Hier à la CPI / Blé Goudé fait de graves révélations : ''Moi, j'ai les preuves...''


Charles Blé Goudé a plaidé sa cause devant les juges de la CPI
  • Source: Soir Info
  • Date: vend. 03 oct. 2014
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Au 4è et dernier jour de l'audience de confirmation des charges contre lui à La Haye, siège de la Cour pénale internationale (Cpi), Charles Blé Goudé s'est adressé à la Chambre préliminaire I de la Cour. Pendant un peu plus d'une heure, le leader de jeunesse pro-Gbagbo a vivement critiqué l'attitude de l'accusation dont il a contesté les preuves, non sans appeler les juges à infirmer les charges. Nous vous proposons de larges extraits de son intervention.

Madame la présidente (…) C'est ici à La Haye que je suis en train d'apprendre beaucoup de choses. Donc, avoir l'éternel des Armées est un crime contre l'Humanité ? Je ne savais pas. Que fait-on du fameux et célèbre Psaume 23 : ''L'éternel est mon berger. Je ne crains aucun mal. Ce n'est pas de moi. C'est dans le livre saint. C'est pourquoi on m'a emmené ici ? Donc, tout çà pour çà ? Deuxième précision. J'ai entendu le Procureur dire que depuis la prise du pouvoir de Gbagbo en 2000, il avait un seul projet : comment se maintenir au pouvoir. Par tous les moyens, y compris la force. Non ! Non ! Non ! Ce n'est pas vrai. Je suis assis ici, Il ne faut pas tronquer l'histoire de la Côte d'Ivoire devant moi. C'est Alassane Ouattara, depuis la prise du pouvoir de Gbagbo en 2000, qui voulait l'enlever du pouvoir par tous les moyens y compris la force. Moi, J'ai les preuves de ce que je dis. Près de 4 tentatives de Coup d'Etat de 2000 jusqu'à ce qu'on arrive à 2002 où Gbagbo Laurent devait être reçu par le Pape. Le Pape reçoit-il des assassins ? Mme la Présidente, ce n'est donc pas vrai ce qu'on vous raconte. J'ai tenu à faire cette précision puisque dans cette Cour où je m'attendais à ce qu'on me juge pour des crimes contre l'Humanité, on est venu faire le procès de mes rapports avec le président Gbagbo. Mais, si on doit envoyer ici à la Cour tous ceux qui fréquentent Gbagbo Laurent, la Cpi sera (...). Hamed Bakayoko, il fréquente Gbagbo Laurent, actuel ministre de l'Intérieur d'Alassane Ouattara. Et, ce n'est pas l'expert indépendant qu'on a présenté tout à l'heure, Zoro Bi Epiphane qui dira le contraire. Guillaume Soro, actuel président de l'Assemblée nationale. Il a été Premier ministre de Gbagbo Laurent, Premier ministre d'Alassane Ouattara, et qui a été allaité au sein politique de Gbagbo Laurent, fréquentait Gbagbo Laurent. Peut-être même plus que moi et il n'est pas ici. Pourquoi ? Blé Guirao, membre de l'Udpci, parti allié à Alassane Ouattara fréquentait Gbagbo Laurent. Pourquoi il n'est pas ici ? (….) Gbagbo Laurent est connu pour avoir le cœur ouvert. J'étais là un samedi quand il recevait Alassane Ouattara. Pourquoi il n'est pas ici puisque lui aussi le fréquente ? (…) On m'a dit ici, ''Blé Goudé a accusé M. Alassane Ouattara d'être un farceur. Blé Goudé a pris un matelas pour aller faire une grève de la faim devant l'Ambassade de la France''. Mme la présidente, est-ce qu'il y a une action plus pacifique qu'une grève de la faim ? (….) Pendant la campagne, ce qui se passe est qu'on critique les actions de chaque adversaire. Est-ce qu'il y a un article dans le traité de Rome pour condamner cela ? Est-ce qu'il y a un article qui condamne ceux qui prennent un matelas pour faire la grève de la faim ? Je veux savoir, mon âme souffre. Pourquoi vous m'avez emmené ici ? Pour faire le procès d'une casquette noire, ça veut dire que c'est un coup. Mais, respectez la Cour pénale internationale (…) On dit qu'''il distille la haine''. Où sont les vidéos de la haine ? Je n'ai pas encore vu (…) On me montre des photographies (…)

