Société

Stéphane Sucré, Agripreneur : « Nous voulons employer 5 000 jeunes, grâce au riz »

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Stéphane Sucré veut servir plus de ménages.

Dans cet entretien, Stéphane Sucré, patron de la structure Ridissi, parle du secteur du riz en Côte d'Ivoire.

Au moment où il est de plus en plus question de pénurie de riz, vous vous êtes investi dans ce secteur. Comment se porte votre activité ?

Concernant la pénurie de riz en Côte d’Ivoire, mon entreprise Ridissi rencontre la même chose. Nous travaillons sur la production, la transformation et la distribution. Soit toute la chaîne de valeur. Avec une production de 600 hectares, nous arrivons à vendre cette production sans communication aucune. Nous avons fidélisés 4500 ménages que nous ne parvenons pas à ravitailler chaque fin du mois, malgré le fait que nous achetons le riz avec d’autres riziculteurs lorsque nous sommes en rupture. Cela dérange beaucoup notre clientèle. 

 

Quelle est votre particularité pour réussir dans ce secteur ?

Nous avons modernisé la variété du riz local. Il est maintenant plus raffiné, blanc, long grain, parfumé et surtout très délicieux. En plus, nous sommes en contact direct avec nos clients qui le consomment. Du coup, leurs critiques nous aident beaucoup à nous améliorer chaque jour. C’est ça qui nous aide aujourd’hui. 

 

Quelles ont été vos avancées jusque-là avec votre projet ?

Il faut dire que nous avons commencé en tant que simples distributeurs en 2015. Et en 2017 nous nous sommes lancés dans la production avec 10 hectares. 6 ans après, en 2023, nous  cultivions 600 hectares nous-mêmes, sans compter les 100 premiers riziculteurs avec qui on collaborait. Malgré ça nous n’arrivons pas à satisfaire la demande. 

 

Quel est votre secret de réussite ?

Il n’y pas de secret de réussite en tant que tel. Je suis né d’une famille pauvre, donc la douleur de la pauvreté et la peur de rester pauvre me motivent chaque jour à travailler pour atteindre mes objectifs. Quand on n’a pas envie que nos enfants connaissent cette souffrance, on se bat pour leur éviter cela. C’est toute ma force. 

 

Êtes-vous soutenus par les autorités ?

Nous ne sommes pas soutenus par les autorités. Nous ne sommes pas financés, par manque de garanti solide. Nous ne sommes pas subventionnés non plus. Nous travaillons sur fonds propres depuis des années avec des collaborateurs associés et des distributeurs de riz.

 

Quelles sont vos difficultés aujourd’hui ?

Aujourd’hui nous avons besoin de plusieurs bas-fonds aménagés avec un système d’irrigation au top. Surtout, nous avons besoin de plusieurs agricoles pour faciliter le travail sur toute la chaîne de valeur.

 

 

Sur quoi vous vous projetez aujourd’hui ?

Aujourd’hui avec nos 4500 ménages fidélisés, nous sommes loin des 1% des ménages en Côte d’Ivoire. Nous voulons atteindre environ 5% des ménages, c’est-à-dire, environ 150.000 ménages. Nous voulons faire de Ridissi une industrie. Nous voulons offrir plus de 5 000 emplois aux jeunes. Dans 10 ans, nous nous voyons comme la meilleure marque de riz en Côte d’Ivoire. De la production jusqu’à la transformation, nous voulons embaucher plus de 1000 femmes et participer à l’autonomisation de la femme ivoirienne. 

 

Conseillerez-vous votre secteur d’activité aux jeunes qui veulent entreprendre ?

 Comme le riz, tous les secteurs d’activités sont rentables. Mais je demande à la jeunesse de se former d’abord avant de s’investir dans quoi que ce soit. Le riz est un marché puissant à tel point que le riz importé occupe 28% du marché et le riz local n’occupe que 2%. Il reste encore 70% du marché à prendre. C’est un secteur très juteux car le riz fait partie de l’aliment de base de l’Ivoirien.  L’entrepreneuriat paye très bien et nourrit son homme parfaitement. Si personne n’entreprend il n’y aura pas du travail et le monde mourrait de faim. Pour mieux entreprendre il faut se lancer dans le secteur qui passionne le plus et surtout il faut se former dans ce qu’on aime faire, parce que sans passion, on peut abandonner.

 

L’entrepreneuriat en Côte d’Ivoire n’est pas encore très bien développé. Que diriez-vous aux jeunes qui veulent se lancer dans cette aventure ?

Dans 10 ans, je veux être à la tête d’une grande école entrepreneuriale ici en Côte d’Ivoire, qui formera la jeunesse à entreprendre. Mon école montrera comment s’enrichir dans la culture du riz et après l’école vous aurez la possibilité de faire votre stage dans mon entreprise Ridissi. Je veux former et embaucher la jeunesse dans mes entreprises. Aujourd’hui, Ridissi est en pleine croissance, au point où nous n’arrivons plus à ravitailler nos clients. Nous sommes débordés par les commandes, donc nous voulons passer de 600 hectares à 1500 hectares. Nous avons besoin de partenaires financiers, de machines agricoles et de subventions pour imposer le riz local sur le marché Ivoirien.

Interview réalisée par Marie-Désirée Ky




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