Reportage / Cartes nationales d'identité : Dur, dur, d'avoir sa pièce !


(Photo d'archives)
  • Source: Soir Info
  • Date: mer. 18 mars 2015
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Le mardi 15 juillet 2014 à Bingerville, le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, Hamed Bakayoko, lançait la reprise de l'établissement de la carte nationale d'identité.

Quatre jours après, soit le 21 juillet 2014, Mlle D. Blandine se faisait enrôler dans le centre de l'Office national d'identification( Oni), logé au Foyer des jeunes de Koumassi. Elle en est ressortie avec un récépissé, n°2010819627, qu'elle devrait présenter un mois plus tard, soit en fin août 2014, pour le retrait de sa carte d'identité. Mais, ce n'est que... près de 7 mois après, soit le 6 février 2015, que son nom sera inscrit au nombre des demandeurs dont la pièce d'identité a été produite.

Plus de 6 mois pour un document dont la production est censée durer un mois ! Aussi est-elle toute heureuse de voir, enfin, son nom sur la liste, comme si elle venait d'être déclarée admise à un concours. Ce vendredi 27 février 2015, quand nous la trouvons dans l'enceinte du Foyer des jeunes de Koumassi, elle ne trouve pas de mot pour exprimer sa joie. C'est que pour en arriver là, ça été la croix et la bannière. Elle a défilé plusieurs fois dans le centre d'enrôlement, dans l'espoir d'avoir sa carte d'identité. En vain. Et chaque fois, le vigile, posté devant l'entrée de la salle, lui répétait inlassablement : « C'est pas encore venu ; repassez dans deux semaines ou à la fin du mois pour voir ». Evidemment, elle maugréait chaque fois, se plaignant de dépenser inutilement pour le transport. « Je suis très heureuse de tenir entre mes mains ma pièce d'identité ; je n'y croyais plus après plusieurs va et vient infructueux ici », laisse-t-elle éclater sa joie quand nous la retrouvons sur les lieux le lendemain, 28 février 2015.

Bien d'autres pétitionnaires ne connaissent pas encore le bonheur qu'éprouve Blandine à entrer en possession de sa carte d'identité. Rencontrés à chacun de nos passages sur différents sites d'enrôlement, c'est tout furieux qu'ils quittent les lieux. Sans leurs pièces. Et cela, après trois, quatre voire six mois d'attente ! C'est le cas de Laho K. Il s'est prêté aux formalités depuis le 18 août 2014. Quatre mois après, il attendait toujours de se voir remettre sa carte d'identité. « C'est énervant. On nous fait défiler en nous faisant payer inutilement le transport », s'emporte-t-il à notre passage, début janvier 2015, au centre d'enrôlement de Koumassi.

Même récrimination chez Mlle Kady, qui dit être à son dixième va et vient sur le site. « Je me suis enrôlée depuis septembre 2014. Et depuis, je fais des va et vient ; impossible de rentrer en possession de ma pièce. Et avec ça, ils disent que la carte d'identité est désormais obligatoire pour toute démarche administrative. Comment on va faire s'ils ne nous remettent pas nos pièces ? », fulmine-t-elle, au milieu d'une cinquantaine de personnes massées devant l'entrée du bureau de l'Oni.

 

4 à 7 mois d'attente !

Une autre pétitionnaire, du nom de K. Jocelyne, est, elle aussi, lasse d'attendre la précieuse pièce d'identité : « Je mes suis enrôlée depuis août 2014. Je ne sait même plus combien de fois je suis venue ici, et chaque fois, on me dit que ce n'est pas encore prêt sans me donner de plus amples explications. On ne sait pas pourquoi ça traîne, pour des cartes qui devaient être produites un mois après le dépôt ». En quittant les lieux ce lundi 2 mars 2015, elle décide de n'y revenir que fin mars.

Devant ces réactions de mécontentement, un agent de l'Oni (office national d'identification) tente d'expliquer le retard accusé pour établir les cartes, notamment celles de ceux qui se sont fait enrôler en juillet ou août 2014, soit moins d'un an après le démarrage de l'opération. « En ce qui concerne ceux (...)

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