 

''Ce n'est pas moi qui ait envoyé la violence en Côte d'Ivoire''

Je vous demande pardon Mme la Présidente. Que l'on oriente les regards là où il y a la vraie violence. Qui a introduit la violence politique en Côte d'Ivoire ?C'est une question à laquelle on doit répondre. Soyons la fièvre, évitons de casser le thermomètre. Réclamons les dents de la panthère à celui qui a mangé la tête. Ce n'est pas moi qui ait envoyé la violence en Côte d'Ivoire (…) Je ne suis pas le criminel qu'on veut vous présenter. Pour le respect des victimes décédées, pour panser les meurtrissures physiques et morales (…), je comprends Mme Massida (représentante des victimes : Ndlr). Elle a été trompée. Parce qu'ici, on nous a présenté un expert indépendant, un juriste indépendant. La Cour pénale internationale est notre Cour de justice. Il n'y a pas les bons et les mauvais . Quand on vient ici et qu'on dit que les gens sont indépendants, il faut le prouver parce que, c'est le monde entier qui nous regarde. Cette Cour doit être respectée. Quand on prête serment pour dire qu'on est indépendant, on doit vraiment être indépendant. Zoro Bi Epiphane qu'on a présenté ici comme un indépendant. A un meeting ouvert du parti de Ouattara, il a montré sa carte de militant d'Alassane Ouattara, il a même tenté d'être candidat sous la bannière du parti de Ouattara à Sinfra, sa ville. Est-ce que quand on est militant d'un parti politique, on peut être indépendant ? (…) C'est à son parti que je suis opposé. Quel conseil il peut donner ? Parce qu'il y a ce qu'on appelle les personnes ressources. Je considère que Massida ne connaît pas la Côte d'Ivoire. Donc, elle a besoin de personnes ressources qui peuvent la guider. Mais, si la personne ressource elle-même, a un parti pris, on ne peut avoir que de tels résultats (…) Beaucoup a été dit sur moi Mme la Présidente. A ce stade de mon propos, je me pose une question. Quand j'ai fini d'écouter le procureur, je me rends compte que mon arrivée ici est le résultat d'une loterie judiciaire. Malheureusement, le procureur a parié sur le mauvais cheval. Je me pose une question. Quel monde voulez-vous bâtir ? Pour nous qui écoutons la Justice. Un monde où il nous faut seulement apprendre à gagner sans avoir raison ? Comme le disait Cheick Hamidou Kane dans son célèbre roman, L'aventure ambiguë ? Sommes-nous dans un monde ambigu ? Ce qui fait la grandeur d'un peuple, c'est de défendre ses valeurs. Moi, j'y ai cru hier. J'y crois encore. Le Procureur devait porter haut ces valeurs. Pour ne pas que les justiciables désespèrent de la Justice. Surtout pas de la Justice internationale. Parce qu'elle a la lourde responsabilité de faire en sorte que ce monde où nous vivons ne soit pas une jungle où les plus forts qui ont les relations et les carnets d'adresse, écrasent les plus faibles et transforment le tort en raison.

