Crise post-électorale : De graves révélations sur les tueries des 7 femmes d'Abobo - Les prévenus déclarés non coupable


(Photo d'archives)
  • Source: L'Inter
  • Date: mer. 18 mars 2015
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Le procès des militaires poursuivis pour «meurtre des femmes d'Abobo en mars 2011, obus sur le marché d'Abobo, violation de consignes», s'est ouvert le lundi 16 mars 2015, au Tribunal militaire d'Abidjan sis au 17ème étage de la Tour A d'Abidjan Plateau.

Ces meurtres, qui font partie des événements dont Laurent Gbagbo va devoir répondre devant la Cour pénale internationale (Cpi), sont déjà au cœur d'une procédure ouverte en Côte d'Ivoire

Ce procès est marqué par la comparution de deux soldats sous l'ancien régime de Laurent Gbagbo. Il s'agit du commandant Gnahoua Dablet, chef des opérations au camp commando d'Abobo au moment des faits et du Mdl/Chef Brice Kamanan du bataillon d'artillerie sol-sol.

La salle était pleine de monde pour assister à l'audition de ces deux prévenus. Une dizaine d'avocats, des journalistes et une vingtaine de témoins étaient présents à cette audience débutée peu après 9 heures. Près de 10 heures de débats qui ont vu, à la barre, le commandant Gnahoua et son subordonné, Brice Kamanan, se contredire l'un et l'autre. Pendant que le commandant affirme qu'aucun obus n'a été tiré entre le 12 et le 19 mars 2011 à Abobo, son élément soutient le contraire. Il affirme même que c'est sous les ordres du Cdt Gnahoua qu'il a tiré deux obus le 12 mars 2011, peu après 14 heures, dans la forêt du banco, derrière la société Filtisac, et non sur le marché d'Abobo. L'objectif étant de «battre l'ennemi afin que leurs camarades postés devant l'université d'Abobo-Adjamé puissent avancer».

Intervenant en première position, commandant Gnahoua, né le 24 avril 1962 à Sassandra, sanglé dans sa tenue militaire, est revenu sur les objectifs de sa mission. «Dans le cadre de la sécurisation d'Abidjan pendant la crise, l'état-major a pris la décision de subdiviser la ville d'Abidjan en plusieurs zones dont celle d'Abobo. C'est ainsi que du 12 au 19 mars 2011, je suis arrivé au camp commando d'Abobo ou était logé le PC (poste de commandement, Ndlr). De 16h à 17h, j'ai réuni tous les détachements pour transmettre les consignes. Tout s'est bien déroulé jusqu'au 19 mars quand nous sommes sortis d'Abobo. C'est longtemps après que je suis convoqué par le tribunal militaire, et j'apprends que je suis responsable de plusieurs morts», a révélé à la barre le commandant. «Le PC devait gérer et coordonner les nombreux détachements que j'avais sous mes ordres. (…) Mon autorité était sur le plan disciplinaire», a-t-il poursuivi.

«Qu'est-ce qui a justifié la mise en batterie d'un mortier?», questionne la présidente du tribunal. «Rien ne justifiait la mise en batterie d'un mortier, qui signifie mettre un mortier en position de tir», répond le commandant, avant de poursuivre: «Arrivé à Abobo, et vu l'environnement qui se présentait, nous nous sommes contentés de défendre le camp d'Abobo. Ainsi, en défendant le camp d'Abobo, nous n'avions plus besoin des mortier. Les armes individuelles suffisaient pour défendre le camp d'Abobo». «Il semblerait qu'un obus serait parti du camp commando à 11 heures 30», demande encore la présidente. «Cet obus est parti avant ma prise de fonction. Jusqu'à ce matin (Ndlr: hier lundi 16 mars 2015), je ne me reconnais pas dans cet ordre. Aucune circonstance ne se prêtait &a (...)

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