Situation des étrangers / Après Bédié, Billon charge encore : « Est-ce un délit que d'alerter sur les dangers qui guettent la Côte d'Ivoire que l'on veut transformer en no man's land ? »


Jean Louis Billon a rappelé tous les cas de conflits et d'insécurité causés par des étrangers ces dernières années et posé des questions aux gouvernants ivoiriens
  • Source: linfodrome.com
  • Date: mar. 11 juin 2019
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En sa qualité de Secrétaire exécutif en charge de l'Information, de la Communication et de la propagande du Pdci-Rda, le ministre Jean-Louis Billon a apporté de l'eau au moulin de son président de parti lors de la conférence de presse qu'il a animée, ce lundi 10 mai 2019, relativement à la sortie d'Henri Konan Bédié, le 5 juin dernier, sur la situation des étrangers en Côte d'Ivoire. Ci-dessous l'intégralité de ses propos dont linfodrome.ci a eu copie.

Le samedi 8 Juin 2019, le Gouvernement de la République de Côte d’Ivoire a fait une déclaration, portant le sceau et la signature de son Porte-parole, le Ministre SIDI Tiémoko TOURE, abondamment relayée par les médias nationaux et internationaux, relative aux propos tenus par Son Excellence Henri KONAN BEDIE, Président du PDCI-RDA, à l’occasion d’une audience qu’il a accordée à une délégation de militants de son parti de la Commune de Koumassi. Le Porte-parole du Gouvernement a choisi délibérément des morceaux des propos du Président du PDCI-RDA, sortis de leur contexte, pour en faire une exploitation tendancieuse ; à l’effet de ternir son image et porter atteinte à son honorabilité.

Par ce stratagème, le gouvernement en arrive à qualifier les propos tenus par le Président du PDCI-RDA, comme étant « d’une extrême gravité, appelant à la haine de l’étranger et de nature à mettre en péril, au-delà de la paix et de la cohésion sociale, l’unité nationale et la cohésion du pays ». Contrairement à cette accusation, à la fois calomnieuse et démagogique, le Président Henri KONAN BEDIE n’a fait que porter à l’attention de l’opinion nationale et internationale des faits troublants et récurrents, vécus par les populations ivoiriennes et qui suscitent de véritables inquiétudes. Ces faits, régulièrement révélés par la presse nationale, internationale et publiquement reconnus par certains membres du Gouvernement, sont relatifs notamment aux conflits intercommunautaires récurrents ; à ce que recouvre l’orpaillage clandestin, et à la fraude sur l’identité ivoirienne.

Au regard de la persistance et de l’aggravation de ces faits, le Président Henri KONAN BEDIE, en sa qualité d’homme d’Etat et de Leader politique et d’opinion, est qualifié et bien placé pour aborder ces préoccupations majeures pour alerter le Gouvernement ainsi que l’opinion sur la gravité de ces événements qui menacent la paix sociale et la quiétude des populations ivoiriennes.

 

Concernant les conflits intercommunautaires.

 

Est-ce du racisme, de la xénophobie, du tribalisme, de la discrimination raciale ou religieuse ou de la haine de l’étranger que de dénoncer cette récurrence de ces conflits communautaires intervenus, notamment à Bouna (en Avril 2016), Guiglo (2017), Kanakono (le 24 Décembre 2017), Zouan-Hounien en (Novembre 2018), Bangolo (le 24 Juin 2018),  Facobly (en Juillet 2018), Issia (en Octobre 2018 avec la sortie punitive des DOZOS contre les populations autochtones), Duekoué (en Novembre 2018), Bin-Houin (en Avril 2019), Marabadiassa (en Février 2019), Béoumi et Abengourou (en Mai 2019) ?

Assurément que non !

 

En ce qui concerne l’orpaillage clandestin.

 

Est-ce du racisme, de la xénophobie, du tribalisme, de la discrimination raciale ou religieuse, de la haine de l’étranger que de regarder comme troublant ce phénomène qui est une réalité, principalement le fait de non nationaux armés et domiciliés à la lisière de nombreux de nos villages de Côte d’Ivoire ?

Ces sites d’orpaillage clandestin utilisent de nombreux enfants et sont sources d’insécurité et de conflits répétés.

En matière d’utilisation des enfants, « Le site d’orpaillage le plus actif est celui de Booré-Etienkro. Le nombre d’enfants engagés sur ce site est d’environ 200 », a déclaré lors de la deuxième conférence mensuelle des chefs de service initiée par le Préfet par intérim, Soro Sana, à Dimbokro, le représentant du Directeur des Mines et la Géologie, Tigori François.

Celui-ci a déploré l’utilisation des enfants sur ces sites. Cette utilisation des enfants, dit-il, se fait au vu et au su des autorités. Ces enfants pour la plupart, sont des écoliers et élèves ayant déserté les salles de classes.

Le représentant du Directeur des Mines et de la Géologie évalue à 3000, le nombre d’orpailleurs clandestins présents à Booré dont plus de 85% sont des non-nationaux. 

