Situation au Burkina Faso : Un ex-haut-fonctionnaire à l'ONU accuse gravement Ouattara et Compaoré


(Photo d'archives)
  • Source: Soir Info
  • Date: sam. 26 sept. 2015
  • Visites: 3779
  • Commentaires: 0
Au Burkina Faso, voila 48 heures que l'armée régulière et le Rsp se font face. Pourquoi cette fracture au sein des forces armées burkinabè ?

Ismaël Diallo est le porte-parole du Front de résistance citoyenne, un regroupement de plusieurs organisations de la société civile. Il a été aussi député et haut-fonctionnaire à l'Onu. En ligne de Ouagadougou, il a répondu, mercredi 23 septembre 2015, aux questions de Christophe Boisbouvier.

 

RFI : Ismaël Diallo, est-ce que vous êtes surpris par ce sursaut de l'armée régulière depuis quelques jours contre le Régiment de sécurité présidentielle (Rsp) ?

Ismaël Diallo : Nous l'espérions vivement. Ce qu'ils font depuis lundi [21 septembre] nous a rassérénés.

 

Beaucoup disent pourtant qu'il n'y a qu'une seule unité d'élite dans l'armée burkinabè, ce fameux Régiment de sécurité présidentielle.

Oui, parce que l'on a créé un mythe autour de ce régiment, comme l'on crée beaucoup de mythes autour de beaucoup de personnes physiques ou morales. En réalité, tout ce que ce régiment avait fédéré de pire que les autres, c'était les tueries, les assassinats et les tortures !

 

D'où vient ce sursaut de l'armée régulière ?

Je pense que beaucoup de personnes, au Burkina comme ailleurs, ont minimisé l'état d'esprit des officiers et des soldats que nous avons dans les autres régiments et dans les autres corps d'armée. Ceux-là voyaient le Rsp comme une unité privilégiée à tous égards, qui était une armée dans l'armée. Tant que ce régiment restait un peu dans les normes, tout le monde supportait ce qui se passait. Mais maintenant qu'il a franchi le rubicond, les jeunes soldats dans les unités et les garnisons en province, ont dit à leurs chefs : « Ecoutez, ça suffit”.

 

Cette confrontation d'aujourd'hui, est-ce qu'elle a commencé en octobre 2014, lors de la chute de Blaise Compaoré ?

Je dirais qu'elle a commencé peut-être plus tôt. C'était encore vraiment une distanciation, un désamour croissant au fil des ans, en particulier depuis 1987, après l'assassinat de Thomas Sankara. Et cela n'a fait que monter, que monter… Il n'est donc pas étonnant que nous en arrivions là.

 

Le Rsp lui-même, de quand date-t-il ?

Le Rsp a été créé en 1995. Avant le Rsp, c'était le Cnec (Centre national d'entraînement commando) qui a été créé à Pô par le capitaine Thomas Sankara, qui avait en ce temps, comme adjoint, Blaise Compaoré, lequel devenu chef du Cnec, a eu comme adjoint Gilbert Diendéré.

 

Comment réagit l'armée régulière pendant toutes ces années 90 et 2000 ?

Elle a fait profil bas. Elle a accepté ce fait, et pendant longtemps, il n'y avait que des murmures. Mais personne n'a essayé de s'opposer. Il ne faut pas oublier que le régime de 27 ans, d'octobre 1987 à octobre 2014, était un régime vicieux, un régime féroce. Ou vous êtes avec lui, ou, si vous avez des velléités d'être contre lui, il n'avait aucun scrupule à vous éliminer d'une manière ou d'une autre.

 

Oui, mais il y a quand même cette insurrection victorieuse d'octobre 2014, o

Lire la suite sur Soir Info


RFI Blaise Compaoré Ouagadougou Burkina Faso présidentielle insurrection fonctionnaire




Educarriere sur Facebook

Offres d'emploi du jour