Côte d'Ivoire : l'économie se redresse mais la pauvreté s'accroît

  • Source: jeuneafrique.com
  • Date: vend. 20 janv. 2017
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Croissance forte, exportations en hausse, réformes constructives… Les résultats sont très positifs. Pourtant, beaucoup sont encore loin d'en percevoir tous les bénéfices.

Il ne faut pas chipoter : la Côte d'Ivoire présente un risque faible de non-remboursement pour les investisseurs qui lui confient leur argent. Les agences de notation internationales lui accordent en général la note B+ à long terme, estimant sa dette risquée mais pas trop, comme Fitch Ratings en juin.

L'agence ivoirienne Bloomfield Investment Corporation, elle, se montre plus optimiste avec un A– à long terme attribué en septembre, soulignant l'absence de risque sérieux et, pour la première fois, calculé en devise locale, le franc CFA. « Cela permet d'évaluer la vraie valeur du crédit du pays et sa capacité à rembourser », explique Stanislas Zézé, PDG fondateur de l'agence.

Cependant, ce n'est pas tant la note obtenue par la Côte d'Ivoire qui est intéressante – si ce n'est pour les investisseurs, bien sûr – que les analyses qui ont permis aux experts des agences de la déterminer. Et elles convergent de façon frappante.

Une macroéconomie au beau fixe

Des indicateurs macroéconomiques et macrosociaux mirobolants confirment le spectaculaire redressement ivoirien qui s'effectue selon la trajectoire voulue par le gouvernement dès le Plan national de développement 2012-2015. Fitch fait état d'une croissance de 9,2 % en moyenne par an au cours des quatre dernières années et Bloomfield de 9,3 % de 2012 à 2014, avec une accélération à 9,8 % attendue pour 2016 grâce à des investissements publics et privés importants et à une inflation très sage. La Côte d'Ivoire en paix profite à plein de sa position de pivot régional et dégage un excédent commercial grâce à des exportations agricoles de rente assez diversifiées (cacao, café, anacarde, hévéa…).

Devant ce regain, le pays n'est pas resté les deux pieds dans le même sabot. Des réformes des finances publiques et de l'administration fiscale, ainsi qu'une plus grande rigueur budgétaire, qui contient les déficits, ont permis d'amorcer une baisse crédible de la dette en pourcentage du PIB.

Le volontarisme gouvernemental s'est manifesté sur tous les fronts. Dans l'agriculture vivrière, où la production de riz a progressé de près de moitié par rapport à 2012. Dans les mines, où celle d'or a quasi doublé dans le même laps de temps. Dans l'éducation, où le taux de réussite au baccalauréat est passé de 20,59 % en 2011 à 39,66 % en 2015. Dans les routes, l'électricité, les transports publics, etc.

 

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Ménages et petites entreprises lésées

Tout en dressant ce palmarès, les analystes soulignent qu'il n'améliore pas beaucoup le quotidien des ménages et des entreprises. La microéconomie et le microsocial souffrent toujours. La pauvreté ne régresse guère, notamment en milieu urbain. L'espérance de vie de l'Ivoirien est de 52 ans, la plus basse de toute l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Et les suppressions de subvention ont fait bondir les prix de l'électricité, suscitant des manifestations dans tous les pays.

Pour les entreprises, la fiscalité ivoirienne demeure trop complexe et le crédit est toujours aussi rare, en particulier pour les PME. Du coup, l'emploi salarié, en progrès de 25 % en quatre ans, ne semble pas dépasser la proportion de 10 % du marché du travail total, l'immense majorité des postes demeurant dan (...)

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