Le maire N'Dohi Raymond fait le grand déballage

  • Source: Soir info
  • Date: mer. 16 nov. 2016
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Législatives prochaines, Rhdp, mairie de Koumassi, rapport avec Bacongo… Le maire N'Dohi Raymond fait le grand déballage : « Si un adversaire cherche à me mettre les bâtons dans les roues, c'est qu'il est un piètre politicien » « Je ne suis pas en guerre contre Bacongo »
N'Dohi Raymond estime avoir atteint ses objectifs en tant que maire

N'Dohi Yapi Raymond a accepté de se livrer à Soir Info. Le maire de Koumassi, Délégué du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (Pdci), Coordonnateur du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) à Koumassi, invité de nos « Pages de vérités », dit presque tout. Sans langue de bois.

Est-ce que vous serez candidat aux prochaines législatives?

N'Dohi Yapi Raymond : Ça dépend. Nous sommes dans une famille politique. L'intention d'être candidat pour accompagner, conduire une équipe, je l'aie. Maintenant, vous savez que le Pdci est en alliance avec d'autres partis. Ça dépendra de ce que la direction du Rhdp décidera. Je veux faire partie d'une équipe pour gagner. Donc, si en fonction des découpages qui vont être faits, on donne plus d'un siège au Pdci, j'accompagne le député qui est là. Parce que, c'est grâce à moi qu'il est là. Je ne vais pas lui ravir son poste. Prioritairement, c'est lui qui est le candidat. Et, s'il  y a un autre poste pour le Pdci, je l'accompagne.

 

Nous avons appris que les discussions seraient très chaudes en ce moment, et qu'il  y a possibilité qu'il y ait beaucoup d'indépendants malgré les dispositions prises au Rhdp, s'il n'y a pas d'entente. Comment envisagez-vous cette élection dans votre commune?

S'il n'y a pas d'entente, que chaque parti doit aller de son côté, je suis partant. Si le Rhdp n'a pas pu déterminer ,de façon nette, les quotas pour chaque parti, comme on l'a fait en 2011, à ce moment, peut-être que je conduirais la liste du Pdci. Dans le cas contraire, je ne serais pas candidat.

 

Ne craignez-vous pas que des populations se plaignent de ce que vous voulez être député alors que vous êtes déjà maire?

Je suis un homme de mission. Je dois conduire une mission pour mon parti. Si c'est nécessaire que je conduise une équipe de députés, je ne vois pas où est le mal.

 

Les municipales étaient annoncées pour avril 2018. Mais, de plus en plus, des voix disent qu'elles seront reportées à 2020. Si cette information était avérée, est-ce que cela vous ferait plaisir de voir votre mandat ainsi prolonger?

Je dois dire que je ne suis pas dans les secrets des dieux. Je lis dans la presse en même temps que vous. Je n'ai aucune objection que ce soit en 2018 ou en 2020. J'ai un mandat à défendre, donc je le défendrais.

 

Serez-vous candidat à votre propre succession?

Bien évidemment, j'ai des projets que je dois mener à terme.

 

Justement, quel bilan faites-vous de votre mandat de maire en cours?

Pour moi, le mandat en cours a atteint ses objectifs. Quand vous voyez les quartiers précaires aujourd'hui, ce sont les immeubles qui poussent. Ce n'est pas le fruit du hasard. A Zoé Bruno, à Aklomiabla, vous voyez ci et là des commissariats de Police, des compagnies de gendarmerie, des écoles qu'on construit, qu'on réhabilite. Tout cela, nous le comptabilisons dans notre bilan. Le bilan n'est pas seulement factuel. Il faut voir comment la commune était, et comment elle est devenue aujourd'hui. Quand vous allez au Grand campement, vous avez un quartier moderne. Ce n'était pas le cas quand nous arrivions en 2001. Nous pensons avoir atteint nos objectifs. Mais, tout cela, il faut le consolider.

 

Il n'en demeure pas moins que certaines populations se plaignent, notamment à propos de l'impraticabilité des routes. Que leur répondez-vous  ?

