Annexe fiscale, budget de l'État, salaires payés par la France, renouvellement du parc auto,... : Les vérités du Premier ministre Gon Coulibaly


Le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly s'est prêté à l'exercice redouté des questions-réponses avec les journalistes pour sa première année de gestion
  • Source: linfodrome.com
  • Date: jeu. 15 fév. 2018
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Après un an d'exercice, le Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly était face à la presse, ce mercredi 14 février 2018, pour faire le point de sa gestion. Sans faux-fuyant, le successeur à la Primature de l'actuel Vice-président de la République, Daniel Kablan Duncan s'est soumis à cet exercice redouté de questions-réponses avec les journalistes. Ci-dessous, l'intégralité de ses propos liminaires à travers lesquels il dit ses vérités sur plusieurs sujets.

La rencontre de ce jour vise, d’une part, à informer et sensibiliser nos concitoyens sur l’ensemble des actions réalisées par le Gouvernement, puis de les rassurer quant aux perspectives à venir. Il s’agit pour nous, dans l’esprit d’ouverture et de transparence instauré par le Président de la République, SEM. Alassane OUATTARA, d’entretenir un dialogue constructif avec nos concitoyens.

Mon objectif aujourd’hui, est de présenter aux Ivoiriennes et aux Ivoiriens, à travers vous, hommes et femmes de média, sur la base de nos acquis en matière de paix et de sécurité. Les efforts déployés par le Gouvernement pour répondre à leurs préoccupations et à leurs attentes, en matière de progrès économique et de bien-être social.

A ce titre, j’ai noté également quelques critiques et inquiétudes de nos concitoyens sur lesquels je voudrais m’arrêter ; car en tant que Chef du Gouvernement, les préoccupations des Ivoiriens sont les miennes.

Je veux y accorder toute mon attention, en vue d’y apporter quelques éléments de réponses.

Ainsi, avant nos échanges, que je souhaite fructueux, mon propos liminaire s’articulera autour de trois (3) points essentiels : Tout d’abord, les sujets qui ont marqué l’actualité au cours de ces dernières semaines, notamment l’annexe fiscale, le budget de l’Etat, l’endettement, la gouvernance, le renouvellement du parc automobile et la limitation d’âge de véhicules d’occasion importés.

Ensuite, nous évoquerons, l’amélioration des conditions de vie des Ivoiriens, et, enfin, nous aborderons l’emploi, notamment des jeunes.

Mesdames et Messieurs, Chers amis des médias,

Tout d’abord, l’annexe fiscale : à ce propos, je voudrais souligner que le Gouvernement, depuis sa mise en place en janvier 2017, a toujours privilégié le dialogue face aux revendications de nos concitoyens.

Depuis ces dernières années, le Gouvernement s’efforce de faire du processus d’élaboration de l’annexe fiscale un cadre d’échanges avec le secteur privé afin d’améliorer sa compétitivité, tout en recherchant à travers des mesures spécifiques l’optimisation du rendement de notre système fiscal.

C’est dans ce cadre que le dialogue sur l’annexe fiscale 2018 a été de nouveau abordé. Ce dialogue a permis d’aboutir à des solutions consensuelles basées sur des compromis concédés par les deux parties.

Ainsi, la version amendée de l’annexe fiscale 2018 a été adoptée ce jour en Conseil des Ministres par ordonnance, et rentrera en vigueur dès demain, jeudi 15 février 2018.

Le Gouvernement et le secteur privé continueront à travailler et à chercher ensemble des mesures privilégiant l’élargissement de l’assiette fiscale et la lutte contre la contrebande sur certains produits, notamment le tabac et les boissons alcoolisées. Nous poursuivrons ensemble nos efforts.

Nous avons conscience de la nécessité de maintenir la sécurité, la paix sociale et le progrès économique, si durement acquis avec l’avènement, à la magistrature suprême en mai 2011, du Président de la République, SEM Alassane Ouattara. Je voudrais souligner que, tant que cela sera nécessaire, le Gouvernement persistera dans le dialogue avec TOUS nos concitoyens.

Je voudrais aborder à présent la question du budget de l’Etat. J’entends dire que le budget de l’Etat de Côte d’Ivoire, serait entièrement alimenté par des apports extérieurs, notamment un appui budgétaire de la France qui aurait servi au paiement des salaires des fonctionnaires. Cela est une énormité ! Et je vais vous expliquer ! Je voudrais que vous regardiez avec moi ce tableau projeté derrière moi. Vous pouvez observer que le niveau de nos ressources intérieures s’élève à 3227,8 milliards de FCFA en 2017, couvrant nos dépenses salariales, de fonctionnement et d’investissement sur ressources propres. Les ressources de l’Etat de Côte d’Ivoire, sont donc largement suffisantes pour permettre au Gouvernement de faire face, lui-même, au paiement des salaires de nos fonctionnaires dont le montant s’est élevé à 1512 milliards de FCFA en 2017.