 

Le sens de ''y a rien en face' et de ''c'est maïs'', selon Blé Goudé 

Ces questions me viennent en tête. Le Procureur, dans son discours d'ouverture a dit, et je cite : ''Ce procès n'est pas un procès politique. Nous voulons envoyer un message fort à tous ceux qui par la voie de la force, veulent conserver le pouvoir ou prendre le pouvoir''. C'est ce que le procureur a dit. Mais Mme Le procureur ne dit rien de différent de ce que j'ai dit pendant plus de dix ans. C'est moi qui ait dit aux rebelles, c'est moi qui ait dit aux partisans de Ouattara qui ont érigé la violence en programme politique, qu'on n'entre pas en politique avec des armes. On entre en politique avec une trilogie. L'idéologie politique, le programme de gouvernement et un programme de société. Pour être ce qu'on appelle un déviant politique pour améliorer la vie de ses concitoyens et être patient. C'est moi qui l'ai dit. Donc, le procureur et moi, on devait faire un. Là, je conclus que le procureur me poursuit à tort. Il est légitime d'avoir des ambitions. Mais, vouloir les réaliser sur les cendres de la vie des autres, c'est malsain. Le peuple pleure encore, Mme la présidente. Par ma voix, des millions d'Africains vous regardent et comptent sur vous pour ne pas permettre à des individus de se servir de cette Cour pour servir des ambitions qui peuvent entacher l'image de notre Cour. Parce que c'est notre Cour. Moi, j'ai beaucoup de respect pour cette Cour. Des témoins triés sur le volet qui m'accusent d'avoir recruté des mercenaires, d'avoir distribué des armes comme ce témoin qui déclare, et je cite : « J'ai vu Blé Goudé à la télévision qui brandissait une Kalachnikov. Mais, comme il était de dos, je ne l'ai pas bien reconnu. Mais, c'est lui''. Je n'ai pas fini. Il y a un autre qui déclare et je cite : ''j'ai vu une colonne de 4X4 rentrer au Commissariat du 16è arrondissement. C'est Blé Goudé. Je ne l'ai pas vu. Mais, comme les gens criaient général, général, donc, je dis que c'est lui''. C'est quoi ça ? Je n'ai pas encore fini. Quand nous jouions au football. Solidarité club maracana de Yopougon, pour célébrer un but qu'on marquait, on utilisait l'expression : ''Y'a rien en face, c'est maïs''. C'est une expression sportive (…) C'est cette expression que j'ai utilisée lors de la campagne électorale pour agrémenter l'ambiance de la campagne électorale comme pour dire que les élections aussi peuvent être un jeu. J'ai été surpris que le pouvoir d'Abidjan et le procureur instrumentalisent des témoins pour interpréter cela comme ma volonté pour dire qu'excepté le président Gbagbo, il n'y avait pas d'autres candidats. Et que pour eux, ''Y a rien en face'' signifierait que nous avons prémédité ne jamais reconnaître une défaite. Et que ''c'est maïs'' signifierait que nous allons tuer et manger les pro-Ouattara. Quelle imagination négativement fertile. Cette interprétation Mme le juge, je la juge étriquée,erronée. Elle est le fruit d'une gymnastique judiciaire partiale.

 

''Je n'ai jamais distribué d'armes''

