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Politique

Côte d'Ivoire : Quelle CEI sans les religieux et la société civile ?

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Après plusieurs mois de débat et de tractations, d'abord sur la mouture de la nouvelle Commission Électorale Indépendante (CEI), puis sur l'élection des membres du bureau de ladite commission, les populations ivoiriennes sont désormais situées sur ceux qui conduiront les élections locales à venir.

Depuis vendredi 5 septembre 2014, le bureau central de l'organe électoral ivoirien a été mis en place. Il sera conduit pour une durée de six ans par Youssouf Bakayoko, « le même » qui a permis à Alassane Ouattara de ne pas être volé par Laurent Gbagbo, pour certains, ou qui a été à l'origine de la crise postélectorale, pour d'autres. A peine mis en place que le bureau de la CEI, qui était annoncé pour être consensuel, fait couler beaucoup d'encre et de salive, quant au mode de désignation de ses membres et, particulièrement, au choix de son président. Aux débats qui ont eu lieu les jeudi 4 et vendredi 5 septembre 2014 et qui se sont soldés par l'élection du bureau actuel, les représentants de plusieurs partis d'opposition, de la société civile et des religieux, n'y ont pas participé. Les mandants du Front Populaire Ivoirien (FPI), de l'Alliance des Forces Démocratiques (AFD) de Côte d'Ivoire, du Mouvement des Forces d'Avenir (MFA), de la société civile et de l'église catholique ont refusé le principe du vote qui a permis aux représentants des partis au pouvoir et de la Ligue des Mouvements pour le Progrès (LMP) de Gervais Coulibaly, de désigner Youssouf Bakayoko à la tête de l'organe.

Deux choses importantes sautent aux yeux dans la composition du nouveau bureau de la CEI. L'absence de la société civile et des religieux et le maintien du président sortant Youssouf Bakayoko. Ces faits qui en disent long sur la place que donne le pouvoir aux religieux, à la société civile ainsi qu'aux autres Ivoiriens qui ne sont pas de son bord. Nous ne parlons pas de l'absence de l'opposition parce que nous voulons donner à notre opinion une coloration non politique. Le problème, à notre sens, n'aurait pas été aussi grave s'il ne s'agissait que de l'opposition, car entre pouvoir et opposition, le jeu est connu. Il s'agit de ne pas faire la passe à l'adversaire. Mais le bureau actuel devient problématique quand on considère que les représentants du pouvoir ont refusé de donner la présidence à la société civile pour une commission qui est dite ''indépendante''. Des confidences sur les discussions qui ont eu lieu lors des travaux sur sa composition de la Commission, l'on apprend que l'opposition a souhaité que la présidence soit accordée à la société civile. Ce que les membres du pouvoir ont refusé. Pourquoi ? La société civile serait-elle incapable d'assumer un tel poste ? Serait-elle moins crédible qu'un représentant d'un parti politique à ce poste ? Ou simplement, le pouvoir verrait-il en cela ses chances de contrôler le processus électoral lui échapper ?

Ce qui serait difficile à comprendre puisque le ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko, organisateur en chef des élections a affirmé que « ce n'est pas la CEI qui fait gagner les élections en Côte d'Ivoire ». Et Jean Jacques Touré de le rappeler sur notre page facebook. « Il y aura toujours des frustration dans ce pays. On nous dit que ce n'est pas la CEI qui fait gagner une élection. Mais diantre ! Pourquoi se battre pour avoir la présidence ? Pourquoi ne pas prendre des religieux ou des personnes de la société civile. Tout cela c'est la mauvaise foi », a-t-il posté ?

Les politiciens se moquent des religieux et de la société civile

Peut-être de la mauvaise foi, mais plus certainement une insulte à l'ensemble des Ivoiriens qui ne sont pas militants d'un parti politique, mais qui devront accepter d'être gouvernés par un président issu de la magouille des politiciens. Vu qu'incontestablement, les membres de la société civile ivoirienne sont plus nombreux que ceux des partis politiques. Hormis cette grave offense aux Ivoiriens et de la violation de leur droit, les religieux non plus, n'ont pas été considérés par les politiciens. Ceux à qui ils ont tous recours quand surviennent les querelles et les crises qu'ils provoquent. Pourtant, il est démontré que seuls les religieux peuvent permettre à la Côte d'Ivoire de réussir la réconciliation et connaître la vraie paix. La preuve avec l'Afrique du Sud. Car là où le politique a dirigé les choses, la réconciliation a été un échec. C'est le cas en ce moment en Côte d'Ivoire avec la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation. Après trois ans de mission, tous sont unanimes que la réconciliation n'a pas produit les fruits escomptés. Et ce n'est pas l'internaute Ygrec Henry qui dira le contraire. Lui qui pense que « le mieux était de prendre des chefs religieux...Là au moins, tout le monde verra clair au nom de Dieu. »

Cette attitude de ces quelques politiciens ivoiriens à vouloir tout décider pour le peuple, alors que le pouvoir en vérité appartient au peuple, soulève les questions suivantes : Quelle est la place de la société civile et des religieux en Côte d'Ivoire ? Comment la nouvelle équipe de la CEI et les élections qu'elle va conduire peuvent-elle être crédibles ? Un bon arbre ne produit pas de mauvais fruit, ni un mauvais arbre du bon fruit disent les Saintes Écritures. Et si on ne récolte que ce qu'on semé, comment le bureau de la CEI dont la mise en place a été faite dans ces conditions déplorables peut-il organiser des élections crédibles et transparentes ? société civile et les religieux ne doivent donc pas laisser faire et permettre aux politiciens de subir à nouveau aux populations les conséquences de leurs palabres aux intérêts égoïstes.

L'autre problème que soulève la composition de la nouvelle CEI est le choix de Youssouf Bakayoko pour la conduire. Si dans la forme, son élection peut-être jugée démocratique, 12 voix sur 17 comme Abdoulaye Traoré l'a saluée « 12 votants sur 17, la démocratie a triomphé au cours de cette élection », la présence du président sortant de la CEI au sein de cette institution jusqu'à sa candidature souffrent d'incongruité. Comment l'accepter ? Comment le Parti Démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), le parti d'Houphouët Boigny, le parti dit de paix, des compromis l'a-t-il maintenu ? Comment n'a t-il pas fait le sacrifice, au nom de la réconciliation, de le remplacer par une autre personne ? Comment le ministre de l'Intérieur Hamed Bakayko, dont Youssouf Bakayoko est l'oncle, a-t-il accepté la proposition, alors qu'il pouvait la rejeter ? Et comment le Président de la République, Alassane Ouattara, qui fait de la réconciliation la priorité de son programme, a-t-il laissé passer cela ? Car manifestement, la personne de Youssouf Bakoyoko est sujette à problème. Ils le savent tous. Son nom en lui-même est évocateur de la crise post-électorale qui a fait des milliers de morts. Dans son poste, Réné N'da dit (...)

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