Dans ce même registre, je voudrais revenir sur la question de l’endettement. Je voudrais rassurer tous les Ivoiriens sur la politique d’endettement de la Côte d’Ivoire. En effet, avec un taux d’endettement de 42,1% en 2016, contre 57,4% pour le Sénégal, 54,4% pour le Kenya et 72,4% pour le Ghana, notre pays demeure bien en deçà de la norme communautaire de l’UEMOA qui est de 70%. Les chiffres provisoires de notre endettement ressortent à 42,8% du PIB en 2017.

Aussi, le grand succès enregistré par les différents eurobonds et les taux relativement bas obtenus sur les marchés internationaux, constituent un signal positif pour la révision à la baisse, à moyen terme, des coûts sur notre marché financier sous-régional. Nos concitoyens peuvent donc être rassurés de la bonne gestion de notre endettement et de l’intérêt que porte le Gouvernement au bien être actuel et futur des Ivoiriens.

Un autre sujet d’actualité concerne la Gouvernance, et plus particulièrement la lutte contre la corruption. Dans ce domaine, d’importantes réformes ont été mises en œuvre et se renforcent constamment pour lutter efficacement contre la corruption. Je voudrais en citer quelques-unes :

La mise en place de la Cour des Comptes qui permet de renforcer le contrôle de la gestion des finances publiques ;

La mise en place de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance, avec le démarrage effectif des déclarations de patrimoines des hauts cadres et personnalités de l’Etat.

la mise en place du Tribunal de Commerce d’Abidjan et l’installation très prochaine de la Cour d’Appel de Commerce, ainsi que l’ouverture de nouveaux tribunaux de commerce à l’intérieur du pays.

Ces réformes ont permis à notre pays d’améliorer ses performances dans de nombreux classements internationaux de bonne gouvernance, notamment le Millenum Challenge Corporation (MCC), le Open Gouvernement Partnership (OGP), l’Evaluation des Politiques Publiques et des Institutions de la Banque mondiale (CPIA), les Indicateurs Moh Ibrahim, ainsi que ceux des agences de notation. Toutefois, le Gouvernement reste, conscient qu’il doit renforcer ses efforts dans ce domaine, en recherchant constamment l’efficacité des dispositifs institutionnels et opérationnels mis en place. A cet égard, j’ai effectué une visite le 12 janvier dernier à la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance, afin de marquer la ferme volonté du Gouvernement d’accompagner cette Institution dans la mise en œuvre d’une stratégie nationale de lutte contre la corruption, assortie d’un dispositif de sanctions.

Enfin, et dernier sujet sur lequel je voudrais revenir avant de passer au bilan et aux perspectives. Il concerne le renouvellement du parc automobile et la limitation d’âge des véhicules d’occasion importés. S’agissant du renouvellement du parc automobile, contrairement à ce qui se raconte, je veux insister sur le fait que le Gouvernement ne prévoit pas de remplacement obligatoire et systématique de tous les véhicules, notamment, ceux affectés au transport public de voyageurs et de marchandises, parmi lesquels les « gbaka ». Le Ministre des Transports a récemment porté un démenti aux allégations contraires, maintes fois reprises par la presse. Il s’agit plutôt d’une adhésion volontaire des acteurs du transport routier. A ce titre, les entreprises de transport routier désireuses d’adhérer à ce programme, sont invitées à prendre attache avec le Fonds de Développement du Transport Routier (FDTR).

Pour ce qui est de la limitation de l’âge des véhicules d’occasion importés, il faut comprendre qu’il s’agit d’une réforme qui a pour objectif d’assurer à nos concitoyens, le confort et la sécurité, au cours de leurs déplacements et de renforcer ainsi la lutte contre l’insécurité routière et les accidents. L’objectif est de permettre également de développer un marché intérieur pour le montage de véhicules, en vue de créer des emplois directs et indirects. Cette démarche a d’ailleurs été entreprise par de nombreux pays de la sous-région. Par ailleurs, le ministre des Transports prendra les dispositions nécessaires afin de faire appliquer les démarches d’accompagnement prévues dans ce sens.

