Fresco / Grande pénurie d'eau potable : Les populations en danger, gros risques de choléra - La mairie impuissante, la Sodeci craint et fait de graves accusations


(Photo d'archives pour illustrer l'article)
  • Source: Soir Info
  • Date: vend. 12 juin 2015
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Le problème d'eau potable est une préoccupation dans certaines communes d'Abidjan et dans des localités de l'intérieur du pays. Notamment Grand-Lahou, Oumé… Mais la pénurie d'eau qui sévit à Fresco et ses contrées, est une véritable exception.

C'est que depuis près d'un an, les populations souffrent du manque de cette denrée appelée à juste raison « source de vie. ». Du plus petit élève à l'autorité supérieure, en passant par les opérateurs économiques et autres tenancières de maquis, personne n'est épargné par cette catastrophe. En tout cas, c'est le sujet le plus évoqué à Fresco. Le vendredi 5 juin 2015, nous nous sommes rendu dans cette localité pour toucher du doigt, cette réalité, et comprendre les principales raisons de cette pénurie qui défraie la chronique dans la ville. Parti à 10h de Dabou, c'est à 13 h 30 que nous rallions Fresco. Un long temps mis à cause du très mauvais état de la route entre Grand-Lahou et Fresco. D'ailleurs, nous sommes victime d'une crevaison qui a failli nous coûter une sortie de route à hauteur de Doukodou. Une fois dans la ville, nous nous dirigeons vers un chef de service administratif. En mission à Abidjan, c'est son épouse qui nous accueille. Lorsque nous évoquons le sujet, elle ne parvient pas à se retenir : « Le seul gros problème, c'est la pénurie d'eau, et aucun quartier n'est épargné. Chaque soir, nous sommes obligés d'attendre jusqu'à une heure du matin pour recueillir un ou deux bidons, juste pour faire la cuisine. Nous passons souvent quatre jours, voire une semaine, sans avoir la moindre goûte d'eau. Mes enfants vont souvent au puits pour recueillir de l'eau destinée à leur toilette ». Nous décidons alors d'aller visiter l'un de ces puits au quartier « Ministre » situé en bordure de la lagune. Et nous y surprenons effectivement une jeune élève de 3ème en train de puiser de l'eau de ce puits profond d'environ 15 mètres. « C'est ici que nous venons puiser de l'eau tous les matins à 5 h 30 pour nous laver, avant de nous rendre au lycée. C'est pénible parce nous traversons quasiment toute la ville avec les cuvettes sur la tête», indique la jeune Tanoh Anna, en 3ème au lycée moderne.

 

Gros risques de choléra...

Ses propos sont appuyés par Mme Comoé, commerçante : « Si rien n'est fait, nous allons mourir de choléra faute d'eau potable. A cause de l'affluence sur ce seul puits du quartier, l'eau est souvent sale. Mais nous sommes obligés de la boire. ». A 14 h 15, nous nous rendons dans un maquis de la place. La restauratrice que nous rencontrons, Mme Tatto, est presque sans voix. « Pour ce problème, j'achète souvent de l'eau en sachet ( eau minéralisée) pour faire la cuisine, puis nous recueillons de l'eau de puits pour la vaisselle. Ce sont souvent les coupures intempestives de l'électricité qui nous coûtent ces graves pénuries. Si ce problème n'est pas résolu, je serai obligée de fermer», soutient-elle. Lorsque nous parvenons à la boulangerie Sémao non loin de la pharmacie principale, le décor est presque le même. Les boulangers attendent de l'eau pour fabriquer le pain. « Nous utilisons la glace et de l'eau pour préparer le pain. Mais nous sommes parfois obligés de priver la population de cette denrée alimentaire de grande consommation, faute d'eau potable. Les 1er et 2 juin 2015, les populations ont été privées de pain et cela a failli créer un soulèvement général dans la ville», précise Mlle Bion, gérante de cette boulangerie. Il est 15 h, quand nous accédons aux locaux de l'hôpital général. Malgré les bâtiments qui ont subi une très belle toilette, certainement en raison de la récente visite du chef de l'État, la situation n'est pas reluisante. Dr. Kouassi Guy Serge le directeur de cet établissement sanitaire, nous le signifie dès notre entrée dans son bureau. «  Vous avez dû le constater, le problème d'eau potable ici, est crucial en matière de santé, mais surtout à la maternité. Les femmes accouchent dans des conditions d'hygiène indescriptibles à cause du manque d'eau. Il y a un manque d'hygiène... », déplore-t-il. M. Ouédraogo de l'hôtel Zénith, situé non loin du marché, est au bord des larmes. « Les clients ne viennent plus parce que nous n'avons pas d'eau potable pour les satisfaire. Nous n'arrivons pas à bien nettoyer les toilettes, encore moins, à laver convenablement les draps. Souvent nous transportons de l'eau jusqu'à l'étage pour les rares clients. Mon chiffre d'affaires a considérablement baissé. », déplore cet hôtelier. Mais on nous signifie surtout que le quartier le plus touché, est la « Cité des gendarmes » où les hommes en tenue passent parfois des semaines sans la moindre goûte d'eau. Le seul puits du quartier Dioulabougou qui jouxte la cité, est souvent pris d'assaut par les épouses de gendarmes.

 

Bagarre autour des puits...

C'est souvent aux forceps, que certaines parviennent à obtenir deux ou trois bassines d'eau. «  C'est comme ça dans ce quartier. On se bagarre parfois pour de l'eau de puits. Quelle honte ! », décrie une habitante qui préfère garder l'anonymat. C'est à 16 h, que nous rencontrons l'ex-ministre Damalan César Henri à sa résidence. C'est lui qui nous donne quelques précisions sur ce drame que vit la localité. « La situation est grave parce qu'on nous a signifié que les forages qui alimentent la ville sont en panne. De sort (...)

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