Reportage / Prostitution juvénile à Marcory : A la découverte d'un ''marché'' de filles mineures en Zone 4

  • Source: linfodrome.com
  • Date: jeu. 18 oct. 2018
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Le quartier Zone 4 dans la commune de Marcory, est connu comme l'épicentre de la prostitution à grande échelle à Abidjan. Une triste renommée consacrée par la pléthore de bars de strip-tease et de maisons closes qui pullulent les artères de ce quartier. Une incursion dans cet univers où se côtoient sexe, alcool et drogue, dévoile l'ampleur du recrutement, de plus en plus, de mineures par des proxénètes pour entretenir ces espaces.

Mardi 20 mars 2018, il est 23h, lorsqu’en quittant le bureau, nous sommes témoin d’une scène des plus intrigantes. Un ressortissant d’un pays arabe, la trentaine révolue, pris à partie par des vigiles de sociétés jonchant la rue Louis Lumière, à Marcory Zone 4C. La raison, l’homme serait un pédophile et aurait tenté d’abuser de deux mineures âgées entre 13 et 15 ans. Au moment où nous nous enquerrons auprès des uns et des autres, pour mieux cerner les contours de cette affaire, le présumé pédophile réussit à s’extraire des mailles de ses ‘’bourreaux’’ et à disparaître dans la pénombre. Toutefois, nous recueillons les témoignages des deux fillettes. Des confidences des ces mineures qui écœurent à bien d’égards et donnent froid dans le dos. « Chaque nuit, le tonton blanc-là, nous invite ici, pour nous donner de l’argent. Mais, avant de nous remettre l’argent, il nous demande de mettre son s... dans notre bouche et de ‘’tirer-tirer’’ », révèle Mouna, l’une d’entre elles, avant que Nahomie, la seconde fillette ne confie : « Il (le pédophile) a promis de nous trouver du travail si on acceptait ce qu’il nous disait». Sidéré par ces propos et convaincu que le phénomène de pédophilie continue de prendre de l’ampleur, nous décidons de faire une incursion dans des espaces des rues du célèbre quartier Zone 4 où essaiment des bars de strip-tease et autres maisons closes.

Rue Paul-Langevin, samedi 15 septembre 2018, la nuit tombe sur ce lieu chaud où flotte une forte ambiance de fête. Une flopée de filles se fraie du chemin, à travers une file de véhicules, à quelques encablures d’un supermarché, pour prendre d’assaut restaurants, discothèques et surtout bars où se monnaie le charme. De plus en plus de filles, à peine sortie de l’adolescence figurent au nombre de ces travailleuses de nuit dont la majeure partie se laisse prendre dans l’étau de la prostitution juvénile. Une adolescence sexuellement à vendre que nous rencontrons dans un des mythiques établissements de la rue Paul-Langevin. Ici, l’éclairage est tamisé. Et la musique assourdissante. Une ribambelle de filles se déhanche sur la piste de danse. Quand d’autres fument un joint ou consument un nombre incalculable de cigarettes. Deux d’entre elles perchées sur des talons aiguilles, en minijupe et en robe transparente, se livrent à des jeux de scènes osées sur un mat. Un véritable exercice de trapéziste qui suscite une sorte d’hystérie au sein de cette clientèle composée essentiellement d’expatriés. Dans ce lieu de tous les excès-excès de paroles, de boisson et de sexe-certains prennent la liberté de refaire le monde. Quand d’autres déshabillent la société, la dissèque, la reconstitue et la remodèle. Juste le temps de prendre un verre et de deviser avec un confrère qu’une dizaine de mineures dont l’âge oscillent entre 13 et 15 ans, s’installent dans un des salons feutrés de cet endroit voué à la prostitution. Ces mômes aux sourcils tracés exagérément au crayon noir et le visage couvert de talc donnent l’impression de préparer un assaut pour traquer ‘’une proie’’, comme on surnomme ici le client. Un sentiment qui se justifie lorsque nous apercevons un homme derrière le comptoir faire d’incessants gestes du bras.

 

Entre proxénétisme et bordel oriental. Cet homme n’est autre que le maître des lieux. Un proxénète très célèbre qui a fait fortune dans ce juteux business. Une poignée de minutes que deux des filles s’installent à nos côtés. «Bonsoir messieurs, on peut vous faire un massage ? », interroge une d’entre elles. Puis l’autre de renchérir : « Massage plus b… ou partouze, c’est juste 50 mille FCfa ». Nous leur répondons avec une dose d’ironie que cela revenait cher pour une simple partie de jambes en l’air. La première qui s’était adressée à nous, fronce les sourcils, et rétorque : «Ici, ce n’est pas Yopougon ou Adjamé Bracodi. Et nous ne sommes pas des Ghanéennes ou des Nigérianes ». Un ton inamical qui sort le confrère en notre compagnie de ses gonds. Franck, un noceur habitué des lieux hot dont nous avions préalablement fait la connaissance, à l’entrée du bar, en lui expliquant les motivations de notre immersion, a suivi la scène. Il se convainc que les choses risquent de tourner au vinaigre. Aussitôt, il intervient pour calmer le jeu. Les deux belles de nuit, loin d’être des enfants de choeur, sont priées de quitter notre salon. «Faîtes attention ! Ces filles sont très dangereuses. Les proxénètes ont de plus en plus recours aux mineures. Des filles de 12 à 15 ans dont raffolent les pédophiles ». Et de préciser : « Concernant ces deux filles, leur patron les tient en laisse en les soumettant à une prise considérable de drogue pour se ‘’taper’’ le maximum de clients en une soirée ». Prenant place à nos côtés, Franck qui nous sert de fixeur, laisse entendre: «Avant les choses étaient florissantes. De nombreuses filles ont fait fortune dans les bars de strip-tease. Il y en a même qui ont réussi, après avoir travaillé pendant des années pour quelqu’un, à créer leurs propres bars. D’autres aussi ont rencontré des Blancs avec elles ont refait leur vie. Je connais une des prostitu&eacut (...)

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