Diplômes post BTS : La grande arnaque ?

  • Source: JDA
  • Date: vend. 09 nov. 2018
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Après le baccalauréat, à peine 20% des admis sont orientés dans un établissement supérieur public. Les autres se retrouvent à passer, au bout de deux ans, le brevet de technicien supérieur (BTS). Un diplôme qui a baissé de valeur sur le marché de l’emploi en Côte d’Ivoire. Alors, pour se donner plus de coffre, ils sont nombreux les étudiants qui décident de suivre des formations diplomantes post BTS. Et c’est là que les problèmes commencent.

Martin Kouakou est sur le carreau depuis maintenant 5 ans. En 2013, après avoir décroché un Brevet de technicien supérieur (BTS), le jeune homme a voulu se donner plus de chances sur le marché de l’emploi, en suivant un cycle d’ingénieur en communication. Mais c’était s’aventurer dans un monde plein d’embûches. « J’ai réussi à obtenir une prise en charge dans un établissement privé situé à Cocody, 7ème tranche. Avec cette somme, la formation me revenait à 900 000 francs CFA (ndlr, pour un coût total avoisinant les 3 millions de francs CFA) », explique-t-il.  Mais le bout de carton qu’on lui remet après trois ans en guise de diplôme ne vaut rien. « C’est le jour où j’ai voulu enseigner dans un établissement de type BTS que j’ai découvert l’arnaque. Parce qu’on m’a refoulé sous le prétexte que mon diplôme n’était homologué par le Conseil africain et malgache de l’enseignement supérieur (CAMES) », explique Martin. Surpris, il retourne voir les responsables de l’établissement post BTS, qui font semblant de ne pas le comprendre. Martin Kouakou essaye alors d’obtenir une équivalence à l’université Félix Houphouët-Boigny, mais se fait éconduire sur le champ. À la section scolarité on lui rétorque sèchement que son diplôme, c’est du toc.  Il lui est impossible de décrocher la moindre équivalence dans un établissement supérieur public digne de ce nom. « Je ne peux rien faire avec ce diplôme, sauf tenter de trouver un emploi dans le privé. Aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir été arnaqué », explique-t-il. Il n’est pas le seul dans cette situation inconfortable. « Il y a une liste d’établissements reconnus qui est affichée sur le site du CAMES. Mais beaucoup d’étudiants se font quand même avoir. Quand ils essayent de faire un Master, beaucoup d’établissements leur font croire qu’ils ont des diplômes homologués par le CAMES et qu’ils pourront aller ensuite partout où ils le veulent avec ces diplômes. Problème : à la fin ils ne peuvent pas s’en servir », déplore Serge Nempé, Secrétaire général du Collectif des étudiants des grandes écoles et élèves de l’enseignement professionnel et technique de Côte d’Ivoire (CEGEPT-CI). Ali Bamba a connu cela. Lui qui détient un Master en comptabilité se targuait d’avoir fait des études plutôt réussies.

Assainir le secteur « C’est en 2014 que j’ai eu mon diplôme dans un établissement supérieur privé situé à Adjamé. Lorsque je m’inscrivais, l’école avait affiché une liste de diplômes qu’elle proposait et qui étaient homologués par le CAMES. Le Master en comptabilité en faisait partie. Mais j’ai compris après que le diplôme était homologué auparavant par le CAMES mais que cette homologation n’avait pas été renouvelée. Mais l’école nous l’a caché, par mauvaise foi », déplore l’étudiant, qui dit avoir payé environ 3 millions de francs CFA pour sa formation. Il travaille aujourd’hui dans une boite d’informatique en attendant d’avoir un débouché plus conforme à sa qualification. Les fausses licences sont très souvent concernées. « Il y a longtemps que nous dénonçons ce système. Le ministère de l’Enseignement supérieur doit mettre de l’ordre dans le supérieur privé pour ce qui concerne les diplômes post BTS. Mais nous avons l’impression que nos autorités se désintéressent de ce secteur. Il y a donc une sorte d’anarchie qui s’installe », déplore Claude Kadio, le Président de l’Organisation des parents d’élèves et d’étudiants de Côte d’Ivoire (OPEECI). Se désintéresser ? Pas tant que ça. Au contraire, les autorités font attention &agr (...)

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