Retour de Gbagbo en Côte d'Ivoire : Les dessous du refus de Ouattara


Le refus de l’État, est interprété comme un «coup» contre la réconciliation.
  • Source: linfodrome.com
  • Date: jeu. 31 oct. 2019
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Alassane Ouattara, pour des observateurs avertis de la politique ivoirienne, vient de rater une opportunité en or, de réconcilier les Ivoiriens, huit ans après la meurtrière crise post-électorale, en disant non au retour de Laurent Gbagbo dans son pays. Des Ivoiriens sont sous le choc et s'expliquent difficilement ce refus du gouvernement ivoirien de la requête du conseil de Laurent Gbagbo. Pour certains, ç'aurait été un grand déclic de la réconciliation, à 12 mois de la présidentielle. Totalement blanchi de tous les crimes qui lui avaient été imputés, dans le cadre de la crise post-électorale de 2010, l'ancien chef de l'État était en droit, légitimement, de vouloir regagner son pays. C'est dans cette optique que la démarche de Me Emmanuel Altit, son conseil principal, s'inscrit, en déposant, le lundi 7 octobre 2019, devant la Cour pénale internationale (Cpi), une requête de remise en liberté immédiate et sans condition de l'ancien président Laurent Gbagbo.

En toile de fond, que Gbagbo puisse participer à la vie politique de la Côte d'Ivoire, dans le cadre des élections présidentielles en octobre 2020. Quoi de plus normal! Dès lors, les conditions imposées à son client et qui l'empêchent de participer à la campagne pour la présidentielle de 2020 voire à se porter candidat, doivent être rapportées. « Il est d'autant plus crucial que soient respectés les droits de Laurent Gbagbo, notamment ses droits civils et politiques de citoyen ivoirien, que s'ouvre une période politique importante pour le pays et pour la réconciliation : celle de la préparation de l'élection présidentielle de 2020.

Le maintien du régime restrictif de liberté aurait, dans ce contexte, pour conséquence d'interdire à Laurent Gbagbo de jouer un rôle dans la vie publique et dans la réconciliation de son pays. Cela lui interdirait par exemple de participer d'une manière ou d'une autre à l'élection présidentielle à venir. Il pourrait, en effet, à la demande de responsables politiques du pays, être amené à participer à la campagne ou même, par hypothèse, à poser sa propre candidature », écrit l'avocat français, dans sa requête de 22 pages, qui est un véritable plaidoyer en faveur des droits civils de Laurent Gbagbo.

Acquitté le 15 janvier 2019, le «Woody de Mama» est assigné en résidence en Belgique, soumis à de nombreuses conditions dont son avocat demande la levée, puisque jugées arbitraires à ses yeux, étant donné que, selon lui, «aucun texte de la Cour n'impose en effet une telle situation».

Mais, en attendant la réaction de la Chambre d'appel de la Cpi, Alassane Ouattara, à travers les avocats français de l'État de Côte d'Ivoire, Jean-Pierre Mignard et Jean-Paul Benoît, a rejoint la position de la procureure Fatou Bensouda. Ces deux avocats, depuis le 25 octobre 2019, ont demandé à dire non à la révision des conditions qui ont été imposées à la libération de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé.

 

Ni acteur ni figurant…

 

Le bureau de Fatou Bensouda estime qu'ils (Gbagbo et Blé Goudé) pourraient prendre la fuite avant que ne soit tranché l'appel sur leur acquittement. L'État de Côte d'Ivoire, lui, développe 16 arguments, au terme desquels, il indique que «ceci justifie aux yeux de l'État ivoirien, de rejeter la requête déposée par la défense de Laurent Gbagbo, d'autant plus que celui-ci avait indiqué à la Chambre d'appel être prêt à être assujetti à de telles conditions». L'État ivoirien met également en avant, le fait que le «17 octobre 2019, le bureau du procureur demandait à la Chambre d'appel de rejeter la requête de la défense de Laurent Gbagbo, estimant qu'elle ne démontrait pas un changement de circonstances justifiant un réexamen des conditions mises à la charge de Laurent Gbagbo».

Et, les avocats de l'État de revenir, point par point, sur les conditions imposées à Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, à commencer par leur engagement «par écrit de se conformer à toutes les instructions et ordonnances de la Cour», «ne pas se déplacer en dehors des limites de la municipalité dans laquelle ils résident dans l'État d'accueil», «remettre au Greffe toutes les pièces d'identité dont ils disposent, en particulier leur passeport», «se présenter chaque semaine auprès des autorités de l'État d'accueil ou auprès du Greffe», «s'abstenir de toute déclaration publique...».

Mais, derriè (...)

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