Après la sortie du président du PDCI, Loukimane Camara (Député de Bouna-Bouko) dit ses vérités au gouvernement : « Que Bédié reçoive ici le soutien du peuple de Côte d'Ivoire »

  • Source: linfodrome.com
  • Date: jeu. 13 juin 2019
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La récente sortie du président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (Pdci), Henri Konan Bédié, sur la fraude sur la nationalité et l'orpaillage clandestin continue de faire des vagues dans les différentes franges de la population ainsi que dans la classe politique. Dans cette contribution, le député de Bouna-Bouko, Loukimane Camara, prend position…

Changer la Côte d'Ivoire en cinq ans ?

L'inversion des valeurs n'a pas eu lieu-2

Des fraudes sur la nationalité, en Côte d'Ivoire, en 2019 ? Le gouvernement a réagi vigoureusement aux propos du président Henri Konan Bédié sur la question des orpailleurs étrangers, sur la fraude sur les cartes d'identité et l'éternelle question foncière. Nos commentaires sur les deux sorties, celle du président Bédié et la réponse musclée du gouvernement se feront à la lumière de la Constitution du 08 novembre 2016 d'une part, et sous l'angle politique d'autre part. Le président Henri Konan Bédié s'est adressé au gouvernement sur des faits précis. Son discours est-il en déphasage avec notre Constitution ? Les faits :

 

1-  Encore la fraude sur l'identité en Côte d'Ivoire ?

Nous avons écouté les propos du président Bédié et la réaction disproportionnée du gouvernement, certainement désemparé par la mise à nu de la stratégie d'Opa du nouveau « Rhdp » sur les élections de 2020. La question des cartes d'identité frauduleuse à Abobo est-elle une information avérée ? A la lumière des saisies de documents à la frontière Sud-Est, à Noé, l'information doit être traitée par les autorités et dans le cadre de la transparence de la vie publique, celles-ci doivent apaiser les citoyens avec preuve à l'appui comme cela a été pour les 18000 tonnes de riz avarié, impropre à la consommation humaine.

La fraude à la nationalité est très grave. C'est un délit punissable dans les mêmes proportions que l'incitation à la haine contre les étrangers. De potentiels candidats pour 2020 en seraient-ils à l'origine ? Elle impliquerait les autorités chargées de l'État civil ivoirien et des étrangers réels ou fictifs, car les Ivoiriens n'ont pas besoin de frauder pour avoir des Cartes d'indenté nationales. Ils les ont de droit en bonne et due forme.

 

2-  L'orpaillage clandestin :

L'orpaillage qui détruit l'écosystème et qui malheureusement est l'œuvre d'étrangers dans nos régions est une réalité. Nous savons tous d'où ils viennent et quels sont leurs moyens d'action. Beaucoup de morts ont été enregistrés parmi nos forces de l'ordre à Bouna, à Tengrela et ailleurs sur le territoire national. Les députés Ivoiriens n'ont-ils pas interpellé le gouvernement sur la question en 2017, quand le ministre Anne Ouloto, alors en charge de l'environnement soutenait un projet de loi devant le Parlement ? Donc le problème n'est pas nouveau et l'interpellation du gouvernement n'est pas nouvelle non plus. Sauf que celui qui a parlé s'appelle Henri Konan Bédié, président du Pdci-Rda, ancien président de la République de Côte d'Ivoire.

 

3-  La question foncière

Les multiples conflits que les régions connaissent ont pour origine à plus de 60%, le foncier. C'est un fait réel qu'il ne faut pas occulter. Nous avons adopté en 1998 une loi sur le foncier. Si à ce jour sa mise en œuvre rencontre des difficultés, c'est que nous n'avons pas abordé courageusement les vraies questions, les questions anthropologiques, sociales et économiques. Il ne sert à rien de faire la politique de l'autruche. Il faut affronter le problème et y trouver des solutions apaisantes, tout en préservant les intérêts de toutes les parties. Ces trois sujets sensibles ne doivent-ils pas être traités ?

 

Les stipulations de la Constitution du 08 novembre 2016

La Constitution du 08 novembre 2016 les a suffisamment abordés. D'abord en son préambule qui y fait partie intégrante : « Conscient de notre indépendance et de notre identité nationale, assumons notre responsabilité historique devant la Nation et devant l'humanité ; Ayant à l'esprit que la Côte d'Ivoire demeure une terre d'hospitalité ; Instruit de notre histoire politique et constitutionnelle… » Et plus spécifiquement, s'agissant du foncier :« Seuls l'État, les collectivités publiques et les personnes physiques ivoiriennes peuvent accéder à la propriété, à la concession et à la transmission des terres et du domaine foncier rural. » (C.art 12; al 1).

 

Hypothèques sur les générations futures :

Ces trois problématiques (orpaillage, fraude à la nationalité, foncier) menacent-ils la stabilité à long terme du pays ? Il est évident que oui. Faut-il y apporter une solution intelligible et courageuse ? A mon sens oui. Faut-il interpeller le gouvernement sur sa responsabilité ? Oui et fort. C'est ce que le président Bédié a fait.

 

Les muscles d'un pouvoir en agonie ?

Le discours du président Bédié est en tout point conforme à la Constitution du 08 novembre 2016. Le gouvernement y trouve-t-il un appel à la haine contre l'étranger ? C'est ici que la politique politicienne entre en jeu. La Côte d'Ivoire a certes connu ses problèmes entre 1993 et 2010 avec l'instrumentalisation de la haine de l'autre par l'opposition politique d'alors qui a su profiter des erreurs de communication du Pdci et du Fpi. Manipulées, les populations musulmanes et celles du Nord sont tombées les deux pieds joints dans le complot. Ce type de manipulation ne pourra plus prospérer en 2020. L'opposition actuelle n'est pas structurée par une idéologie de type « pour ou contre l'étranger ». Ce qu'elle réclame, c'est l'État de droit, l'égalité de tous devant la loi. Le président Bédié, dans son intervention, a-t-il nié un droit civique à un autre ivoirien, fut-il descendant d'immigré ou naturalisé ? Non. Les imm (...)

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