Gagnoa : Dans le secret des victimes des crises de 2002 et 2010 - Des récits poignants qui incriminent miliciens pro-Gbagbo et FRCI

  • Source: L'Inter
  • Date: sam. 15 fév. 2014
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Les victimes de la crise de 2002 muée en rébellion et celles de la crise post-électorale de 2010 de la région du Goh, sont dans le désarroi.

C'est le triste constat qu'il nous a été de faire les samedi 08 et dimanche 09 février 2014, au cours de la visite que leur à rendu le président de l'Ong coalition pour la justice et le pardon des victimes de guerre de Côte d'Ivoire (CJPVGCI) section Gagnoa, depuis leur retranchement. Aujourd'hui, quoiqu'ils aient eu la vie sauve, mais marquée à jamais, ils vivent dans l'indifférence totale de ceux pour qui ils ont pris fait et cause lorsqu'il s'agissait de les défendre.

La première victime qui nous accueille chez elle est Adesanya Sunday, né le 09/03/1987 à Bouaké. Ce jeune Nigerian pris pour mercenaire par des éléments des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (Frci) lors de leur rentrée à Gagnoa, en a fait les frais. Il traîne encore une fracture du fémur et une balle dans l'une de ses jambes. «C'était le 31 mars 2011, à 6h. Trois soldats des Frci se sont rendus chez moi, non loin du lycée de la paix. Ils m'ont intimé l'ordre de leur présenter ma carte d'identité. Ce que j'ai fait. Ils se sont aussitôt mis à me bastonner comme un animal et m'ont mis nu. Les soldats disaient que j'étais un mercenaire libérien. J'ai tenté, en vain, de leur faire comprendre que je n'en étais pas un, mais c'était peine perdue. L'un a sorti son arme de type kalachnikov et a tiré. J'ai reçu une balle dans ma cuisse et l'autre au genou. Puis, ils m'ont abandonné dans ma souffrance. Ce sont des passants qui m'ont conduit au Chr où j'ai passé deux mois. N'ayant aucun soutien, j'ai du quitter l'hôpital pour suivre la médecine traditionnelle. Je ne peux me déplacer sans béquilles. Actuellement laissé pour compte, je ne sais comment faire pour me nourrir», a relaté Sunday fondant en larmes. Il en veut terriblement à ses bourreaux, surtout au régime Ouattara qui les a laissés pour compte après des promesses sans suite. Comme à chacune de ses visites à ses membres, le président de la CJPVGCI lui a apporté des paroles de réconfort et une aide financière, dans la mesure de ses moyens.

Sans perdre de temps, la délégation a mis le cap sur le quartier ''Commerce'', au domicile de Prégnon Dassé Patrice, la cinquantaine, un fils de Gagnoa. Informaticien de son état, souffre d'une fracture ouverte suite à une balle reçue dans la cuisse le 31 mars 2011, à l'entrée des forces républicaines à Gagnoa. Il lui reste encore une intervention chirurgicale, mais faute de moyens, Patrice a remis son salut entre les mains de Dieu. A Dioulabougou, la veuve Diabaté Bintou pleure encore son époux Koné Ousmane. «Après la prière du vendredi 21 janvier 2011, mon mari m'a dit qu'il partait au champ pour donner de la nourriture à ses manœuvres. A son retour, il a été arrêté par des jeunes miliciens pro-Gbagbo du village de Gnahio Degoué (ndlr: village de la commune de Gagnoa). Comme il était à moto, ils ont lutté avec lui. Voyant qu'ils ne pouvaient pas le maîtriser, ils ont tiré sur lui à trois reprises, deux fois dans les pieds et la troisième fois dans la tête. Ses bourreaux, ont emporté avec eux la moto de mon mari. Le lendemain, je ne voyais toujours pas mon mari. On a retrouvé son corps dans la brousse. Mon mari n'a jamais été associé à une activité politique. Nous aimerons que l'Etat de Côte d'Ivoire nous aide. Ce n'est pas forcément par de l'argent, mais en nous aidant à renforcer nos activités. Nous ne demandons pas des milliards, ce n'est pas ce qui va ressusciter mon mari, mais que l'Etat nous aide en nous accompagnant dans nos activités.J'ai besoin d'un appui pour mon commerce. Avant la mort de mon mari, il y avait ses frères et sœurs à la maison. Ce n'est pas aujourd'hui qu'il n'est plus là que je vais les renier. Ça ne va pas, je m'en sors avec des dettes. Si l'Etat peut nous aider, cela nous soulagerait un tant soit peu. Faute de moyens, certains de mes enfants ne vont plus à l'école », a-t-elle confié.

Toui Bi Tra Clement est né en 1985, il habite le quartier Zapata. Coiffeur, lui aussi a subi la furia des Frci le 31 mars 2011, à Garahio. «J'ai besoin de soins intensifs pour retrouver mes facultés afin de marcher. De clinique en clinique, j'ai tout fait sans succès. Je n&r (...)

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