Mme la présidente, je vous ai cité trois déclarations. Voici les déclarations aussi calomnieuses et ridicules sur lesquelles se base l'accusation pour me traiter de chef-milicien. Mais, je me pose une question. L'accusation cherche-t-elle vraiment les miliciens et leurs chefs ? Mais, ils ne se sont jamais cachés à Abidjan. Et, leurs chefs se sont toujours présentés comme tels par presse interposée. Mme la présidente, à y voir de près dans cette histoire, la seule difficulté est que le procureur cherche à fabriquer des miliciens. Disons plutôt qu'elle cherche forcément à faire de moi ce qu'elle voudrait que je sois. Ce que je ne suis pas et que je ne serais jamais. Pourquoi refuse-t-elle de réclamer les dents de la panthère à celui qui a mangé la tête ? Parce que moi Blé Goudé, de l'université d'Abidjan à l'université de Manchester, je n'ai jamais fréquenté une seule faculté où on enseigne les gens à devenir milicien (….) Depuis que je suis au lycée, j'ai décidé de faire la politique. Pas pour tuer des gens. Veuillez indiquer à la procureur de chercher les miliciens ailleurs. Ils sont à Abidjan (…) On dit qu'il y a des gens qui disent qu'ils sont chef-milicien et que Blé Goudé n'est pas leur leader. On dit non, ce ne sont pas eux, c'est Blé Goudé. Pourquoi veut-elle forcément faire de moi ce que je ne suis pas ? Pourquoi ? Pourquoi elle m'a envoyé ici ? Pourquoi ? (…) L'histoire de mon pays est trop récente et ceux qui tentent de la falsifier en lui tordant le cou se livrent à un exercice au succès peu probable (…) La crise ivoirienne, Mme la présidente a opposé deux camps. Le camp de ceux qui pris les armes pour déstabiliser les Institutions de la République pour des raisons qu'ils expliqueront certainement le jour où il plaira au Bureau du procureur de les convoquer devant cette cour, je l'espère. Et de l'autre côté, les forces de sécurité qui sont restées loyalistes à la République. Voilà les deux forces belligérantes. Moi, j'étais à Manchester, très loin. Et, il y a eu la population civile qui est descendue dans les rues les mains nues pour dire non aux armes. Mme la présidente. C'est de cette troisième tendance que je me réclame. Et ce choix de la résistance aux mains nues, je l'ai fais librement. Non pas stratégie. Non par faiblesse, mais par principe et par culture politique. Je reste convaincu que les armes et la guerre sont les ennemis de la paix dans le monde. Je considère la rébellion armée comme la pire des expressions. C'est pourquoi, fidèle à ma philosophie politique pacifiste, connue de tous les Ivoiriens, je n'ai jamais possédé d'armes ni à titre individuel, ni à titre collectif. Alors madame, par quelle alchimie pourrais-je distribuer ce que je ne possède pas. Par quel alchimie ? Je n'ai jamais distribué d'armes Mme la présidente à des citoyens pour aller tuer d'autres citoyens. Pour cela, il y a des gens qui me traitent de faiblard. On dit Blé Goudé le faiblard qui a peur de la guerre. Mais, je n'ai pas honte de dire que j'ai peur de la guerre parce que, la guerre fait peur. La guerre détruit des familles. Je leur ai dit, je préfère être faible parmi des vivants que d'être fort parmi des corps sans vie. "Madame la présidente, Mesdames les juges, Jamais je n'ai armé des citoyens contre d'autres citoyens: jamais je ne le ferai. À ceux qui souvent fois m'ont traité de faiblard qui a peur de la guerre, j'ai toujours rétorqué que je n'aime pas la guerre et que je n'ai pas honte de dire que je ne sais pas faire la guerre, que je préfère être faible parmi des êtres vivants que d'être fort parmi des corps sans vie. Convaincre et non vaincre: tel est mon credo. Chrétien ou musulman, qu'on l'appelle Allah, Dieu, Jehova, Gnamien Kpli, Klôtchôlô ou Lagô, Pour moi, nous prions tous le même Dieu. Ouvert et tolérant de par ma culture, j'ai toujours tenu à saluer au même titre, les imams et les prêtres des localités visitées, au cours de toutes mes tournées politiques. J'ai même souvent aidé à réhabiliter certaines mosquées tout comme j'y ai fait plusieurs dons. (Je verse la vidéo au dossier). Je trouve donc choquant voire outrageant et peu sérieux que l'on m'accuse d'être celui qui aurait appelé à tuer des musulmans et à incendier leurs lieux de culte." Ça le Procureur n'a pas vu. Mme la Présidente, dans ma maison, sous mon toit, je vivais avec une Burkinabé puisqu'on dit que je suis contre les Burkinabé. Il ne suffit pas de le dire, il faut l'appliquer, il faut le vivre. Je vivais avec une Bukinabé dans ma maison. Elle n'était pas ma servante, elle n'était pas à mon service. Je la prenais comme ma petite sœur. Pour le respect que lui dois je ne vais pas dire ici ce que j'ai fait pour elle. Vraiment, sa famille et moi on est en contact. Et dans ma vie de tous les jours, je suis avec ceux que le Procureur appelle ''Les musulmans du Nord''. Qui est donc ce Monsieur qui est contre les musulmans, qui est contre les étrangers, qui vit avec eux et qui est avec eux dans sa maison, qui les a dans sa vie ?

