Politique

Présence militaire étrangère sur le continent : Quand l'Afrique confie sa sécurité à l'Occident

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Longtemps restée à l'abri de la menace jihadiste et des autres formes de criminalité transcontinentale, l'Afrique est depuis quelque temps la terre de prédilection des malfaiteurs de tout acabit. Mal préparé à affronter un tel fléau, le continent souffre d'un vide sécuritaire, que les forces militaires des puissances occidentales sont appelées à combler.

Les crises qui ont pendant de longues années ensanglanté l'Afrique post-indépendance, ont été internes. La plupart sont des conflits à relent politique ou ethnique. Ce fut le cas des guerres du Biaffra, d'Angola, de la Somalie, du Soudan, du Rwanda pour ne citer que ceux-là. Mais depuis la fin des années 1990, une nouvelle forme de violence est apparue sur le continent. Il s'agit du jihadisme, la guerre menée par les islamistes dans le but d'imposer leur doctrine : la charia ou loi islamique. Les meneurs de cette guerre ont pour nom, les Shebab somaliens, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat, (GSPC) rebaptisé depuis sa déroute en Algérie, Al Qaida au Maghreb islamique, (AQMI) et le dernier né, Boko Haram, l'obscure secte nigériane dont le nom signifie ''l'éducation occidentale est un péché''. Les différentes armées du continent qui ne se préoccupaient jusque-là que de la sécurité des chefs d'Etat et des territoires qu'il gouvernaient, ont affiché une totale impuissance à affronter ce crime transfrontalier. L'exemple le plus récent est celui du Mali. En 2012 ce qui avait été perçu dès les premiers coups de canon, comme une lutte pour l'autodétermination des Touaregs du nord, s'est vite révélé comme une véritable guerre menée par une multitude de mouvements islamistes pour faire de ce vaste territoire qu'est l'Azawad, un autre sanctuaire de la nébuleuse Al-Qaïda.

L'Occident appelé à la rescousse pour combler le vide sécuritaire

L'armée malienne qui venait de bouter du pouvoir le président Amadou Toumani Touré pour son incapacité à lui donner les moyens nécessaires pour repousser les agresseurs, a vite jeté l'éponge devant l'infernale avancée des jihadistes. Il a fallu la prompte intervention de la France le 11 janvier 2013, pour stopper les combattants enturbannés. Au plus fort de l'opération Serval, nom de code de l'intervention française au Mali, Paris avait déployé 5000 militaires sur le sol malien. Aujourd'hui, ils ne sont plus qu'un millier dans ce pays qui reste cependant sous étroite surveillance militaire française. Lors de sa récente tournée ouest-africaine qu'il a bouclée le lundi 12 mai par la Mauritanie, après les étapes ivoirienne et sénégalaise, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a annoncé une réorganisation du dispositif français. Quelque 3000 soldats resteront en permanence dans la zone sahélo-saharienne, c'est-à-dire dans la vaste région qui regroupe le Nord-Mali, le Nord-Niger et le Tchad. La force française ''Licorne'' d'Abidjan Port-Bouet, en Côte d'Ivoire, désormais baptisée Forces Françaises en Côte d'Ivoire (FFCI), sera la base opérationnelle de ce nouveau dispositif militaire français de la sous-région. Depuis décembre 2013, la France a entamé une autre opération militaire sur le continent, notamment en République Centrafricaine. L'opération ''Sangaris'', à la différence de Serval au Mali, n'est pas destinée à combattre une armée extérieure, mais plutôt à éviter qu'une crise interne entre ''Anti-balaka'' (milices chrétiens-animistes) et ''Séléka'' (rebelles majoritairement musulmans), ne dégénère en guerre ethnico- religieuse, ou pire en un autre génocide, après celui du Rwanda. Hollande qui avait affirmé en 2012 à sa prise du pouvoir que la France ne sera plus le gendarme de l'Afrique, se retrouve plutôt aujourd'hui dans le rôle de soldat du feu. En effet, c'est en véritable pompier que Paris est intervenu au Mali et en Centrafrique. Le président français est même devenu le chantre de la sécurité du continent, en organisant l'année dernière un sommet à l'Elysée sur la sécurité en Afrique qui a réuni un grand nombre de dirigeants du continent. François Hollande a convoqué un autre sommet qui va réunir dans la capitale française le samedi 17 mai prochain, le président nigérian et ses voisins du Bénin, du Cameroun, du Tchad et du Niger. La lutte contre Boko Haram, le groupe terroriste qui ensanglante le Nigeria et étend ses activités au-delà des frontières de ce pays, sera au centre de cette rencontre à laquelle la France a associé l (...)

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