Les populations ont raison de se plaindre. Je me suis exprimé sur l'impraticabilité des routes à plus d'une occasion. Aujourd'hui, vous avez l'Ageroute (Agence nationale de gestion des routes) qui s'occupe des routes en Côte d'Ivoire. L'Onad (Office national de l'assainissement et du drainage) et l'Anasur (Agence nationale de salubrité urbaine) qui s'occupent de la gestion des ordures. Dans toute cette organisation, dites-moi quelle est la place du maire dans la gestion des routes ? Je l'ai dit au cours d'une interview. Un kilomètre de bitume coûte aujourd'hui, au bas mot, 150 millions de F Cfa. Dans l'état actuel, il faut au moins 41 km de routes, pour que Koumassi soit désenclavée. Quand vous faites le calcul, vous vous retrouvez à plusieurs milliards. Nous avons actuellement un budget de 2,6 milliards de F Cfa. Quand nous arrivions, le budget était à 1, 230 milliards de F Cfa. Dans les 2,6 milliards, nous avons, selon les textes, en terme d'investissements, 260 millions de F Cfa. Mais, compte tenu des problèmes, nous poussons jusqu'à 20%, le taux, pour obtenir à peu près 500 millions de Fcfa de budget d'investissement parce que nous savons que Koumassi est dans le besoin. Besoin en éclairage, besoin en réhabilitation, besoin en entretien de locaux qui sont vétustes.

 

Avez-vous fait des démarches au niveau de ces structures ? Si oui, quelles ont été leurs réponses?

Toutes les démarches ont été faites. Nous attendons. La dernière fois où nous avons eu une réponse, c'est au niveau du ministère de la Salubrité, qui nous a dit que Koumassi a été prise en compte dans le C2D, et que les travaux vont commencer en 2017. Donc, que ce soit auprès du ministère des Infrastructures économiques, auprès de la Banque mondiale, à travers le Pri-Ci (Projet d'urgence de renaissance des infrastructures en Côte d'Ivoire) ou de la Bad, à travers le Projet d'appui aux infrastructures routières, toutes les démarches ont été faites. J'ai les dossiers. Hier encore, je remettais un dossier au gouverneur du District d'Abidjan pour les mêmes problèmes de voiries.

 

Est-ce que vous n'êtes pas frustré de voir qu'en tant que cadre de la coalition au pouvoir, jusque-là, vos démarches n'aient pas abouti?

Je suis choqué mais pas frustré. Je sais que l'Etat a beaucoup de priorités. Je sais que mon tour viendra. Je suis un peu choqué que ça traîne. Je suis d'autant plus choqué que des travaux avaient démarré avec Soroubat. Pour que les travaux démarrent, ça veut dire qu'au niveau des structures en charge de la route, des démarches ont été menées. Des commandes ont été passées. Maintenant, quand du jour au lendemain, l'entrepreneur enlève tout son matériel, ça peut être choquant. Mais, je garde toute ma patience.

 

Est-ce que ce ne sont pas des bâtons que vos adversaires chercheraient à vous mettre dans les roues?

Si un adversaire le faisait, je dirais qu'il est insensé. Parce que ceux qui souffrent, ce sont les populations de Koumassi. Ce n'est pas la personne de N'Dohi. Si un adversaire le faisait, je dirais qu'il est un piètre politicien. Parce qu'on vient à la politique pour servir les autres. On ne peut pas solliciter le suffrage d'une population si on n'aime pas cette population. Mais, je pense que véritablement, c'est au niveau de l'Etat que des réglages sont en train d'être faits, pour qu'on puisse nous aider. Parce qu'il n'y a pas longtemps, j'ai échangé avec le ministre d'Etat, Amadou Gon, à l'occasion de la campagne pour le référendum. Je sais qu'il était au courant de l'état de Koumassi, et que quelque chose serait fait. Et, ça me suffit comme explication. Je ne sais pas s'il y a d'autres personnes tapies dans l'ombre, qui seraient en réalité des ennemis de Koumassi, et non des adversaires de N'Dohi.

 

On vous a vu descendre vous-même dans les rues de la commune, pour prôner la salubrité. Est-ce que vous pensez aujourd'hui que vos appels ont été entendus par les populations?

Cela ne va pas se résoudre du jour au lendemain, et toute la sensibilisation ne prendra pas tant qu'il n'y aura pas de mesures qui soient prises au plan de la réhabilitation des infrastructures de salubrité. Vous savez par exemple que nous demandons aux gens de ne plus brancher leurs fosses sceptiques sur les voiries, mais il n'y a pas de caniveaux, il n'y a pas de conduites des eaux usées. Et, c'est tout cela qui va être fait à travers la réhabilitation des infrastructures de salubrité. A ce moment, nous serons encore plus fort pour sévir là où les gens ne rentreraient pas dans les normes.

 

Doit-on comprendre qu'il n'y a pas de caniveaux et de conduites des eaux usées à Koumassi ?

