Abidjan, le 20 avril 2026- Le ministre des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a appelé, le 16 avril 2026, au siège de la Banque mondiale à Washington, aux Etats-Unis, à une traçabilité renforcée de la production aurifère mondiale pour éviter que l'or issu de circuits illégaux n'intègre les chaînes formelles.
Il était invité à une rencontre organisée en marge des réunions de printemps des institutions de Bretton Woods, pour exposer sur l’approche structurée de la Côte d’Ivoire face à l’expansion rapide de l’Exploitation minière artisanale et à petite Echelle (EMAPE). Cette rencontre a réuni des représentants du G7, des pays producteurs et acheteurs d’or, ainsi que des acteurs privés et du World Gold Council.
« Les efforts initiés à l’échelle des États, voire régionale, ne seront pas suffisants pour contenir un phénomène aussi tentaculaire si des réponses fortes et coordonnées ne sont pas engagées au niveau mondial. Il faut éviter que l’or illégal continue d’alimenter la vulnérabilité de nos communautés », a insisté le ministre.
En plus d’appeler à s’inspirer du Processus de Kimberley pour structurer un mécanisme global de certification, il a mis en avant un changement de paradigme qui consiste à transformer l’orpaillage artisanal en un secteur structuré, générateur de valeur et d’emplois.
Dans son intervention, le ministre a souhaité également la régulation des intrants critiques utilisés dans l’orpaillage illégal, tels que le mercure et le cyanure qui, malgré leur interdiction dans de nombreuses juridictions, continuent de circuler via des réseaux parallèles, alimentant les sites clandestins.
« Il est impératif d’instaurer une régulation stricte à l’échelle mondiale de ces produits chimiques », a alerté Mamadou Sangafowa-Coulibaly, soulignant leurs effets irréversibles sur les sols, les ressources en eau et la santé des populations.
Dans ce contexte, a-t-il proposé, la Côte d’Ivoire a appelé à la mise en place d’un cadre international structuré associant États, institutions financières et acteurs privés, sous l’impulsion notamment de la Banque mondiale.
Selon lui, à l’échelle régionale, le renforcement de la coordination via la CEDEAO et l’UEMOA apparaît également comme un levier clé pour contenir les flux transfrontaliers et harmoniser les politiques minières.
Dans son exposé, le ministre a déploré qu’en Afrique, près de 435 tonnes d’or échappent chaque année aux circuits formels, alimentant des flux financiers illicites et fragilisant les recettes publiques. Une réalité que la Côte d’Ivoire illustre à grande échelle, avec 142 tonnes d’or sorties des circuits officiels et un manque à gagner estimé à 4 600 milliards FCFA.
Toutefois, il a soutenu que l’État a déjà engagé des actions significatives, avec plus de 7 000 sites illégaux démantelés, la mise en œuvre du Code minier et le déploiement du Programme national de rationalisation de l’orpaillage.
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