Un mois après l'attentat terroriste de Grand-Bassam : Ce qui n'a jamais été dit sur la mort des 3 éléments des forces spéciales
La France et l'ONU interpellées


(Photo d'archives)
  • Source: L'Inter
  • Date: lun. 18 avr. 2016
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Dans un document qu'il nous a fait parvenir, un universitaire, expert en relations internationales, décrypte la réaction des forces spéciales ivoiriennes face aux terroristes le 13 mars dernier. Il dévoile les failles du système et interpelle les autorités ivoiriennes.

Comment améliorer les capacités opérationnelles des forces ivoiriennes ?

Un mois après l'attaque terroriste de Grand-Bassam qui a coûté la vie à de nombreux compatriotes et ressortissants étrangers, les Ivoiriens ont, dans leur grande majorité, salué et reconnu la promptitude et la qualité de la réaction des forces spéciales ivoiriennes. Malgré ce satisfecit, une réflexion de taille et des suggestions méritent d'être faites afin d'améliorer, pour les éventuelles interventions, la riposte de ces forces. 

Relativement à la réflexion, elle porte sur le nombre des éléments des forces spéciales morts au combat. Trois morts et trois autres blessés, nous a-t-on dit. Tout en nous inclinant sur les dépouilles des soldats tués et en souhaitant un prompt rétablissement aux blessés, il convient d'admettre que le nombre des éléments des forces spéciales morts au combat paraît trop élevé, si l'on compare ce chiffre aux trois terroristes tués. En d'autres termes, il est anormal que quelques terroristes engagés dans un combat contre des forces dites spéciales parviennent à en tuer trois et blesser trois autres, même si, en définitive, ces forces spéciales sont parvenues à éliminer les terroristes. Doit-on rappeler que l'expression ‘'force spéciale'' renvoie à une unité d'élite de combat bien formée, surentraînée, dotée de qualités et d'aptitudes bien supérieures aux autres forces pour le type de combat pour lequel elle a été conçue. C'est donc une force d'intervention de type action (libération des otages, action anti-terroriste, mission de sabotage, etc.). C'est le cas du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (Gign) et du Renseignement, action, intervention, dissuasion (Raid), en France. Outre la formation et les entraînements, la force spéciale doit être dotée de moyens spécifiques (armement adapté, gilets pare-balles, oreillettes, talkies-walkies, lunettes infrarouges ou de vision nocturne, moyens de mobilité rapide…) lui permettant d'opérer en toute indépendance, en toute circonstance et dans des conditions optimales.

 

Le manque d'équipements a été fatal 

L'objectif de l'acquisition de ces équipements est de renforcer la qualité opérationnelle de ladite force afin de réduire au maximum les pertes dans les rangs de la force spéciale. Dans le cas de Grand-Bassam, il est à supposer que la force spéciale en question était une unité anti-terroriste. Vu sous cet angle, le nombre de trois soldats tués et trois autres blessés paraît effectivement assez élevé. A la question d'un journaliste qui s'inquiétait à juste titre de ce chiffre élevé des éléments de la force spéciale morts au combat, le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur, lors de la conférence de presse co-animée avec Monsieur le procureur de la République, le 23 mars 2016, n'a pas répondu avec précision. Il a néanmoins laissé entendre que c'est au cours des premiers échanges de coups de feu avec les terroristes, au moment où la force spéciale achevait son déploiement sur le site, et en l'absence de toute information vraisemblablement précise de la position exacte des terroristes, que les trois éléments ont été mortellement atteints. Cet événement malheureux interpelle de la nécessité de disposer des informations fiables et précises sur l'ennemi avant d'engager toute opération de type action. La force spéciale a-t-elle été bien renseignée sur la position exacte qu'occupaient les terroristes avant de riposter ? Disposait- elle des équipements nécessaires pour ce type d'intervention ? Un appel est donc lancé aux autorités gouvernementales, militaires et policières en vue de l'équipement effectif des différentes forces de défense et de sécurité, surtout lorsqu'elles doivent affronter des périls du genre : libération des otages, action anti-terroriste, etc. Il est important de le souligner car on a pris la fâcheuse habitude de souvent abuser de tout en Afrique. Les institutions et les structures sont généralement créées sans toutefois veiller à leur équipement ni à leur fonctionnement effectif. En Afrique, il suffit de créer ou même d'affirmer pour que cela soit. 

 

Exemple de la Firpac sous Houphouët-Boigny...

Doit-on rappeler le triste cas de l'ex-unité, la Force d'intervention rapide des para-commandos (Firpac), sous le régime agonisant du président Félix Houphouët-Boigny ? Cette force, abusivement qualifiée de rapide ne disposait en réalité d'aucun moyen de locomotion rapide (avion ou hélicoptère de transport de troupes) pouvant lui permettre d'intervenir promptement et efficacement en cas d'agression contre le territoire national. Ainsi, en 1992, lors de la guerre civile du Liberia, des villages (...)

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