Meurtre de Rayan Yassine à Assinie : Le policier condamné à 15 ans de prison ferme
Ses parents pleurent au cours de l'audience


Le policier condamné pour avoir tiré sur Rayan (Photo d'archives pour illustrer l'article)
  • Source: Soir Info
  • Date: sam. 15 oct. 2016
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Le couple Yassine peut désormais dormir en paix. Il a obtenu justice, après cinq (5) mois de torture morale.

Le tribunal militaire d'Abidjan (Tma) a condamné, au terme de deux jours de procès (les lundi 4 et mardi 11 octobre 2016), le sergent chef, Koumi Gnou Bléoué Edouard, à 15 ans de prison ferme, pour le meurtre de Rayan Yassine, tué dans la nuit du 15 au 16 mai 2016, sur la plage d'AssinieSon collègue Daly Dimy Bonaventure, poursuivi pour ''omission de secours et violation de consignes'', a été plus chanceux. Il a écopé de six (6) mois d'emprisonnement militaire.

Les deux policiers inculpés, ont un délai de cinq (5) jours pour saisir la Cour Suprême pour cassation. C'est main dans la main que le couple est sorti de la salle d'audiences après le verdict du président du tribunal, Kouadio Koffi. Mais pour arriver à ce verdict, le procès a duré 9 heures  (9h35 à 18h40).

Ce mardi 11 octobre, à 9 h déjà, la famille de Rayan Yassine, jeune écolier de 13 ans qui a perdu la vie, sur la plage d'Assinie, suite à une balle logée dans la tête, avait pris place dans la salle d'audiences du Tma, ainsi que les avocats de la partie civile et de la défense. C'est dans cette atmosphère que le président du tribunal fait son entrée, accompagné des jurés. Il est 9h35mn et le procès peut commencer en présence du commissaire du gouvernement et d'un greffier.

Le sergent chef Koumi Gnou Bléoué Edouard, principal accusé est appelé à la barre. A la question du président du tribunal de savoir qu'est-ce qui s'est passé dans la nuit du 15 au 16 mai 2016 sur la place de la ville balnéaire d'Assinie, le principal accusé répond qu'il était là parce qu'il avait reçu pour mission d'assurer la sécurité dans cette zone. Mais qu'il n'était pas seul, et assumait cette responsabilité avec son collègue Daly Dimy Bonaventure. Depuis donc 17h30mn, ils avaient été envoyés par le commissaire Dao Soridio, pour assurer la sécurité sur la plage. Cette disposition sécuritaire avait été décidée par son chef hiérarchique pour apporter un renfort à la Garde de la sécurité présidentielle (Gsp) à cause de la présence du président de la république en sa résidence privée d'Assinie, pour le week-end de la Pentecôte et de la menace des djihadistes qui, deux mois avant, avaient attaqué la ville de Grand-Bassam.

Si tout s'est bien passé dans la journée, à 1h du matin du dimanche 15 au lundi 16 mai 2016,  les choses vont prendre une autre tournure, explique toujours le sergent chef, quand un quad (véhicule motorisé à 4 roues) va surgir de l'obscurité. « Malgré le signal de la lampe torche, l'engin fonçait toujours sur moi. C'est donc pour les dissuader, que j'ai fait sortir mon arme. Je n'avais pas l'intention de tirer sur les occupants. Mais comme l'engin fonçait toujours sur moi, c'est dans un état de déséquilibre que le coup de feu est parti », raconte le sergent chef.

Le père de la victime a du mal à se tenir sur sa chaise. Certains membres de la famille également. L'un des avocats de la partie civile approche, et leur demande de se calmer à travers des gestes de la main. « Je regrette cet acte malheureux. Je ne l'ai pas fait de façon volontaire. Rayan peut être mon enfant. Je suis policier depuis 2004, et j'ai été muté à Assinie depuis 2009. Je ne suis pas un meurtrier », insiste le principal accusé, pour sa défense.

« Le rapport de l'expertise dit le contraire. La victime a reçu la balle à l'arrière de la tête et elle est sortie par devant. Depuis l'enquête préliminaire vous dites que vous n'avez pas fait un tir tendu, mais le point d'entrée de la balle est à l'arrière de la tête », soutient le président du tribunal qui cherche à amener l'accusé a dire ce qui s'est réellement passé. « Le coup est parti involontairement. Car, à ce moment là, je ne contrôlais plus le canon. Je croyais qu'ils voulaient me tuer. Mon intention première, n'était pas de tirer », soutient toujours le policier. 

 

Ange Kessi sans pitié

Il ne fallait pas plus pour irriter le commissaire du gouvernement, Ange Kessi, a qui le président du tribunal avait demandé s'il avait quelque chose à dire. « Un policier est formé pour affronter les dangers. Dis au président lequel de tes doigts a appuyé sur la gâchette », demande Ange Kessi, avec fougue. En l'absence de réponse, le président du tribunal affirme que le sergent chef Koumi Gnou Bléoué Edouard « avait résolu de tuer les enfants ». Mieux, il dit ne pas comprendre la thèse développée par l'accusé ,de ce que des adolescents partis en week-end avec leurs parents, aient décidé de tuer des policiers.

Le père de la victime, étreint par la douleur, et contenant difficilement sa colère sort de la salle d'audiences, suivi par son ami intime. Cette sortie qui ne perturbe en rien le bon déroulement de l'audience amène le président du tribunal à affirmer que « le sergent c (...)

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