La FAO veut inciter les Ivoiriens à s'investir dans le secteur de la pêche

  • Source: APA
  • Date: jeu. 21 juil. 2022
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L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a décidé de renforcer les capacités de 175 acteurs de la pêche artisanale, en Côte d'Ivoire, en vue d'inciter les Ivoiriens à investir la filière, dominée par des communautés étrangères.

Présentant une analyse de la chaîne de valeur du thon au débarcadère de Locodjro (Ouest Abidjan) et de la sardinelle au site de pêche de Sassandra (Sud-ouest ivoirien), le consultant national de la chaîne de valeur des produits de la pèche pour la FAO, Dr Labla Diomandé, a relevé que la pêche en mer est dominée par les Ghanéens et celle sur le littoral, par les Maliens.

Par conséquent, le prix du poisson est fixé par ces communautés étrangères et parfois des volumes importants transférés hors du pays. Selon Dr Labla, à Sassandra, la reine mère de la communauté ghanéenne qui finance les activités de pêche de ses sujets, fixe le prix du poisson.

Les Ghanéens, expliquera-t-il, ont trois organisations, celle regroupant la communauté, celle des pêcheurs et l'association des femmes. L'association des pêcheurs et des femmes, dont la présidente est la reine mère, "fixe le prix de référence (du poisson) en début de saison".

Le sous-directeur de la surveillance des pêches à la direction des pêches de Côte d'Ivoire, Serges Donald Deleuse, a fait observer que les Ivoiriens ne sont pas engagés à faire de la pêche artisanale une activité économique. Les pêcheurs pratiquent la pêche comme moyen de subsistance.

Ce projet, exécuté par la FAO, s'inscrit dans le cadre de l'Initiative pêche côtière Afrique de l'Ouest (IPC-AO) et concerne trois pays, notamment la Côte d'Ivoire, le Sénégal et le Cap Vert. Il vise à promouvoir le secteur et à équiper les acteurs à être de véritables entrepreneurs, capables de transformer ce secteur à fort potentiel économique.

Le Comité national technique (CNT), organe de surveillance du projet IPC-AO, présidé par le ministère ivoirien des Ressources animales et halieutiques, a organisé ce mercredi 20 juillet 2022, à Abidjan, sa deuxième réunion de l'année 2022 afin de partager avec les partenaires et les parties prenantes les activités menées durant le semestre écoulé.

Cela, en vue de faire la revue à mi-parcours du plan de travail annuel 2022 du Comité technique national et de recueillir les recommandations. A cette occasion, il a été présenté deux études, la première portant sur une analyse de la chaîne de valeur sensible au genre avec les technologies réduisant la pénibilité du travail et l'impact sur l'utilisation du bois de mangrove.

La deuxième étude, elle, visait à examiner les opportunités de marchés et développer des stratégies de marché pour les produits sélectionnés en étroite collaboration avec les transformatrices artisanales et les vendeuses.

"Dans le cadre de ce projet Initiative pêche côtière Afrique de l'Ouest (IPC-AO), piloté par la FAO, il y a eu un mémorandum d'accord qui a été signé entre Inades-Formation et la FAO pour appuyer les acteurs en matière de renforcement des capacités", a déclaré M. Alphonse Kouamé, chargé de projet système alimentaire à l'Institut africain de développement économique et social (Inades-Formation), entité en charge de la formation.

Selon M. Kouamé, qui représentait à cette réunion l'Inades-Formation, une association internationale présente dans dix pays en Afrique et basée en Côte d'Ivoire, cette formation impliquant tous les acteurs de la chaîne de valeur de la pêche artisanale cible les pêcheurs, les mareyeuses, les transformatrices, les bouchers, sur le site de Locodjro et de Sassandra.

"Il y aura au total 175 acteurs à former" au niveau du débarcadère de Locodjro et sur le site de pêche de Sassandra, une cité balnéaire située à 280 Km d'Abidjan, a-t-il dit. La formation devrait par ailleurs permettre aux coopératives de pouvoir être outillées pour soumissionner à des appels d'offres.

Suite à l'identification des besoins en formation, l'Inades-Formation, a arrêté comme modules "les questions d'autonomisation, la professionnalisation, l'entrepreneuriat (vu que c'est un secteur à haut potentiel économique), la collaboration avec les bailleurs de fonds, la gestion comptable simplifiée et l'élaboration d'un plan d'Affaires", a-t-il mentionné.

La formation portera également sur "l'élaboration du plan d'investissement, les questions d'approche eco-systémique de la pêche de sorte à assurer une gestion durable des ressources naturelles, les questions spécifiques au genre, le leadership féminin, l'accès au crédit et la question de coopérative comme entité économique", a-t-il poursuivi.

L'administrateur national du projet IPC-AO, M. Aboubakar Koné, a indiqué que la FAO vise à travers ce renforcement des capacités, la sécurité alimentaire et l'autonomisation des femmes estimées à 99% dans la post-capture, soulignant que la formation va se tenir "fin septembre début octobre 2022", période correspondant à la petite saison de pêche (saison morte). 

La FAO accompagne l'Etat ivoirien dans la mise en œuvre de sa politique de développement du secteur de la pêche. L'Initiative pêche côtière (IPC-AO) est un projet financé par le Fonds mondial pour l'environnement pour un montant de 6 milliards de dollars au profit de la Côte d'Ivoire, du Sénégal et du Cap Vert.

 

AP/ls/APA




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