Parti réunifié, réforme constitutionnelle... : Le député Kramo Kouassi : « Une alternance en 2020 par le simple jeu de promesse me semble illusoire »
« Le PDCI doit prendre son destin en main »


(Photo d'archives)
  • Source: L'Inter
  • Date: jeu. 31 déc. 2015
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L'Honorable Kramo Kouassi fait partie des élus et cadres du Pdci-Rda dénommés les ''irréductibles'' pour avoir choisi de ramer en contre-courant de l'appel lancé à Daoukro par leur président, Henri Konan Bédié. Ce dernier ayant favorisé la candidature unique du président Alassane Ouattara, réélu à l'élection présidentielle du 25 octobre dernier.

Directeur de campagne du candidat Essy Amara, qui a jeté l'éponge à quelques jours du scrutin, le député de Bocanda ne cache pas ses regrets dans cet entretien à travers lequel il se prononce sur les sujets brûlants de l'actualité.

 

Honorable, vous étiez le directeur national de campagne du candidat Amara Essy, qui s'est retiré de la course avant le scrutin. Dans quel état d'esprit avez-vous accueilli cette décision? 

Très déçu. Nous espérions présenter, au cours de la campagne, notre vision pour la Côte d'Ivoire et au peuple du Pdci-Rda, notre parti, les raisons pour lesquelles il nous paraissait absolument inacceptable que le Pdci-Rda fût absent à cette élection présidentielle. Hélas! Nous n'en eûmes pas l'occasion, le candidat ayant estimé que les conditions d'organisation de ce scrutin n'offraient pas les conditions minimales de transparence pour être utile à la démocratie.

 

Était-ce la bonne décision? 

C'était lui le candidat. Il a pris cette décision après avoir constamment appelé à une amélioration des conditions d'organisation de ce scrutin, sans avoir été entendu. 

 

Ce scrutin a vu la victoire du candidat Alassane Ouattara avec un score de plus de 80% et un taux de participation de 52%. Quelle analyse avez-vous faite de ces résultats?

J'ai seulement regretté que, pour les raisons que j'ai évoquées plus tôt, les candidats de poids se soient tous retirés, enlevant ainsi tout suspense à cette élection présidentielle. N'est-ce pas qu'à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire?

 

Vous avez été nombreux, les cadres du Pdci qui vous êtes affichés aux côtés du candidat Amara Essy dans sa fronde contre la direction du parti. Au résultat, avez-vous des regrets? 

Il ne s'agissait pas d'une fronde contre la direction du parti. Nous avons estimé qu'il était périlleux pour le Pdci-Rda d'être absent à cette élection en se scarifiant au profit d'un autre parti. C'est nantis de cette conviction que nous avons décidé de porter la candidature de ce cadre de notre parti à ce scrutin. Si j'ai des regrets? Oui! Ceux de n'être pas allés au bout de cette entreprise.

 

On vous a retrouvé au Bureau politique du Pdci du 17 novembre dernier, le premier après l'élection présidentielle. Est-ce le retour au bercail? 

Retour au bercail, dites-vous? J'ai promu la candidature d'un cadre du Pdci-Rda, membre des hautes instances de ce parti, avec pour seule ambition que la philosophie du Pdci soit présente à cette occasion spéciale de la vie politique nationale qu'est le premier tour de l'élection du président de la République. J'étais donc pleinement présent au Pdci. On ne saurait donc parler de retour.

 

Au cours de ce Bureau politique, le président du Pdci a lancé un appel à la réunification du Pdci-Rda par le retour des autres partis. Cet appel ne semble pas entendu par les autres partis, en l'occurrence le Rdr qui le refuse catégoriquement. Quelle analyse faites-vous de cette situation?

Je comprends parfaitement la position du Rdr sur le sujet. Ce parti démontre bien qu'il a le sens des responsabilités vis-à-vis de ses militants, comme l'a rappelé son secrétaire général. Les partis se constituent avec pour objectif la conquête et l'exercice du pouvoir d'Etat. Le Rdr a conquis le pouvoir et est en train de l'exercer. Cet objectif, qui est commun à tous les partis politiques dignes de ce nom, installe entre eux un rapport de force. Je ne vois pas comment, dans l'état actuel des rapports de force entre ces deux partis, on peut espérer que le Rdr accepte de se saborder pour se fondre dans le Pdci. Dans la parabole de l'enfant prodigue, celui-ci revient à la maison du père après avoir dilapidé tous ses biens. Ici, c'est le fils qui détient tous les biens, qu'il a su faire fructifier, alors que le père se trouve dans le dénuement et doit lui tendre la main.

