« Il est possible de faire évoluer sa carrière de manière exponentielle en changeant de pays »

  • Source: FED AFRICA
  • Date: vend. 27 nov. 2020
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FED AFRICA est un cabinet dédié au recrutement multisectoriel des fonctions Top et Middle Management sur le continent africain. Présent à Paris et à Abidjan, ce cabinet a publié tout récemment sa première étude consacrée à la mobilité interafricaine. Pour en savoir davantage, educarriere.ci s'est entretenue avec Madame Maymouna Mauvois, Manager Fed Africa Côte d'Ivoire, qui s'est prêtée à nos questions.

Que devons-nous comprendre par mobilité interafricaine ?

On parle ici de la mobilité des talents au sein du continent africain, qu'ils soient candidats locaux ou issus des diasporas. L'Afrique est un continent dynamique qui attire aujourd'hui tous types d'entreprises, des multinationales étrangères aux sociétés panafricaines, qui y recrutent des talents de tout le continent dans une multitude de domaines. En Côte d'Ivoire par exemple, beaucoup d'entreprises recherchent des candidats dans le domaine de l'agroalimentaire, de la finance, des banques et de la construction. De notre expérience de recruteurs, elle attire particulièrement les talents francophones et les candidats de la sous-région.

Quelles sont les raisons qui amènent certains africains à vouloir s'expatrier ?

Beaucoup souhaitent acquérir une expérience dans un contexte différent de celui qu'ils connaissent déjà : l'expatriation permet de travailler avec des profils professionnels et/ou culturels différents, ce qui développe fortement l'adaptabilité. Pour beaucoup, c'est aussi une opportunité d'évolution de carrière : s'ouvrir à des postes dans d'autres pays du continent est une étape importante dans le projet professionnel de beaucoup de candidats, ce que notre étude confirme :  51% des répondants nous ont indiqué qu'une expérience à l'étranger faisait partie de leur plan de carrière.

Le salaire est également une motivation importante en raison des packages et avantages proposés par les entreprises. Aujourd'hui, l'Afrique regorge d'opportunités, il est possible de faire évoluer sa carrière de manière exponentielle en changeant de pays : beaucoup de nos candidats nous parlent de leur expérience de cette manière.

Vous avez réalisé une étude sur la question. Quel est l'objectif visé ?

Nous observons une demande de plus en plus forte de la part des entreprises sur des questions telles que la rémunération, les motivations des candidats, la gestion des ressources humaines internationales, etc. Notre étude part d'un constat : la mobilité des candidats n'est pas souvent traitée à l'échelle du continent africain.

Cette mobilité interafricaine participe-t-elle au développement du continent africain ?

Absolument. On ne retrouve pas les mêmes formations dans tous les pays du continent. Certains pays sont reconnus pour certaines expertises ou secteurs, comme l'agroalimentaire en Côte d'Ivoire. On retrouve aujourd'hui des profils très spécialisés partout sur le continent, leur mobilité participe donc au développement de l'Afrique dans sa globalité.

Pensez-vous que la mobilité interafricaine peut-être considérée comme une fuite des cerveaux pour un pays quelconque ?

Il serait plus juste de parler d'échange. Même si certains pays intéressent plus de candidats en raison de leur dynamisme durable, tous les pays du continent sont attractifs. Certes, certains profils partent chercher du travail ailleurs, mais beaucoup de candidats arrivent également dans tous les pays. Cette mobilité de profils spécialisés participe à l'évolution du continent africain.

On observe aussi un phénomène de retour, il s'agit pour beaucoup de candidats d'acquérir de nouvelles expériences dans d'autres pays du continent avant un retour aux sources. Il n'y a pas de pertes de talents.

Interview réalisée par Anthony NIAMKE




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