Mme la Présidente, vous voyez, on m'accuse d'avoir incendié les lieux des cultes des musulmans. Ce n'est pas vrai. Madame la présidente, Mesdames les juges, 

Pour la paix dans mon pays, j'ai pris beaucoup de coups. Chaque fois que le processus de paix a pris du plomb dans l'aile, j'ai fait ce que j'ai pu, j'ai toujours fais le pas vers l'adversaire afin qu'ensemble nous puissions sauver ce que j'ai cru que nous avions en commun : La Côte-d'Ivoire. J'ai sacrifié ma jeunesse et ma vie de famille. Chaque fois, je parle sous le regard des Ivoiriens, que le processus de paix a pris du plomb dans l'aile, j'ai fait ce que j'ai. Je n'ai peut être pas fait ce qu'on espérait de moi, je ne suis pas Dieu. J'ai fais ce que j'ai pu. J'ai pris des risques énormes jusqu'à aller dormir à Bouaké où personne ne pouvais aller. Parce que je voulais rassurer les Ivoiriens qu'on pouvais encore se parler. Je voulais convaincre l'adversaire qu'on pouvait encore défendre ce qu'on a en commun, c'est-à-dire la Côte d'Ivoire. Mme , j'ai sacrifié ma jeunesse pour mon pays, ma vie pour mon pays. Contrairement aux gamins de leur âge, mes enfants n'ont pas pleinement bénéficié de la chaleur que leur père aurait souhaitée leur donner. Mais je sais qu'ils me comprendront un jour, (je veux leur léguer des valeurs). C'est pour eux et tous les autres enfants de leur âge que je me bats afin qu'ils puissent vivre demain dans un monde  meilleur, un monde où l'on ne cherche pas à noyer la vérité dans l'obscurité du silence, où on ne transforme pas la raison en tord.Mes proches, les personnes qui m'aiment et que j'aime et pour qui je compte continuent de souffrir des conséquences de mon engagement et de mon absence prolongée.

 

''Ceux qui sont au pouvoir préparaient la guerre'' 

Ce pouvoir les traque. Les gens habitent toujours dans leur maison, les gens leur ont arracher leur forêt. Mon village a été incendié. Ca aussi, le Procureur ne l'a pas vu. Mon père est mort pendant cette crise. Je n'ai pas eu le temps de l'accompagner à sa dernière demeure, le Procureur n'a pas vu ça. Et, c'est moi qu'il vient traiter ici de criminel alors que les criminels sont en liberté entrain de narguer mes parents. Peut- on mener une lutte d'une telle envergure et prétendre à une vie calme comme une eau douce ? La réponse est non !'Madame la présidente, Mesdames les juges,pendant que je parcourais hameaux, villages et villes, sur les chemins rocailleux pour convaincre les ivoiriens à se pardonner les uns les autres et à donner dos à la confrontation, je ne m'étais pas attendu à l'inattendu. En effet, ceux avec qui je croyais parler de paix et qui sont aujourd'hui au pouvoir préparaient la guerre et avaient érigé l'usage de la violence en programme politique. J'étais de bonne fois mais j'ai été surpris

