Abidjan, le 27 avril 2026- Prenant part au débat sur le rôle du gaz en Afrique lors des réunions du printemps de la Banque mondiale et du FMI, à Washington, le 17 avril 2026, le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a réitéré l'engagement de la Côte d'Ivoire à faire du gaz naturel un pilier de sa souveraineté énergétique.
« Il faut d’abord satisfaire la demande nationale avant de liquéfier le surplus de gaz pour l’exportation. Ce choix traduit une volonté politique de faire de l’énergie un levier de transformation économique interne, plutôt qu’une simple source de devises. Autrement dit, le gaz n’est plus seulement une ressource à exporter, mais un outil au service de l’industrialisation », a expliqué Mamadou Sangafowa-Coulibaly.
Face à un déficit énergétique criant alors même que la demande, locale comme mondiale, ne cesse d’augmenter, le ministre a indiqué que le choix ivoirien est de prioriser le marché domestique : « Face à ce déséquilibre, la Côte d’Ivoire a fait un choix stratégique : rompre avec une logique d’exportation systématique pour privilégier la transformation locale. En Côte d’Ivoire, tout le gaz découvert jusqu’ici a été utilisé pour produire de l’électricité ».
A l’en croire, ce positionnement s’explique par une dynamique de demande particulièrement soutenue : « La consommation d’électricité progresse de 10 % à 15 % par an, portée à la fois par les besoins domestiques et par ceux des pays voisins, connectés au réseau ivoirien. Mais, cette croissance rapide crée une tension structurelle sur l’approvisionnement en gaz ».
La donne pourrait toutefois évoluer rapidement grâce à de nouvelles découvertes majeures, a assuré Mamadou Sangafowa-Coulibaly : « Le gisement Calao, en particulier, constitue un tournant. Avec des réserves estimées à environ 5 trillions de pieds cubes, il représente à lui seul un levier capable de transformer le paysage énergétique ivoirien. C’est suffisant pour multiplier par 3 notre production d’énergie sur les prochaines années ».
Si pour le ministre, l’enjeu est de sécuriser durablement l’approvisionnement énergétique national, tout en consolidant le rôle de la Côte d’Ivoire comme fournisseur régional d’électricité, toutefois, le développement du gaz nécessite une chaîne d’infrastructures complexes : « Nos besoins immédiats sont clairs : des pipelines, des installations de traitement et des infrastructures pour acheminer le gaz vers les centrales. Des investissements que le pays est engagé à mettre en œuvre afin d’assurer son indépendance énergétique à partir de ses propres ressources ».
Selon Mamadou Sangafowa-Coulibaly, la production de gaz naturel sur le continent africain se chiffre à 650 trillions de pieds cubes, dont plus de la moitié est destinée à l'exportation.
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