Situation socio-politique: Le Nonce apostolique suggère à Ouattara ''un dialogue politique plus étendu pour sortir de la mentalité du clan''


Le Nonce apostolique de Côte d'Ivoire, Mgr Joseph Spiteri, pour une ouverture du pouvoir à l'opposition
  • Source: linfodrome.com
  • Date: vend. 05 janv. 2018
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A l'occasion de la cérémonie des présentations des voeux au chef de l'Etat, le Nonce apostolique de Côte d'Ivoire, Mgr Joseph Spiteri, parlant au nom du Corps diplomatique, a interpellé le président de la République, Alassane Ouattara, sur la nécessité d'ouvrir le dialogue à son opposition pour sortir sa gestion du pays de la logique du clan.

Excellence, Monsieur le Président de la République,

Le miracle de la vie, dans toutes les étapes de croissance de l’être humain, nous remplit toujours d’admiration et, malgré les épreuves, nous comble de joie. La vie, avec toutes ses surprises, nous étonne certaines fois de par sa beauté, d’autres fois par des défis ou des échecs. Cependant, pour ceux qui sont capables de comprendre les adversités dans leur complexité, tout contribue à atteindre une maturité plus profonde.

Excellence, avant de jeter un regard rétrospectif sur l’année écoulée et former nos vœux pour 2018 à la lumière du miracle de la vie, permettez-moi de Vous exprimer notre profonde gratitude pour nous accueillir en cette heureuse occasion au début de l’année. Cette cérémonie est bien plus qu’une obligation protocolaire. Grâce à Vous, c’est un moment de vive cordialité et de partage entre tous les amis de la Côte d’Ivoire.

La Côte d’Ivoire, sur l’échelle de l’existence d’une nation, est encore jeune de 57 ans. Elle est aussi une nation de jeunes : la majorité de sa population a entre 25 et 30 ans. Or quelles sont les caractéristiques de la jeunesse ? J’en évoquerais quatre. Leur quête de liberté, malgré une certaine immaturité dans sa gestion. Leur effort d’établir des liens d’amitié au-delà du cercle familial, parfois au détriment des rapports avec les parents. Leur capacité à vite apprendre et leur volonté à faire face aux challenges, ce qui peut les porter à présumer, dans leur exubérance, que l’histoire commence avec eux, en oubliant l’expérience des ancêtres. La quatrième, c’est leur générosité spontanée, même s’ils éprouvent des difficultés à maintenir les engagements qu’ils prennent.

Les revendications estudiantines, les grèves du monde de l’enseignement et de la fonction publique, de même que les diverses mutineries, qui se sont produites en 2017, devraient être interprétées, j’estime, comme l’expression d’un malaise, bien plus qu’un échec. Nous devrions voir au-delà de ces protestations, le désir d’une participation plus active dans la construction du Pays. Elles témoignent que chaque composante de la société voudrait se sentir impliquée dans l’élaboration et la gestion du bien commun.

N’est-ce pas l’objectif visé par le projet d’Ivoirien nouveau celui de compter sur des citoyens conscients de leurs responsabilités et engagés dans l’édification d’une société renouvelée ?

Monsieur le Président, Vous êtes convaincu que la Côte d’Ivoire, cette terre d’hospitalité, a besoin de personnes éveillées pour réaliser l’émergence. Pour ce faire, il faut, au premier chef, que les habitants se découvrent comme citoyens. Être citoyen ou citoyenne d’une Nation, en effet, transcende les limites de l’appartenance raciale, sans pour autant la détruire. La citoyenneté permet de partager les valeurs propres à chaque tradition ethnique pour bâtir ensemble un projet commun, fondé sur la fraternité, fruit de dons répartis, et garanti par l’égalité de droits et de devoirs de tous et de toutes.

C’est pourquoi nous voudrions Vous encourager à continuer la mise en œuvre de Votre vaste politique de réformes dans les domaines de la bonne gouvernance et de la sécurité, de l’éducation et de la paix sociale, fondée sur la réconciliation fruit du dialogue politique, qui garantissent au Pays un développement humain intégral et réellement durable.

Excellence, 2017 a fortement consolidé l’amitié de la Côte d’Ivoire avec ses partenaires internationaux, marquée par plusieurs rencontres fructueuses tenues ici. Nous pouvons citer, à titre d’exemple, la IIème Conférence Internationale sur l’Emergence de l’Afrique, en mars ; la 44ème Session du Conseil des Ministres des Affaires Etrangères des Pays Membres de l’Organisation de la Coopération Islamique, en juillet ; les VIIIème Jeux de la Francophonie, également en juillet ; le Vème Sommet Union Africaine-Union Européenne en novembre dernier, de même que la XIXème Conférence Internationale sur le SIDA et les IST en Afrique (ICASA), en décembre.

Votre engagement persévérant pour le devenir de la Sous-région, consacré par l’élection de la Côte d’Ivoire à la Présidence de la Commission de la CEDEAO, Votre forte collaboration avec Vos Pairs africains, ainsi que l’amabilité manifestée envers tous les autres Chefs d’Etat, n’ont nullement détourné ni Votre attention ni la volonté de Votre Gouvernement des efforts à entreprendre pour améliorer le service à Vos concitoyens. Nous en voulons pour preuve la rénovation et l’expansion des infrastructures – routes, ponts, écoles, logements sociaux – avec notamment le nouveau barrage hydroélectrique de Soubré, sans oublier les centres de santé offrant de meilleurs plateaux techniques, dont le tout premier Centre de Radiothérapie en Côte d’Ivoire.

Tous ces grands ouvrages attestent du soutien et des investissements internationaux que Vous avez réussi à obtenir, qui ont permis de maintenir le taux élevé de croissance économique, malgré la baisse drastique des prix des produits d’exportation, et favoriseront la réduction de la pauvreté et une répartition plus inclusive de la richesse.

Excellence, la fin effective, en juin 2017, du mandat de l’Opération des Nations Unies dans le Pays, a été certainement le prélude à l’élection de la Côte d’Ivoire en tant que Membre non-permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU, à partir de ce premier janvier 2018. Recevez encore nos vives félicitations !

Nous sommes convaincus que la Côte d’Ivoire, forte de sa propre expérience, accomplira dignement cette grave tâche de veiller sur le respect de toutes les résolutions de l’Organisation des Nations Unies, surtout là où persistent des conflits armés, des situations de violation des droits humains fondamentaux ou des relations tendues qui retardent la réco (...)

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