Madame la présidente,  Ils avaient ériger la violence en programme politique parce qu'ils voulaient le pouvoir à tous les prix. Pour vous dire, Mme la Présidente, les gens cherchent à faire de moi ce que je ne suis pas. Je n'ai jamais souscrit à un seul des actes criminels allégués dans l'acte d'accusation. La procureure doit correctement orienter ses poursuites. Pendant que les ivoiriens souffraient, ceux qu'on peut aujourd'hui appeler, les nouvelles autorités ivoiriennes, étaient plutôt préoccupés à se partager la Côte-d'Ivoire comme un butin de guerre comme ils continuent d'ailleurs de le faire !Prisonniers de leur passion pour le pouvoir, les nouvelles autorités ivoiriennes étaient restés sourds à mes cris et à mes appels en faveur de la paix : ils ne mesuraient pas à cette époque l'importance de la paix. Heureusement qu'à la pratique de l'exercice du pouvoir, ils semblent se rendre compte que, dans un pays, la paix et la stabilité, ne dépendent pas seulement du régime au pouvoir mais qu'elles dépendent aussi de la culture démocratique, de la culture de tolérance et de la générosité politique de l'opposition. (....)Et pourtant, ces opposants d'hier, accusaient de traîtres ceux des leurs qui parlaient de paix et de réconciliation avec moi. Pendant la crise post-électorale, à la proposition de recomptage des bulletins comme solution au contentieux électoral, nos adversaires avaient préféré la comptabilité nécrologique et la force.Ironie du sort, c'est moi, concepteur de ‘'la victoire par la résistance aux mains nues'', qui me retrouve ici, devant vous pour répondre de crimes contre l'humanité pendant que ceux qui ne voulaient pas entendre parler de paix parce qu'ils voulaient le pouvoir à tout prix, se trouvent en liberté et continuent de narguer leur victimes dans une indifférence coupable qui s'apparente à une complicité. Autant dire que c'est l'hôpital qui se moque de la charité.C'est pourquoi je demande encore : pourquoi veut-on forcement faire de moi ce que je ne suis pas ? Transformer le tort en raison, est-ce cela que nous voulons léguer aux générations futures ? Ne serait-il pas préférable de soigner la fièvre au lieu de chercher à casser le thermomètre ?"

 

Mme la juge,

''je vais peut-être vous surprendre. Je voudrais vous rassurer. Je ne cherche pas seulement à être libre tout comme je ne cherche pas à avoir raison. La liberté, elle est dans l'esprit, elle n'est pas dans le physique. Il y a une et unique chose que je cherche : La manifestation de la vérité Seule la vérité aidera la cour à situer définitivement ma responsabilité ; et j'y tiens !" Parce que je ne veux pas qu'on me traître de criminel. Je me suis battu toute ma vie et j'ai été emprisonné 9 fois par le pouvoir qui me poursuit aujourd'hui. Depuis que j'étais étudiant, je n'ai fait que faire la prison. Non content de m'avoir mi en prison au niveau national, on m'a déporté ici. Mais, pourquoi, ils font ça. Parce qu'ils connaissent des gens ? Ce n'est pas juste, Mme. Ils ont un seul objectif qu'ils vous cache : ils ont peur de faire une compétition politique avec moi. C'est tout. C'est ça qui est la vérité. Ils veulent se servir de cette cour pour se débarrasser d'un adversaire politique. Ils nous ont trier sur le volet. Si non les chefs de milices sont à Abidjan, ils les connaissent. Le Procureur à un bureau à Abidjan. Ils ont tous les renseignements. Mais, pourquoi Blé Goudé dans tout ce jeu ? Je prends un matelas pour faire une grève de la faim, on m'emmène ici pendant que ceux qui ont les pris les armes sont au pouvoir et on leur déroule le tapis. Et c'est moi qu'on veut faire passer pour le bourreau. Pourquoi vous faîtes ça ? Pourquoi ?