Aujourd'hui, il n'existe rien en fait. Koumassi s'est construit comment ? Les gens ont apporté des gravats dans les zones marécageuses, ils ont remblayé,, et ils ont construit à telle enseigne que quand vous allez dans des quartiers comme Kankancoura, Progrès et autres, lorsque vous marchez, vous avec l'impression que les maisons sont dans des trous. Le niveau de la route est plus élevé que le niveau de la fondation de la maison. Et quand il pleut dans ces zones là, ne demandez pas comment les populations vivent. Si c'est la nuit qu'il pleut, il faut que les populations veillent pour vider l'eau qui coule inexorablement dans la cour. Puisque le niveau du sol est plus bas que celui de la route, alors les eaux pluviales coulent dans les cours. Donc, nous attendons que l'Etat fasse le travail, et nous serons plus forts pour continuer la sensibilisation, et au besoin, sanctionner. Il faut que je revienne aussi sur l'incivisme des populations. Dernièrement, vous avez vu ce qui s'est passé au niveau de Sopim. Vous avez de personnes qui construisent sur les conduites des eaux usées. Avec le temps, les bâtiments se tassent, s'affaissent, et l'eau ne peut plus couler dans les tuyaux. Il a fallu que l'Onad prenne ses responsabilités pour casser des immeubles et des villas, pour qu'on puisse avoir un peu plus de possibilité de réparer les caniveaux qui on été affaissés. Tout cela participe de la difficulté que nous éprouvons avec les populations qui ne sont pas très conscientes du fait qu'en posant un acte de telle nature, elles créent de graves problèmes de santé publique pour toute la population parce que le phénomène de la fièvre Zika vient par les moustiques. La stagnation des eaux usées, permet aux moustiques de se reproduire, et cela nous expose. C'est pour cela qu'à chaque fois que j'en ai l'occasion, je demande aux populations d'avoir une attitude éco-citoyenne beaucoup plus civique, pour que véritablement, nous sortions de cet état d'insalubrité, avec le corollaire de maladies endémiques qui en découlent.

 

Vous parliez d'incivisme. Il y a un phénomène qui sévit à Koumassi depuis quelque temps, qui est l'occupation anarchique des voies, les jeudis et les week-ends. Il est impossible de circuler. Souvent, les grandes voies sont coupées par des populations avec des bâches installées un peu partout. On fait de grands tours avant de rentrer chez soi. Pourquoi la mairie est muette face à tout cela ?

La mairie réagit, et peut-être que vous n'avez pas eu l'occasion d'assister à des bagarres où nos agents ont été molestés. Nous réagissons chaque fois que nous sommes saisis mais, malheureusement, vous savez que les week-ends, les agents municipaux ne travaillent pas. Et ce sont les moments que les gens choisissent. Mais chaque fois que nous avons été saisis, nous avons dépêché la Police municipale, pour demander qu'on puisse dégager la voie, et permettre la libre circulation des personnes. Le phénomène est récurrent. Il n'est pas propre à Koumassi, mais je conçois avec vous que c'est gênant. Il y a même des maquis qui ouvrent les dimanches, et qui ferment les voies. Nous avons pris des arrêtés, et quelquefois, nous avons démantelé certains maquis comme au 05 par exemple. Pour tout dire, c'est un combat quotidien.

 

Il nous revient que ces personnes qui font ces manifestations, reçoivent souvent des autorisations de la mairie !

Pas souvent. La mairie ne donne une autorisation que lorsque c'est une voie secondaire. La mairie ne donne jamais d'autorisation pour les voies principales parce que nous sommes conscients que les pompiers, la police, la gendarmerie, peuvent intervenir, et la Sotra emprunte aussi ces voies. Donc, on ne donne jamais d'autorisations d'occupation sur ces voies. Maintenant, il y a les jeudis, les dimanches mais il y a aussi les vendredis. Chacun sait aussi ce qui se passe les vendredis. Mais allez demander quel est l'imam qui a reçu une autorisation pour occuper un boulevard. Mais cela se fait et fait partie des difficultés que nous gérons.

 

Avez-vous déjà été saisi de question de nuisance sonore? Si oui, que faites-vous  en ce qui concerne les nuisances sonores?

Nous avons été saisi plusieurs fois, et nous sommes intervenus. Une fois, nous avons même fermé le maquis. Quelquefois même, nous avons procédé à des casses quand il n'y a pas amélioration, quand les concernés n'obtempèrent pas.

 

20 000 familles, a-t-on appris, ont été déguerpies au niveau du campement. Qu'en est-il exactement?

