Pour casser la grogne des ex-combattants mécontents, Ouattara donne des consignes fermes aux chefs militaires
Le plan de Chérif, Wattao, Zackaria, Morou...


Le plan des nouveaux patrons d’unités et de bataillons pour désamorcer les grognes est rejeté par les chefs de démobilisés de Korhogo
  • Source: L'Inter
  • Date: lun. 06 fév. 2017
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L'Exécutif ivoirien n'entend plus se laisser surprendre par un soulèvement de soldats, qu'ils soient issus de la période de la rébellion ou de la crise post-électorale.

Si l'on en croit une source militaire, des instructions fermes auraient été données dans ce sens par le chef de l'Etat, Alassane Ouattara, aux nouveaux patrons des grands commandements nommés en mi-janvier dernier. « Les ex-com zones promus à la tête d'unités spéciales et de bataillons de sécurisation ont pour mission de calmer les éléments ayant servi sous leurs ordres pendant la rébellion et même la crise post-électorale. La responsabilité de toute grogne venant de ces éléments sera imputée directement à leurs anciens commandants. Le président a été très clair la-dessus », fait savoir notre informateur. Sur le terrain, la menace du chef de l'Etat, ou du moins la consigne est prise très au sérieux. Des actes sont posés dans la discrétion pour mériter la confiance du premier magistrat ivoirien. Il revient que les ex-commandants de zone Chérif Ousmane, Issiaka Ouattara (Wattao), Morou Ouattara, Koné Zackaria et même Gaoussou Koné (Jah Gao) sont descendus dans l'arène à l'effet de contenir toute action des mécontents, qu'ils soient soldats intégrés ou démobilisés. Leur stratégie, apprend-on, consiste à amener les ''durs'' de l'ex-rébellion dont ils sont très au fait des hauts actes de guerre de 2002 à 2011, à renoncer à toute manifestation de rue, et partant, de paralysie du pays.

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Pour les faire revenir dans la République et casser le vaste mouvement de mécontentement qui se profile à l'horizon, chaque ex-commandant promet à toute ''recrue'' maintenant courtisée, un matricule et un mécano (documents militaires de paie ndlr). Toute chose qui leur avait été jusque-là refusée pour des critères d'âge et de niveau d'études. « Les commandants savent parmi les meneurs des démobilisés de qui le danger peut venir. Ils ont tous commencé à appeler leurs anciens éléments au sein de la ''Cellule 39'' pour les rejoindre. A partir du moment où le chef d'hier promet matricule et mécano, certains estiment que rester dans la grogne est une aventure sans issue. Cela a le mérite de réduire le rang des mécontents », susurrent des proches des anciens com-zones récemment promus par le président Ouattara. Lesquels ont confirmé l'opération de charme en cours de leurs patrons auprès des éléments de la ''Cellule 39'' dont ils s'étaient séparés et qui, jusque-là criaient leur désarroi sans trouver d'oreilles disposées à les écouter et à les entendre. « Ça chauffe maintenant dans le rang de la ''Cellule 39'' parce que beaucoup reprochait au régime de les avoir abandonnés. Maintenant qu'on leur promet le matricule et le mécano, ils vont donner dos à ceux qui voudront frapper le pouvoir. Le problème de la ''C39'' est, pour nous, réglé. Elle (la cellule) va finir même par imploser », pensent nos informateurs.

 

Faire contre mauvaise fortune bon coeur

Du côté des concernés, sur place dans la capitale des savanes (Korhogo), à 635 km de la capitale économique (Abidjan) d'où les tractations sont menées par l'actuel patron du 1er Bataillon des commandos parachutistes (Bcp), le lieutenant-colonel Ousmane Chérif, et ses pairs ex-chefs de guerre promus, l'on confirme les grandes manœuvres en cours par leurs anciens commandants de zone. « Chacun des commandants nommés à la tête des unités, essaie de convaincre ses éléments. Plusieurs parmi nous ont été appelés et des propositions concrètes d’intégration avec matricules et mécano leur ont été faites. Moi-même, un commandant m'a demandé de le rejoindre avec mon groupe à sa base à Abidjan. Il dit avoir de bonnes nouvelles pour nous. On le sait, c'est pour nous proposer les matricules et mécanos qu'on nous a refusés, hier», glisse sous l'anonymat un ex-homme de main d'un haut gradé de l'Armée, venu à Korhogo comme plusieurs autres délégués de démobilisés dans le cadre des négociations en cours avec le gouvernement. Puis, il révèle que dans son groupe, les éléments sont divisés. Certains estimant qu'il faut saisir la perche tendue.

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Là où d'autres flairent le danger d’une scission de la ''C39'' pour l'affaiblir, et ne plus satisfaire les revendications formulées. Notamment, le paiement de primes de guerre pendant la rébellion et la descente sur Abidjan (prime Ecomog) aux (...)

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