Seule la vérité pourra m'ouvrir les portes de sortie de la prison. Ce n'est ainsi que je me sentirai véritablement libre, que je pourrai regarder, la tête haute, les victimes et leurs familles qui ont été trompées par leurs vrais bourreaux qui se font malicieusement passer pour leurs bienfaiteurs, alors qu'ils sont pris en flagrant délit de falsification de l'histoire, dans la seule optique de diaboliser et se débarrasser d'adversaires politiques avec qui ils craignent de faire une compétition politique sérieuse.Ils me jettent La pierre ; elle me servira certainement pour ériger mon piédestal en faisant éclater la vérité à travers ce procès." C'est pourquoi, j'ai dit que je suis en mission. Je suis tranquille. Oui, des crimes atroces ont été commis en Côte d'Ivoire contre des populations innocentes qui étaient sans défense; les auteurs de ces crimes sont bel et bien connus. Hélas ! Ceux-ci semblent jouir d'une immunité internationale ; les violations graves des droits de l'homme dont ils se sont rendus coupables au vu et au su des organisations chargées de les dénoncer ou de les punir, ont été noyées dans l'obscurité du silence."Ne pouvant les (ceux-ci semblent jouir d'une immunité internationale) poursuivre, la procureure cherche vainement, par une alchimie judiciaire, à fabriquer d'autres criminels à la place des vrais auteurs ; Ce qui lui rend la tache herculéenne. Or, je le répète une fois encore : « on ne peut réclamer les dents de la panthère qu'à celui qui a consommé la tête.Svp, madame la présidente, mesdames les juges, je voudrais rappeler à Mme Massida, présidente du Collectif des victimes, les victimes du commando invisible et des Frci, à Anokoa kouté et à Duékoué tout comme les victimes de Yopougon, de Bouaké, de petit Guitrozon, ces populations sans défense qui ont fui la mort pour aller se cacher dans des églises et dans des camps de réfugiés mais que hélas la mort à rattraper, imbibées d'essence, incendiées, réclament toujours justice.

 

Mesdames les juges,

Je dois avouer que c'est ici à la Haye que j'ai appris ce nouveau vocabulaire. S'il a existé un plan commun au cours de la crise en Côte-d'Ivoire, je n'en connais ni les concepteurs, ni les exécutants, tout comme j'en ignore les objectifs, contrairement aux allégations de la procureure." "Je suis plutôt allé à la rencontre des victimes de la guerre ; j'ai écouté et entendu leurs souffrances. J'ai dû braver le sarcasme et les critiques les plus acerbes pour faire le pas vers l'adversaire afin de rapprocher et réconcilier les voisins d'hier, que le conflit avait divisés. Existe-t-il des victimes qui n'ont pas droit à la justice ? Je parle de ces populations sans défense qui avaient fui la mort, mais que hélas, la mort a rattrapées dans des églises et des camps où ces populations avaient espéré trouver refuge ; en fait, toutes les victimes sans distinction ; car, je reste convaincu, que la vie humaine est sacrée et qu'un mort n'a ni appartenance politique, ethnique ou religieuse." Malheureusement, les représentants des victimes on déjà choisi leurs victimes. Allez-y à Abidjan, pas à l'hôtel Ivoire, pas au Pullman hôtel, pas au Golf hôtel, allez-y dans les confins de la Côte d'Ivoire, vous allez voir, près de 1000 guérés ont été ensevelis dans des fosses communes. Et les droits de l'homme dont vous citez les rapports, vous n'avez pas vu ces rapports aussi ? J'ai même recueilli Prisca, une jeune fille qui a été violée par les rebelles. Et je l'ai envoyée à l'hôpital. Moi, l'assassin qu'on parle ici, qu'on veut vous présenter.

Leurs larmes continueront-elles de couler sur le parapluie de l'indifférence de la procureure et de la représentante des victimes ?"J'ai mis en place le 98121, numéro de la paix sur lequel les ivoiriens se sont envoyés des messages en faveur de la paix. Je les ai encouragés à accepter que « la valeur du pardon réside dans la gravité de la faute pardonnée. »" C'est moi qui est inventée cette expression. Le Procureur n'a pas entendu ça dans toutes les chansons que j'ai fait enregistrer en Côte d'Ivoire pour réconcilier les Ivoiriens.

