Interview - Côte d'Ivoire, rébellion de 2002, Gueï, Gbagbo, Soro, élections 2020... : Le Général Michel Gueu rompt le silence


Avant d’appartenir aux Forces nouvelles, j’ai été fait prisonnier, le 25 septembre 2002, à Bouaké, rappelle le général à la retraite Gueu Michel.
  • Source: linfodrome.com
  • Date: mer. 16 janv. 2019
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Dix-sept (17) ans après la rébellion de septembre 2002, l'ex-chef de guerre des Forces nouvelles, le général Gueu Michel, parle de l'Accord politique de Ouagadougou et livre des confidences sur Gueï Robert, Laurent Gbagbo et Guillaume Soro. Aussi, depuis 2003, a-t-il fait acte de repentance publique et devenu apôtre de la paix en Côte d'Ivoire.

Pendant la crise, vous vous êtes rendu à Bamako pour rencontrer le président malien, Amadou Toumani Touré. Quel était le sens de ce voyage inattendu ?

La première action était, en 2003, en pleine crise armée en Côte d'Ivoire. Il était question de nous rendre à Yamoussoukro pour former le gouvernement d'ouverture. C'est en ce moment que j'ai été proposé pour occuper le poste de ministre des Sports et Loisirs. Mais ce jour-là, je me suis rendu à Bamako pour rencontrer le général président malien Amadou Toumani Touré (Att). Je l'ai rencontré sans avoir pris au préalable un rendez-vous pour une audience. Le président Att était à l'aéroport pour un voyage lorsqu'il a été informé de la présence d'un colonel, que je suis. Il m'a fait l'honneur de revenir au palais de Koulouba du Mali.

Avez-vous eu gain de cause ?

Je suis allé voir le président Att non pas pour qu'il mette à ma disposition des armes mais plutôt pour m'aider à créer une fondation pour faire des missions de bons offices, de médiation et prévention des crises en Afrique. J'avoue qu'il a été surpris d'entendre cette nouvelle d'un guerrier, en pleine crise armée chez lui. Il a apprécié ce geste. Il a donné son accord. Malheureusement il est parti du pouvoir sans que le projet n'aboutisse. Lors de sa visite d'État en Côte d'Ivoire, il a dit au président Laurent Gbagbo qu'il m'avait reçu à Bamako. Je lui en suis très reconnaissant parce qu'un Chef d'État en partance pour un voyage qui rebrousse chemin, pour rencontrer un colonel rebelle, c'est faire preuve de grandeur.

Qu'est devenue la Fondation aujourd'hui ?

Justement, elle n'a pu être créée. Si elle avait existé, son rôle aurait été de mener des missions de bons offices tant en Côte d'Ivoire que dans d'autres pays du monde. J'ai jugé nécessaire la mise en place de cette Fondation parce que j'ai été au cœur de cette rébellion de septembre 2002. Je cherche des personnes de bonnes volontés qui pourront m'aider à la mettre en place.

Pouvez-vous dire quelle est votre part de responsabilité dans la crise armée ?

Le président Félix Houphouët-Boigny, père fondateur de la Côte d'Ivoire moderne, avait juré de ne jamais verser une seule goutte de sang sur le sol ivoirien. Il y a eu certes la guerre, le sang est versé. J'ai été Commandant des opérations, je n'ai pas tué mais j'ai commandé des soldats qui ont tué. C'est-à-dire que j'ai ma part de responsabilité. Je pense qu'il faut la reconnaître et faire acte de repentance. J'ai organisé un culte de repentance, en décembre 2003, à la chapelle de la Réconciliation de la Riviera II, à Cocody. Une cérémonie à laquelle ont pris part des personnalités dont Albert Tévoédjrè, Représentant spécial des Nations unies en Côte d'Ivoire, des ambassadeurs et une délégation des Forces de défense et de sécurité (Fds) conduite par le général Denis Bombet, des pasteurs, etc. Pour moi, avant d'aller au pardon, à la réconciliation et à la paix, il faut savoir les actes qu'on a posés (…) On a commis une faute, il faut la reconnaître puis demander pardon. Je voudrais dire aux Ivoiriens, à tous ceux qui parlent de pardon et de paix, de commercer d'abord par la repentance. En tant que fidèle catholique pratiquant, je sais que le Seigneur Jésus a prôné la paix, l'entente et l'amour pendant son ministère. J'ai enfreint aux enseignements de mon Dieu, il est impérieux de lui demander pardon et aux Ivoiriens.

Pourquoi n'avez-vous pas créé une église ou un ministère comme certains le font après une expérience de ce type ?

J'ai été baptisé, en classe de Cm2, en 1965, à la paroisse Saint Bernard d'Adiapodoumé, 17 km de Dabou. Je préfère continuer sur cette voie du catholicisme. D'autant plus que certains évêques et prêtres en Côte d'Ivoire sont mes amis. A l'époque, Ils me surnommèrent l'abbé Mike. Je préfère rester cet abbé Mike et continuer à vivre ma foi catholique. Quand je suis invité par les confessions religieuses, j'y réponds. Je suis, par ailleurs, membre de la plateforme des leaders croyants.

En tant que messager de la paix de cette plateforme, quelles démarches avez-vous entreprises auprès des autorités du pays pour la pacification des élections en 2020 ?

Personnellement non. Les positions sont telles qu'aujourd'hui, en allant vers un tel, il est pro ceci …mais la plateforme a adressé des courriers aux hautes autorités du pays, à commencer par le président de la République, les institutions et les ministres.

Il y a eu des accords et rencontres entre l'ex-rébellion et l'autre camp pour aboutir à la paix. Quel rôle avez-vous joué concrètement ?

Un jour, j'ai été invité par des amis à l'une des rencontres de la Communauté catholique mère du divin amour. A cette occasion, j'ai fait des témoignages. Je précise qu'après cette rencontre fraternelle, j'ai commencé à gagner la sympathie de tous. Parlant, entre autres, de l'Accord politique de Ouagadougou, je suis l&rsqu (...)

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