur choix», a-t-il éclairé.

 

Protocole de la Cedeao ''piétiné''

Puis, de souligner qu'il est souhaitable que la Cei boucle l'opération dans le délai qu'il s'est imposé, même s'il estime que «cela va relever de l'exploit titanesque». A l'en croire, si le recensement électoral n'est pas achevé à temps, cel (...)

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