Opération de renouvellement ou d'établissement des CNI : Le calvaire des requérants à Abidjan, ce qui se passe dans les centres d'enrôlement

  • Source: linfodrome.com
  • Date: sam. 22 fév. 2020
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C'est un vrai parcours du combattant. Après le lancement officiel de l'opération de renouvellement ou d'établissement des Cartes nationales d'identité (Cni), lundi 17 février 2020, à l'hôtel du district, au Plateau, que de désagréments pour se faire enrôler sur le fichier national, en vue d'obtenir une nouvelle Cni.

Au centre d'enrôlement de Koumassi, au sud d'Abidjan, à la mairie technique, mercredi 19 février, une foule, pour le moins disciplinée, attend d'être reçue par les agents d'enrôlement, installés sur 3 tables faisant office de box d'enregistrement. « Ce fourre-tout-là ? C'est un cafouillage ! », nous confie un requérant, sous le couvert de l'anonymat. À l'écouter, avant toute opération, il faut qu'une vérification soit faite sur l'ancienne Cni par les agents de l'Office national de l'état civil et de l'identification (Oneci), à l'accueil. 

Ensuite, il faut attendre de longues minutes avant que l'agent revienne vous signifier si vous êtes apte à postuler ou pas. « La vérification se fait dans un flou total », peste encore notre interlocuteur. Le service commence, en effet, à 7h 30 pour finir à 16h 30, du lundi au vendredi. Aucune autre mesure n'est prise pour les personnes qui travaillent toute la semaine. « C'est le seul endroit à Koumassi. Il faut être présent à 4h du matin pour espérer se faire enrôler. Pour enrôler une personne, il ne faut pas moins de 5 minutes. Je suis arrivé à 8h, mais j'ai renoncé. C'est une confusion totale. On ne sait pas qui fait quoi », révèle cet homme d'une quarantaine d'année, qui a dû se retirer du centre d'enrôlement pour se rendre à son travail.

Déjà, et comme il fallait s'y attendre, l'opération laisse libre cours à des actes de corruption. « Il y a un business », apprend-on. « Quand tu ne peux pas faire le rang comme tout le monde, il y a une autre possibilité », souligne notre source. Il s'agit de pots de vin. Pour la plupart, ce sont des vigiles qui réceptionnent cet argent durant toute la journée.

La commune de Koumassi n'est pas la seule dans cette situation. À Abobo, c'est tout aussi difficile. Et une vague de protestation fait rage sur les réseaux sociaux, notamment. Par exemple, à Abobo, le centre d'enrôlement se trouve dans le quartier d'Abobo Baoulé. Un journaliste, parti se faire enregistrer, crie son amertume, ce jeudi 20 février. « Cni, 2e étape. Je suis à Abobo Baoulé. 8h 22mn. Impossible de me faire enrôler au motif que la liste arrêtée pour les requérants du jour est bloquée. L'agent me demande de repasser très tôt, à 6h 00, pour espérer être pris en compte. En somme, il est impossible de se faire établir la pièce d'identité à Abobo Baoulé. Messieurs de l'office, dites-nous ce qui se passe. Les requérants grognent actuellement. Je suis une des victimes ce matin. L'Oneci, vous êtes interpellé. Venez faire un tour dans ce centre », a écrit le confrère sur sa page Facebook. Avant d'ajouter que l'agent de l'Oneci affirme enrôler 45 personnes par jour.

Un problème quasi-général
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