Pour avoir 20 000 familles, il faudrait avoir au moins 200, 300 ou 400 lots. Il n' y a aucune zone  pareille à Koumassi.  Toute la zone que nous avons déguerpie, est une zone qui constitue les 25 mètres de bordure lagunaire. Vous savez que dans la règle, les 25 mètres de bordure lagunaire, ne doivent pas être occupés. Et nous avons entrepris une opération de remblais à partir de ces 25 mètres. Fort heureusement pour nous, le ministère de la défense a demandé que nous utilisions 6 000 m2 pour installer une caserne de sapeurs-pompiers. C'est dans les 25 mètres de bordure lagunaire que nous pouvons prendre cela. Nous avons donc mis les populations en délai parce qu'elles occupent ces sites sans titres de propriété, et nous avons procédé au déguerpissement. Nous sommes en train de finaliser l'opération, pour donner un document au ministère de la défense, pour venir construire la caserne. Il n'a jamais été question de 20 000 familles. Il n'a pas été question d'exproprier quelqu'un. On exproprie quelqu'un lorsqu'il est propriétaire.

 

Qu'est ce que cela vous fait de voir votre adversaire aux municipales de 2013, en l'occurence l'ancien ministre Cissé Bacongo, descendre sur le terrain lui-même pour faire des travaux en faveur des populations de Koumassi ?

Il est député de Koumassi. Il est élu pour servir la population. Quand il est arrivé, il a lui même dit que le président Alassane Ouattara l'a envoyé pour aider les populations de Koumassi. Il fait son travail. Au service de la population, il est obligé de faire ce qu'il doit pouvoir faire pour les aider.

 

N'est-ce pas une façon pour lui de montrer aux populations que vous ne travaillez pas?

Cela m'étonnerait que ce soit une façon à lui de le dire puisqu'il a pris un engagement avec ces populations. Je me souviens que pendant la campagne, il avait fait des photos de la grande mosquée, pour dire qu'il l'avait réhabilitée. Si c'est fait, et que les gens prient à l'intérieur, c'est bien.

 

Voulez-vous dire que cela n'a pas été fait?

Je dis que si cela est fait, c'est une bonne chose. Maintenant, comme je ne suis pas fidèle de cette mosquée, je ne sais pas ce qu'il y a à l'intérieur. Vous, en tant que journalistes, vous pouvez y faire un tour pour voir si cela a été fait. Bon, je vois ce à quoi vous faites allusion. Cela me gênera d'en parler, mais s'il s'agit du lycée municipal de Koumassi. Je vous invite ce lundi (aujourd'hui, 14 novembre 2016, ndlr) à la remise des clés du groupe Dion Robert. Je vous donnerai des documents qui vous permettront de comprendre que ce lycée a été entièrement rénové par la fondation Atef Omais, à ma demande. Il y a eu 8 nouvelles classes qui ont été construites. 6 nouvelles classes ont été réhabilitées, et c'est au total 163 millions de F Cfa qui ont été investis par cette fondation. Vous étiez témoin le jour de la remise des clés. Nous sommes partis de là, au lycée moderne Bad où 80 millions de F Cfa ont été investis par cette fondation, encore à ma demande puisque j'ai l'avantage de connaître la famille. Vous savez que dans notre organisation, le maire n'intervient pas normalement dans les lycées. Les lycées sont du ressort du district, le maire, ce sont les écoles primaires. Comme nous n'avons pas d'argent, et que nous ne pouvons pas intervenir, nous faisons intervenir des amis, pour soulager les uns et les autres. A côté de cela, chacun a dû se rendre compte que le groupe scolaire Dion Robert était pratiquement fermé. Ce sont 100 millions de F Cfa que la fondation a investis. Alors, moi, je suis heureux que le député (Cissé Ibrahima dit Bacongo, Ndlr) ait complété l'action. Mais qu'on vienne compléter l'action en disant qu'on l'a fait de bout en bout, je ne trouve pas cela très honnête. Il y a des traces. Ce jour-là, il y avait un représentant du Premier ministre, un représentant de la ministre de l'Education nationale, un représentant du gouverneur du district, et moi-même. Les photos sont là. Maintenant, qu'on vienne rajouter quelque chose, je suis d'accord. Moi, il y a bien des actions que je mène de ma poche sans faire de publicité.

 

Quelles actions par exemple ?

J'ai construit une école primaire au grand campement parce que ce n'était pas prévu au budget, et il y avait le besoin. Le président du Coges est venu me voir, et j'ai accédé à sa demande. Je n'en ai pas fait de publicité. Et, je crois que si on veut aider pour aider, il y a le lycée moderne qui est dans un état de vétusté (...) Lire La suite sur Linfodrome

 




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