De l'appel à la réconciliation à la légitimation de la rébellion, le paradoxe de Ouattara


Le chef de l'État devra tenir des discours qui rassemblent plus qu'ils ne divisent
  • Source: Linfodrome.com
  • Date: mer. 10 juil. 2013
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Se convaincre de l'idée que le Président Alassane Ouattara veut tellement bien faire, qu'il se mélange les pinceaux, aujourd'hui ne serait pas un sentiment irrationnel. Car, le chef de l'Etat donne l'impression de vouloir une chose et son contraire à la fois.

La visite d'Etat de huit jours, qu'il vient d'effectuer, en grande pompe dans sa région d'origine du District des Savanes au nord du pays, aura permis à celui-ci d'étaler au grand jour bien de choses qu'il avait jusque-là tenu secret.

Aujourd'hui, les populations ivoiriennes ont le cœur net sur les ambitions du Président de la République, notamment sur sa volonté ardente de voir les fils de la Côte d'Ivoire se réconcilier, tant au niveau régional que national afin d'impulser le développement. C'est l'un des principaux messages qu'il a envoyés à l'endroit des populations. « C'est le lieu de demander à chacun de vous, malgré les souffrances qui ont été les vôtres de pardonner (…) Je viens vous dire que notre pays a besoin de paix. Le pardon contribue à la paix. La justice contribue à la paix. C'est important que nous soyons réconciliés et que nous puissions nous donner la main à chacun afin que le pays aille de l'avant… », avait dit Alassane Ouattara à ses parents à Kong.

Dans le même élan, à Sinématiali, comme ce fut le cas à M'bengué où il a donné son premier meeting au cours de cette visite, le chef de l'État a prêché l'union et la réconciliation. Particulièrement aux fils du terroir, à l'image de Laurent Dona Fologo et de Tiémoko Yadé Coulibaly, qu'il a expressément appelé devant tous à se pardonner et à se réconcilier.

Mais ce discours qui se veut rassembleur a été trahi par un autre qui a pris le contre-pied du premier. Le chef de l'État s'est laissé emporter par le sentiment de (sa) filiation au nord, par la cause du nord dont il a indiqué être l'incarnation, pour faire des déclarations qu'on pourrait qualifier de sortie de route. « Nous avons une diversité, mais le même combat. Le combat pour qu'un fils du nord, un fils de Kong, je dirai un fils que vous avez choisi pour être votre flambeau, puisse accéder à la magistrature suprême. Et aujourd'hui, c'est chose faite ».

Ces propos rendus directement par la télévision nationale et rapportés le lendemain par Fraternité Matin dans son numéro du lundi 8 juillet 2013, ont fait tic dans l'esprit de plus d'un. Ils avaient l'air de conforter l'opinion selon laquelle les Ivoiriens du nord étaient, toutes ces années, inscrits dans une logique de guerre ethnique et que les raisons avancées pour justifier cette guerre n'étaient que subterfuges. Mais on aurait dit que cette parole a échappé au Président Ouattara, car la sagesse enseigne que qui parle trop ne manque pas de pécher. Mais le discours tenu par le chef de l'État à Ferkessédougou achève de convaincre que c'est de l'abondance du cœur que la bouche parle, qu'il savait bien de quoi il parle.

Car à Ferkessédougou, ville natale du président de l'Assemblé nationale, l (...)

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