Anne Ouloto : ''Abidjan change, il faut que les populations changent''

  • Source: fratmat.info
  • Date: lun. 05 nov. 2018
  • Visites: 458
  • Commentaires: 1

Les nouveaux camions sont enfin dans les rues d’Abidjan. Qu’est-ce qui va véritablement changer, au quotidien, pour les populations en matière de gestion des ordures ménagères ?

En dehors de ces véhicules qui sont de plus en plus visibles sur toute l’étendue du district d’Abidjan, de manière progressive, depuis le 2 novembre et ce, jusqu’au 15 décembre, les Ivoiriens verront également des bacs et des coffres en quantité suffisante. Pour Abidjan sud, par exemple, l’opérateur s’est engagé à installer au moins 350 coffres, sans compter les poubelles qui seront disposées par endroits. Ces récipients vont améliorer la propreté des quartiers.
Ce qui va également changer, ce sont les infrastructures. Celles-ci sont des intermédiaires entre les points de collecte et la destination finale qui est le centre de valorisation et d’enfouissement technique de Kossihouen. C’est une nouvelle donne à laquelle les Ivoiriens devront s’habituer. Ils verront des postes de groupage qui sont des espaces aménagés pour déposer les déchets.
Il y aura aussi les centres de groupage qui sont d’une capacité plus grande. Ceux-ci permettent aux opérateurs de collecte de faire des points de rupture. En fait, quand ils finissent de ramasser les ordures, ils rassemblent les véhicules dans ces lieux pour y faire le transvasement. Après quoi, les ordures sont acheminées au centre de transfert ou au centre de valorisation ou d’enfouissement technique.
Les populations devront aussi s’habituer aux centres de transfert. Il y en a deux. Ils sont à Anguédédou. Ils sont d’une grande importance dans le système dans la mesure où ils constituent pratiquement le siège des deux opérateurs. C’est à ces endroits qu’ils feront l’entretien de leurs véhicules. C’est surtout là qu’ils procéderont aux opérations de transvasement des petits camions dans ceux de grande capacité, de sorte à réduire le coût du transport.
Ce qui va changer, c’est aussi la manière dont nous allons traiter les déchets. Nous étions, jusque-là, dans une économie linéaire. C’est-à-dire qu’on produit les déchets, on les collecte et on les jette. Ils n’ont plus aucune vie. Ils ne servent à rien. Aujourd’hui, l’option que le Président de la République et le gouvernement ont prise est celle de l’économie circulaire. C’est une option complexe et très difficile. Elle consiste à donner une autre vie aux déchets. A partir de cette économie circulaire, interviennent les notions de tri et de recyclage qui conduisent au reconditionnement et au traitement des déchets pour réapparaître sous une autre forme. C’est cela qui permet de réduire la quantité d’ordures à enfouir.
Mais tout ceci est un processus qui s’inscrit dans la durée. Et cela exige la sensibilisation des populations au changement de comportement et la participation de tous.
Je voudrais le dire solennellement. Ce qui va changer, c’est le comportement de l’Ivoirien.

C’est justement la grande inconnue. Avec le niveau élevé d’incivisme dans le pays, les populations suivront-elles ?

Oui, c’est la grande inconnue. Mais ce n’est pas impossible. Hier (2 novembre, Ndlr), l’opérateur portugais m’a dit : « Mme le ministre, gardez espoir (…) En 20 ans, nous avons changé les choses au Portugal ».
Au cours de la première nuit d’opération des nouveaux engins, les opérateurs ont vu, à Treichville Arras, que des déchets ont été abandonnés par des commerçants sur la chaussée. Les éboueurs ont été obligés de les ramasser à la fourche pour les mettre dans le camion tasseur. Alors qu’il aurait fallu que le commerçant conditionne ces déchets dans un sac poubelle, les mette dans une poubelle et le camion serait passé le récupérer. Cette mauvaise attitude occasionne une perte de temps à l’opérateur, des nuisances, des mauvaises odeurs, l’écoulement du liquide des déchets qui dégrade la chaussée. Cela doit s’arrêter.
Vous l’avez donc compris. Ce qui va changer et qui est fondamental, c’est le comportement de l’homme. L’Ivoirien, depuis hier (2 novembre), doit se dire, « Abidjan change, il faut que je change aussi ». D’abord, il faut qu’il change son rapport avec les déchets qui ne doivent pas être jetés dans la rue. C’est une matière qui peut être transformée en quelque chose d’autre. Les déchets organiques peuvent devenir du compost qui sera utilisé dans l’agriculture. C’est donc une perte d’argent que de jeter les déchets çà et là. Mais vu que nous sommes dans l’urgence, nous leur demandons de conditionner leurs déchets dans une poubelle. Chaque ménage doit donc se procurer une poubelle.
Tous les soirs, entre 17h et 20h, vous sortez votre poubelle devant votre maison. Le camion-tasseur passera la récupérer, la déchargera et la remettra là où il l’a prise. Il vous appartient de la prendre, de la laver et de l’utiliser à nouveau.
Le deuxième effort que nous demandons est celui-ci : éviter de jeter les mouchoirs et autres déchets dans la rue. Cherchez la première poubelle ou le premier coffre du coin pour le faire. A supposer que vous n’en voyiez pas, êtes-vous obligés de jeter quelque chose à terre ? Ce déchet que vous venez de produire est votre propriété. Vous devez le conserver jusqu’à ce que vous trouviez une poubelle pour l’y mettre. Au cas où vous n’en trouvez pas, emportez votre déchet chez vous pour le jeter dans votre poubelle.
Ce qui va changer et qui constitue une bonne nouvelle pour le citoyen au niveau du district d’Abidjan, c’est que les ménages ne paieront plus deux fois pour les ordures ménagères. Ils ne paieront plus que la taxe de 2 000 francs, en moyenne, prélevée sur les factures d’électricité pour permettre à l’Etat d’offrir ce service public de collecte des déche (...)

Lire la suite sur fratmat.info



Appels d'offres

    Aucun document en téléchargement.

Voir tous les documents

Educarriere sur Facebook