 

Les acquis et les perspectives du régime

 

Mesdames et Messieurs, Chers amis des médias,

Nous allons à présent, aborder la deuxième partie de mon propos liminaire. Lors de son adresse à la Nation le 31 décembre 2017, le Président de la République, SEM Alassane Ouattara, a fait le bilan détaillé de la première année d’exercice des Institutions de la Troisième République. Il a aussi, donné les lignes directrices des perspectives pour 2018 et celles des années à venir.

Conformément à ces orientations, Le Gouvernement s’est donc engagé, à l’issue du Séminaire Gouvernemental du 15 janvier 2018 sur le Programme d’Actions Prioritaires 2018, à renforcer son action, en vue de l’amélioration des conditions de vie des populations, avec un accent particulier sur la question de l’emploi.

Concernant l’amélioration des conditions de vie des populations, d’importants projets ont été mis en œuvre et les efforts seront poursuivis au niveau des infrastructures et des services sociaux de base. Ce sera le cas dans le secteur de la santé, après la livraison de plusieurs centres hospitaliers à Abidjan et à l’intérieur du pays en 2017, notamment, le CHU d’Angré et le Premier Centre d’Oncologie et de Radiothérapie de Côte d’Ivoire. Le Gouvernement a adopté un large programme de renforcement des infrastructures hospitalières à l’échelle nationale, d’un coût de plus de 577 milliards de FCFA. Ce programme sera exécuté sur les trois années à venir et permettra de rehausser l’offre ainsi que la qualité des soins proposés à nos concitoyens. La première tranche de ce programme a été lancée le 16 janvier 2018 à Yopougon et concerne la réhabilitation, l’équipement et la maintenance de huit (8) hôpitaux généraux. Les nouvelles tranches de ce programme démarreront en juillet 2018.

Dans le secteur de la protection sociale, après la réhabilitation de neuf centres de santé universitaire et le lancement de la phase pilote de la Couverture Maladie Universelle (CMU) en avril 2017 pour une population cible de 150 000 étudiants, la finalisation des travaux de réhabilitation des principaux centres de santé nationaux permettra de garantir un niveau de service raisonnable aux patients pris en charge par la CMU dès la fin de la phase pilote. La CMU sera généralisée en 2019.

Un autre chantier important de la politique du Gouvernement pour l’amélioration des conditions de vie des populations est celui de l’accès à l’eau potable et à l’électricité. Dans le domaine de l’eau potable, Les travaux engagés à Abidjan, par le Gouvernement depuis 2012, ont permis de régler, à ce jour, la question de la disponibilité en eau potable. Mais, je sais que dans des quartiers comme Abobo, Yopougon, etc… il se pose encore des problèmes d’approvisionnement pour des raisons de vétusté du réseau de distribution et de nécessité d’extension dudit réseau. Des efforts additionnels sont donc en cours. Soyez assurés, ils permettront de résoudre la question du stockage, ainsi que celle de la distribution d’eau de qualité à tous les Abidjanais par la réhabilitation, la rénovation et l’extension du réseau de distribution. Un accent particulier sera mis sur l’approvisionnement des villes et des localités de l’intérieur pour couvrir, à terme, les besoins de toute la population.

En matière d’électricité, 4 639 localités sur les 8 513, au total, ont été couvertes en 2017. Notre engagement dans ce secteur sera de finaliser l’électrification de tous les villages de plus de 500 habitants, au plus tard en 2019, avec une masse critique pour 2018.

Dans le cadre de la lutte contre la cherté de la vie, le Gouvernement a engagé en 2017 le contrôle du prix de certains produits de grande consommation (riz, huile, tomates…) et procédé à la restructuration des organes de surveillance. Ce dispositif a porté ses fruits et a permis une baisse majeure de 9% des prix des denrées essentielles. Il sera renforcé, d’une part, par le marquage systématique des prix plafonds sur les emballages des produits de grande consommation et, d’autre part, par l’accompagnement de la mise en place effective du projet communautaire de création de la Bourse régionale des produits vivriers.

Dans le secteur du logement, je me félicite de la réalisation et de la livraison sur l’année 2017 de 4.702 logements du Programme Présidentiel de Logements Sociaux. Le Gouvernement accélèrera le rythme de réalisation et de livraison des logements afin d’offrir un toit à chaque Ivoirien. Plus de 10.000 logements devraient être livrés en 2018.

Dans le secteur des transports, Après l’acquisition de 500 bus pour renforcer le parc de la SOTRA et le lancement de l’exploitation des sociétés privés de transport lagunaire en 2017, le Gouvernement renforcera ce dispositif par la livraison prochaine de 500 nouveaux bus cette année. A moyen terme, la réalisation de la ligne 1 du Métro d’Abidjan, don (...)

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