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Politique

Présidentielle 2015 / Affi N'guessan : « Les conditions sont meilleures qu'en 2010 » - « Il faut juger les institutions sur leurs actes »

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A quatre semaines des élections présidentielles prévues pour le 25 octobre prochain, le président du Front populaire ivoirien (Fpi), candidat à ce scrutin, se prononce, dans cet entretien, sur l'actualité politique du moment. Il partage ses espoirs quant à un scrutin apaisé pour le changement qu'il souhaite au terme de cette échéance.

Certains de vos camarades dénoncent les conditions dans lesquelles les élections se préparent. Ils récusent, notamment la Commission électorale indépendante (Cei), le Conseil constitutionnel et la caporalisation des médias d’État.  Quel est votre avis sur ces réserves que les autres émettent ?  

Evidemment, ce sont des réserves qui sont fondées. On ne peut pas dire que les conditions électorales en Côte d'Ivoire sont idéales. Mais, de mon point de vue, elles sont meilleures qu'en 2010. En ce qui concerne l'aspect sécuritaire, en 2010, le Nord était fermé pratiquement aux autres candidats, les com'zones existaient formellement, officiellement, et exerçaient l'autorité politique et militaire. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. La police et la gendarmerie sont déployées, même s'il leur faut améliorer les moyens. Mais, ce sont elles qui assurent officiellement l'ordre public. Ensuite, nous notons, au niveau de la communauté internationale, une forte mobilisation pour faire en sorte que l'élection présidentielle de 2015 soit véritablement transparente, démocratique, et que ce scrutin ne souffre d'aucune contestation de manière à ce que la Côte d'Ivoire sorte définitivement de la transition de fait dans laquelle elle se trouve. Donc, beaucoup d'effort sont faits aussi bien au niveau de la Cei que de l'observation électorale. Une plate-forme a été mise en place pour suivre pratiquement, en temps réel, le déroulement de la campagne, du scrutin, la comptabilisation parallèle des résultats du vote… La Cei, en relation avec les organisations internationales, vient de mettre en place des appareils pour le contrôle biométrique des électeurs. Donc, il y a un ensemble de dispositifs qui m'amène à dire, certes il n'y a pas de risque zéro, mais il faut juger les institutions sur leurs actes. Il faut les mettre à l'épreuve, et personnellement je pense que l'expérience malheureuse de 2010 devrait logiquement incliner tout un chacun à avoir une attitude qui favorise des élections apaisées et transparentes. 

 

Parlons de la situation sécuritaire, on se rappelle que vous aviez été empêché de rentrer à Odienné, il y a quelques mois ; vous aviez prévu un meeting à Abobo, qui n'a jamais eu lieu. Pensez-vous pouvoir faire campagne sur toute l'étendue du territoire dans le contexte actuel ?

Pour le moment, partout où je suis passé, il n'y a eu aucun incident. J'envisage d'aller aussi au Nord. Donc, je verrai sur place comment la situation sécuritaire a évolué depuis ces premiers moments de 2013 où je venais de sortir de prison et où je considère que l'atmosphère était un peu tendue. Nous verrons, en 2015, où on en est avec la situation au Nord et nous aviserons. 

 

Vous venez d'effectuer une série de tournées dans plusieurs régions du pays. Etes-vous satisfait de l'accueil réservé à votre candidature

Les Ivoiriens, de façon générale, souhaitent le changement. Il nous appartient, nous acteurs politiques, de les convaincre de notre capacité à incarner ce changement, de les motiver pour qu'ils aillent effectivement voter afin qu'ils opèrent eux-mêmes le changement qu'ils attendent. 

 

Dans le camp de l'adversaire en face, on parle de l'opération ''Takokélé'' ou ''un coup KO'' au premier tour. Pensez-vous qu'il y aura un poids en face avec la dispersion dont font preuve les opposants que vous êtes ?   

La volonté de gagner au premier tour exprimée par le candidat sortant est de la pure propagande. Tout le monde sait, en Côte d'Ivoire, compte tenu de la géographie politique, qu'aucun candidat à une élection présidentielle ne peut gagner au premier tour. Donc, nécessairement, nous irons à un 2nd tour, quel que soit le niveau de dispersion des voix. La dispersion des voix va jouer seulement sur le score de celui qui va arriver au 2ème tour à côté du candidat sortant. Puisque la dispersion ne profitera nullement au candidat sortant. Son défi, c'est de gagner plus de 50 %. Or, aujourd'hui, il ne peut pas gagner plus de 50 % au premier tour. Donc, que les 50 % autres se dispersent entre 3 4 ou 5 candidats, ce n'est pas ça qui importe. Ce qui est important, c'est que le candidat sortant ne peut pas réunir plus de 50 % de l'électorat au premier tour. Parce que, d'abord, il n'a pas convaincu ceux-mêmes qui ont voté pour lui en 2010. La désillusion est totale dans son propre camp, à telle enseigne que, soit ceux-là votent pour l'opposition en 2015, ou alors ils pratiquent l’abstention. Deuxièmement, dans le camp de ceux qui ont voté pour le président Gbagbo, le président sortant n'a effectué aucune percée. Puisqu'il n'a rien fait pour séduire ou convaincre cet électorat. En plus, cet électorat-là, puisqu'il est celui qui a transféré le président Gbagbo à la Cour pénale internationale (Cpi), ne peut nullement voter pour lui. Or, eux-mêmes créditent Gbagbo de 46 % en 2010. Alors, comment avec ses partisans démobilisés et une opposition radicalisée, le président sortant peut-il espérer gagner au premier tour ? Il ne peut pas gagner au premier tour, et je pense qu'il est bien parti pour perdre cette élection. 

 

Justement, pour qu'il perde cette élection, (...)

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