 

Voulez-vous dire que le projet de réunification est mal parti?

C'est peu dire. Dans ce quiproquo, le Pdci-Rda estime que le Rdr lui doit l'élection au premier tour, de son candidat. Au Rdr, on pense au contraire que leur champion a été élu grâce à son propre bilan, de sorte que les prétentions de leur allié leur paraissent surfaites. Là encore, le Rdr se montre politiquement adroit. En effet, dans un régime présidentiel comme le nôtre, où le président est élu au suffrage universel direct, le premier tour de l'élection du président de la République est la seule occasion pour chaque parti sérieux d'évaluer ses forces. Et c'est cette évaluation qui permet de fonder objectivement des prétentions au moment du partage du gâteau, en cas de coalition. C'est ce qui s'est passé en 2010. Cette fois, le Pdci-Rda ayant sacrifié cette occasion au profit du Rdr, se retrouve à la merci de ce dernier qui lui dénie opportunément toute prépondérance dans les résultats obtenus. C'est bien ce genre de déboires que les irréductibles avaient entrevu et voulu prévenir en insistant pour que notre parti ait son propre candidat au premier tour de l'élection, ainsi que le prévoient les accords qui fondent le Rhdp.

 

Doit-on dire, avec recul que le temps vous a donné raison, Charles Konan Banny, Amara Essy, Kkb, Jérôme Kablan Brou et vous-même, surnommés les irréductibles?

Je sais pas si le temps a assez coulé pour établir son verdict, mais on en voit les prémisses.

 

Que pensez-vous de l'alternance en 2020 envisagée aussi par le président Bédié?

Je ne comprends pas ce que représente ce concept dans le contexte de réunification telle que souhaitée par le président du Pdci-Rda. S'il y a réunification, on ne peut plus parler d'alternance à l'intérieur du même parti, à moins qu'il s'agisse d'une alternance ethnique. Peut-être que le président anticipe là les difficultés que nos alliés feraient à son vœu de les voir retourner au Pdci. Dans ce cas aussi, je ne vois pas du tout comment ceux qui ont si outrageusement méprisé le Pdci pourraient, par la suite, s'auto-mutiler pour lui offrir le fauteuil présidentiel en 2020. Donc, une alternance au pouvoir en 2020 au profit du Pdci-Rda par le simple jeu de promesse me paraît bien illusoire.

 

Quel est donc votre pronostic pour l'avenir? Comment voyez-vous l'après Ouattara? 

Pour moi, les jeux sont ouverts. Le Pdci-Rda doit tirer les leçons des positions "entre deux portes" qu'il a prises ces dernières années et qui lui valent d'avoir perdu tant de terrain sur l'échiquier politique national. Il doit prendre franchement son destin en main. Le Pdci se trouve dans la situation où son président ne peut plus être candidat à l'élection présidentielle. Il doit donc, très rapidement, se trouver un champion pour la prochaine présidentielle. Celui-ci devra engager la reconquête du pouvoir par la remobilisation  de nos

troupes. Le Pdci-Rda reconquerra le pouvoir en 2020 s'il sait se mettre résolument en marche sur ses propres valeurs.

 

Quel regard portez-vous sur la réconciliation en Côte d'ivoire ?

La réconciliation en Côte d'Ivoire demeure un projet.

 

Le président de la République a, dès sa réélection, décidé d'en faire encore une priorité. Devrait-on conclure que, durant son premier mandat, ce chantier aura été un échec ?

Vous l'avez dit vous-même. Un échec patent!

 

Des consultations ont lieu depuis quelques semaines entre le chef de l'Etat et des couches de la société ivoirienne. Qu'attendez-vous de ces consultations?

Que le président tienne compte des suggestions qui lui sont faites par les populations qu'il rencontre.

 

Ces interlocuteurs du chef de l'Etat préconisent tous la grâce présidentielle pour les prisonniers politiques. Que pensez-vous de cett (...)

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