Un bébé d'environ 2 mois (une fillette) enlevé, en 2023, lors d'une cérémonie de mariage à Abobo, a été retrouvé, le mardi 12 mai 2026, à Issia par sa mère biologique B. Rokia. La présumée voleuse, D. Waraba (20 ans), condamnée à 3 ans de prison pour enlèvement d'enfants, avait confié la fillette volée à sa maman S. Nafou, avant de rejoindre sa cellule à la prison de Daloa.
Un dénouement aussi émouvant que complexe a été enregistré dans une affaire d’enlèvement d’enfant qui aura duré près de trois ans. Une fillette âgée aujourd’hui de trois ans, enlevée en 2023 lors d’une cérémonie de mariage à Abobo, a été retrouvée le mardi 12 mai 2026 à Issia par sa mère biologique, B. Rokia, commerçante ivoirienne âgée de 33 ans. Cette découverte survient au terme d’une enquête policière minutieuse menée par le commissariat de circonscription d’Issia, qui a permis de mettre au jour un vaste réseau présumé d’enlèvements et de recel de mineurs.
Le début de l’affaire
Tout commence en 2023 dans la commune d’Abobo, lors d’une cérémonie de mariage organisée dans la cour familiale de dame B. Rokia. Dans l’ambiance festive, la jeune mère perd soudainement la trace de son bébé âgé d’environ deux mois et deux semaines. Malgré les recherches intensives menées dans le voisinage, les hôpitaux et les commissariats de la commune, aucune piste sérieuse ne permet de retrouver le nourrisson. L’affaire est classée sans suite apparente, et la famille vit pendant trois ans dans l’angoisse et l’espoir de revoir l’enfant disparu.

C’est finalement en mai 2026 que l’affaire connaît un tournant décisif. Les éléments du commissariat d’Issia sont saisis d’une plainte déposée par D. Lassiné, mécanicien de 50 ans domicilié au quartier Louis Pasteur. Celui-ci signale la disparition inquiétante de deux enfants, dont sa propre fille âgée de six ans et un nourrisson de deux mois appartenant à un membre de sa famille. L’enquête ouverte rapidement conduit les forces de l’ordre à s’intéresser à une jeune femme identifiée comme D. Waraba, âgée de 20 ans.
L’affaire prend une nouvelle dimension lorsqu’une autre plainte est enregistrée quelques jours plus tard
Interpellée le jeudi 7 mai 2026, la mise en cause est soupçonnée d’avoir participé à l’enlèvement des deux enfants. Elle est ensuite présentée aux enquêteurs qui approfondissent les investigations. Mais l’affaire prend une nouvelle dimension lorsqu’une autre plainte est enregistrée quelques jours plus tard.
Le mardi 12 mai 2026, dame B. Rokia se rend à son tour au commissariat d’Issia. Informée de l’arrestation d’une jeune femme impliquée dans une affaire d’enlèvement d’enfants, elle soupçonne qu’il pourrait s’agir de son propre bébé disparu en 2023. Animée par un mélange d’espoir et d’appréhension, elle décide de se rendre à Issia pour vérifier elle-même les informations.
Un détail attire immédiatement son attention
Arrivée dans la ville le 11 mai, elle entame des recherches minutieuses. Le lendemain, guidée par des renseignements recueillis auprès des habitants, elle parvient jusqu’au domicile de la mère de la présumée mise en cause, S. Nafou. Sur place, elle aperçoit une fillette jouant dans la cour. Un détail attire immédiatement son attention : les traits du visage de l’enfant présentent une ressemblance frappante avec ceux de ses autres enfants biologiques.
Convaincue qu’il pourrait s’agir de sa fille disparue, B. Rokia interpelle la maîtresse des lieux, affirmant que la fillette est son enfant enlevé en 2023 à Abobo. Mais dame S. Nafou rejette catégoriquement cette accusation, affirmant être la mère biologique de l’enfant. Face à ce désaccord, la plaignante se rend immédiatement au commissariat pour signaler la situation.
Les enquêteurs restent sceptiques et décident de procéder à une enquête de voisinage
La police convoque alors S. Nafou pour vérification. Lors de son audition, celle-ci maintient sa version des faits, déclarant avoir accouché de l’enfant à domicile avant de se rendre à l’hôpital général d’Issia pour des soins, où un carnet de naissance lui aurait été délivré. Toutefois, les enquêteurs restent sceptiques et décident de procéder à une enquête de voisinage.
Pendant trois jours, les agents de police interrogent les habitants du quartier. Les témoignages recueillis contredisent la version de S. Nafou. Plusieurs voisins affirment qu’elle n’a jamais accouché de l’enfant et que la fillette aurait été introduite dans son foyer par sa fille, D. Waraba, déjà connue des services de police pour enlèvement de mineurs.