En plus de Booré, plusieurs sites d’orpaillage clandestin existent également dans le département de Dimbokro à Bassa-Kouadiokro, Tanoh-Akakro, N’Dayakro, Bengassou et Djèkro.

Relativement aux conflits meurtriers plusieurs sources en relatent les faits. L’orpaillage clandestin se développe de plus en plus dans de nombreuses régions de la Côte d’Ivoire. Certaines populations ivoiriennes essaient difficilement d’empêcher ces orpailleurs, bien particuliers, de s’installer, mais sans grand soutien des autorités administrativesAinsi, l’on assiste régulièrement à des affrontements meurtriersEn voici quelques chiffres sur ces violences orchestrées par ce phénomène qui s’amplifie.

Kokumbo, au Centre de la Côte d’Ivoire : ‘’Côte d’Ivoire : L’impunité et l’orpaillage clandestin ont encore tué et brûlé’’

Bongouanou, au Centre-Est : Une jeune fille a été retrouvée éventrée dans la nuit du samedi 4 mai 2019 par des orpailleurs clandestins sur la voie Broukro-Aboussounou aux environs de 4 heures et est décédée, le mardi 7 mai à 6 heures, à l’hôpital général de Bongouanou. Interrogée avant sa mort par le chasseur qui l’a découverte, elle a expliqué avoir été prise à Bongouanou par deux orpailleurs clandestins dont l’un est le père de son enfant. A l’en croire, ils avaient promis faire une virée nocturne à Akakro, mais après Broukro, ils ont dévié dans le sens d’Aboussounou où ils l’ont agressée dans la brousse avant de l’abandonner.

Koffré, sous-préfecture de Kasséré, dans le Nord : Le commandant de la 4ème compagnie mobile de gendarmerie de Korhogo, le capitaine Pierre Djah Dago avait été froidement assassiné par des déguerpis d’un site d’orpaillage clandestin à Koffré, le lundi 30 juillet 2018. En effet, menacés par les orpailleurs armés de machettes, de pioches et de gourdins, et ayant saisi au collet un gendarme, un collègue de ce dernier avait fait un tir de sommation, pensant pouvoir dissuader les assaillants. C’est dans la foulée que le capitaine Dago avait reçu un coup de pioche au dos. D’autres coups de pioches et de machettes avaient suivi, ne laissant pas le temps à l’officier de sortir son arme. Il avait été lynché à mort, avec divers objets contondants.

Hiré, dans la préfecture de Divo, au Centre-Ouest : Les jeudi 6 avril et vendredi 7 avril 2017, Hiré avait été le théâtre de violents affrontements entre gendarmes et jeunes causant la mort d’au moins deux personnes et de nombreux blessés par balles. Et pour cause, les jeunes pour la plupart, des exploitants clandestins d’or, accusaient les gendarmes d’être à la base de la mort d’un des leurs.

Alosso, dans le département d’Alépé, au Sud : Cette localité avait été secouée, le jeudi 14 janvier 2016, par un affrontement sanglant entre des orpailleurs clandestins et ses populations. L’on dénombrait à l’issue de cet affrontement, 11 blessés du côté des assaillants et deux du côté des villageois. A l’origine de ce conflit, qui avait viré sur le terrain communautaire, une exploitation clandestine des ressources minérales de la région par des ressortissants ghanéens, le long du fleuve Comoé.

Angovia dans le centre-ouest : Les affrontements sanglants, qui ont lieu en Juillet 2014, se sont à nouveau répétés en Mars 2015. En effet, un chasseur traditionnel communément appelé Dozo, avait ouvert le feu sur un orpailleur clandestin travaillant dans une des nombreuses mines à Angovia, situé à 70 km de Yamoussoukro. La victime, avait été transportée d’urgence à l’hôpital, au niveau de Bouaflé, où elle avait reçu les soins que nécessitait son état de santé. Toutefois, les populations autochtones s’étaient soulevées pour réclamer le départ, sans condition, des chasseurs traditionnels de leurs terres. 

La liste est bien longue que l’on ne pourrait pas finir d’égrener. L'ensemble de ces événements malheureux ont mis en cause des Orpailleurs Clandestins non nationaux. Dans presque toutes les régions de la Côte d’Ivoire, la présence de ces orpailleurs bien particuliers a atteint des proportions inquiétantes.

Les rapports de l’Union Européenne, des journalistes indépendants locaux comme étrangers et autres donneurs d’alertes, quand ils croisent avec la réalité vécue par les populations locales qui permettent de relever le laxisme complice et approbateur des autorités du pays, viennent accroitre davantage le trouble dans notre entendement. A quelles fins donc sont positionnées ces véritables bandes armées, semblables à des milices bien organisées ? En quoi est-ce alors appeler à la haine de l’étranger que d’appeler la conscience des Ivoiriens sur cette réalité ? Est-ce donc un délit que d’alerter l’opinion sur les dangers qui guettent la survie de la Côte d’Ivoire que l’on veut absolument transformer en un no man’s land ? Est-ce être (...)

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