Déguerpissement : Yopougon en pleine mue

  • Source: fratmat.info
  • Date: sam. 18 mai 2019
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« Yop city la belle !!! ». Cette appellation de la commune de Yopougon des années 1990 par les noceurs, du fait de la joie qu'on y vivait est-elle en train de se concrétiser à travers le nouveau visage que veut lui donner ses autorités municipales ?

La question mérite d'être posée parce qu'en effet, depuis quelques semaines, on assiste à la destruction massive de commerces et autres activités installés aux abords des voies principales et parfois annexes de la commune. Une initiative de la mairie qui, jusqu'aujourd'hui, fait planer des questions dans l'esprit des riverains et même de visiteurs. En fait, il suffit de prendre l'axe Yopougon Sable - Koweit pour se rendre compte de l'immense opération de déguerpissement en question. Sur cette voie, baraques, magasins, lavages autos, maquis, restaurants et même des boulangeries et pâtisseries installées de façon anarchique, à coût de dizaines de millions, depuis des années, ont été terrassées par les bulldozers du député-maire Gilbert Kafana Koné, premier magistrat de la commune. A côté de ces grandes bâtisses, magasins et autres, ceux qui squattaient une partie du domaine public, ont vu leurs devantures rasées du fait de l'extension illégale de leurs activités. C'est le cas de « Picasso », l'un des fast-foods qui a contribué au rayonnement de la voie Complexe - Sapeurs-pompiers, comptant aujourd'hui plusieurs restaurants, glaciers et pâtisseries modernes aux architectures séduisantes. Fait aussi marquant : que ce soit, au-delà du carrefour des Sapeurs-pompiers, un maquis géant appelé « Roland Garos », qui réunissait, toutes les nuits des centaines de noceurs et distillait de la musique à tue-tête, a quitté les lieux avec tous les petits restaurants de poulets africains, de viande de brousse, etc. qui gravitaient autour de lui.   

En plus de cette voie principale, ce sont plusieurs autres rues qui n'ont pu échapper à l'opération. Toujours dans le même schéma. Ainsi de nombreuses installations situées en bordure de la voie mairie-collège William Ponty se sont inclinées après le passage desdits engins de la mairie. Le point de vente Paris mutuelle (Pmu) curieusement installé à l'entrée du collège Newton 1 a, lui aussi été terrassé. Pareil pour la boîte de nuit Mytic, bien connue à la Rue princesse qui jouxte ledit collège. Non loin de cet endroit, la pâtisserie « Ô blé do », située au carrefour Wassakara a été obligée de laisser les passants admirer ses pétrisseurs à la tâche parce qu'un côté de son mur construit sur le domaine public a été détruit.

Au quartier Maroc, sur les traces des bulldozers de la mairie, ce sont des magasins qui ont aussi été mis au pas. Ils sont soit décoiffés, soit rasés ou réduits pour libérer le domaine public ou les emprises. Les piétons de l'axe de pharmacie Pont vagabond de la Sicogi longent désormais cette ruelle sans risque de se faire renverser par les véhicules. Les occupants des magasins à cet endroit, sommés par une mise en demeure de libérer les accotements, se sont exécutés avant même que la mairie ne passe. C'est une voie, pour le moment, libérée à moitié et facilitant la circulation. Même si le directeur technique de la mairie, Yéo Adama, entend repasser sur cette ruelle pour la libérer au mieux. 

Selon lui, l'opération va se poursuivre dans toute la commune et touchera tous ceux qui squattent le domaine public. D'ailleurs, les occupants des accotements de la rue Oasis - Carrefour Chu, du Carrefour Sodeci Ananeraie – Carrefour Lkm, de la rue Pharmacie Wakouboué – Pont Vagabond – Terminus 47 ainsi que ceux de la rue Eglise Saint André – PMI et Carrefour sable – Siporex ont été informés par courrier. La mairie les a invités, comme elle l'a toujours fait, selon le directeur technique, à prendre part à une réunio (...)

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