Jean Louis Billon déshabille la gouvernance Ouattara : « Au-delà des titres d'articles élogieux et des chiffres flatteurs, se cache une réalité bien plus dure pour les Ivoiriens au quotidien »

  • Source: linfodrome.com
  • Date: lun. 12 nov. 2018
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Dans une contribution, intitulée ''La Côte d'Ivoire commence maintenant'' et relayée sur les réseaux sociaux, Jean Louis Billon, Secrétaire exécutif chargé de la communication, de l'information et de la propagande du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI-RDA), présente un tableau sombre, qui prend à contre-pieds, les « chiffres flatteurs » et « autres articles élogieux » affichés par le gouvernement sur la situation socioéconomique en Côte d'Ivoire.

Retour au calme, croissance de 8% en moyenne depuis 2012, hausse des investissements internationaux, multiples chantiers d'infrastructures, nouveaux centres commerciaux... En apparence, la Côte d'Ivoire a les traits d'un véritable « miracle économique » adossé à une certaine stabilité politique dans une Afrique encore trop souvent frappée par les turbulences. Et c'est très logiquement qu'une partie de la classe politique s'enthousiasme du « triomphe de l'éléphant » pour reprendre un slogan souvent entendu.

Personnellement, je n'ai jamais voulu tomber dans cette autosatisfaction ambiante tendant à effacer les nombreux défis auxquels nos concitoyens sont confrontés chaque jour. La dynamique économique de notre pays s'essouffle. Le lien entre le gouvernement et la population est altéré par l'agitation sociale qui secoue notre pays. Les tensions politiques qui s'exacerbent à l'approche de la prochaine élection présidentielle ajoutent à la confusion. 
Au-delà des titres d'articles élogieux et des chiffres flatteurs, se cache une réalité bien plus dure pour les Ivoiriens au quotidien. En effet, à quoi sert-il d'être la « locomotive de l'Afrique de l'ouest » si près de la moitié de nos concitoyens vit encore sous le seuil de pauvreté ? Est-il nécessaire de rappeler que les chiffres ne se mangent pas ? On ne saurait se fier aux travaux d'envergure menés dans la lagune d'Ébrié ou à l'effervescence du Plateau pour faire un état des lieux de la situation économique et sociale du pays. Le phénomène des « microbes » à Abidjan ou le désarroi de certaines zones rurales nous rappellent pourtant chaque jour que la Côte d'Ivoire n'est pas capable de nourrir ses propres enfants.

Il est en effet urgent que le gouvernement se préoccupe plus du social et ne se satisfasse pas seulement des bonnes statistiques de la Banque mondiale et du FMI. Il est terrible de constater qu'un pays comme le nôtre ait un système éducatif d'aussi piètre qualité. Lors de l'évaluation de 2013 des connaissances des élèves effectuée par la Francophonie, la Côte d'Ivoire se situait au fin fond du classement, à la 41e place sur 44 pays évalués. En 2015, le taux d'achèvement du primaire se situait à 63,1 % en Côte d'Ivoire contre 72,6 % en moyenne dans le reste de l'Afrique. Bien que le gouvernement affirme avoir fait de la jeunesse une priorité, cette dure réalité des chiffres s'impose à nous.

Malgré de nombreuses réformes, notre système de santé n'est toujours pas en état de répondre aux besoins des Ivoiriens. Vétusté des services, sous-effectifs, désorganisation, déficit financier... Les défis sont nombreux ! Aux urgences de Cocody, 20% des patients admis y décèdent... Ce chiffre macabre en dit long sur notre impuissance à diagnostiquer les maladies graves ou à prendre à charge à temps les malades. Il suffit de voir les salles d'attente des hôpitaux se transformer en dortoir la nuit pour comprendre la gravité de la situation. Mais avec un ratio d'un médecin pour près de 6 000 habitants, comment peut-o (...)

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