 

''Je n'ai pas inciter les gens à aller tuer des burkinabés''

Madame la présidente, Mesdames les juges,

Voici exposé mon plan pour la paix que j'avais en commun avec les ivoiriens épris de paix et dont j'ai connaissance. Evidemment, la procureure ne pouvait pas évoquer ce plan pour la paix puisqu'il lui fallait absolument dépeindre le Blé Goudé assassin, génocidaire.Mais moi, j'attends ici à la cour, la confrontation avec les témoins de la procureure pour que je parle avec eux, de la Côte-d'Ivoire et du conflit qui l'a inutilement retardée. Je ne parle pas de la Côte d'ivoire vernie à coup de propagande sur internet, mais de la Côte d'ivoire telle que la vivent mes concitoyens. Mais, la Côte d'Ivoire telle que la vivent les concitoyens, dans sa réalité globale pour qu'on puisse réconcilier les Ivoiriens. Parce que la Côte d'Ivoire a besoin de ça et non de trier les leaders politiques dont on n'a peur pour les jeter ici, à la Haye. Mme la présidente, les discours de la haine, je vous demande pardon, envoyer moi une seule, je n'ai pas dit deux, une seule vidéo où je suis entrain d'inciter les gens à la haine. Quand je dis que le Burkina Faso est à la base de la crise ivoirienne, ça ce n'est pas de la haine, c'est un fait. Les rebelles même le reconnaissent, ils ont été formés au Burkina Faso. Et, c'est de là qu'ils sont descendus sur la Côte d'Ivoire. Ce n'est pas moi qui le dit. C'est le passé. C'est ce que l'on appelle les faits historiques. Quand on dit que Hitler a mis les juifs dans des camps de concentrations, ça ce n'est pas la haine, ce sont des faits historiques qu'on rappelle pour ne plus que ça se répète. Donc, je n'ai pas inciter les gens à aller tuer des burkinabés. Ce n'est pas vrai.

 

"Mesdames les juges, 

Au terme de mes précisions, vous comprendrez aisément que les charges alléguées contre moi, résistent peu à la rigueur du droit. Par conséquent, je trouve injuste que l'on veuille faire supporter à mes frêles épaules, la lourde responsabilité de la crise qui a endeuillé mon pays. Car dans mon combat légitime de non-violence, je garde les mains pures et aucune goutte de sang ne crie et ne plaide contre moi. J'ai les mains pures. Mon crime, s'il devrait en exister un, serait d'avoir crié pendant dix ans qu'il est immoral de vouloir accéder au pouvoir par la voie des armes. C'est pourquoi, il vous plaira, madame la présidente, de demander à l'accusation d'orienter ses enquêtes ailleurs et d'inscrire mon nom sur la liste des victimes de la crise. Oui, je suis une victime, quoi qu'en puissent dire mes détracteurs ! Il y a l'art oratoire. Il y a en qui vont à l'école pour apprendre l'art oratoire. Pourquoi, vous voulez transformer les valeurs en quelque chose qui est mauvais ? Il est charismatique, ce n'est pas un défaut. C'est ce même charisme là que j'ai utilisé pour faire la caravane de la paix. Je suis allé dans les mosquées, dans les églises, j'ai rassuré les Ivoiriens. Je suis allé prendre les rebelles à Bouaké pour les ramener à Abidjan, pourquoi le Procureur n'en parle pas. Je vous le dis sincèrement. Ce n'est pas de la manipulation comme on veut vous le faire croire : ''J'ai mal. J'ai tellement mal que je voudrais encore vous dire que la procureur dit. Blé Goudé a dit : Vous êtes devant donc ne regardez pas derrière. Dans cette salle, ça été dit. Donc ca veut dire, ne vous occuper pas des crimes passés. Ce n'est pas vrai Mme. Nous étions à un rassemblement où les gens étaient nombreux. J'ai voulu dire aux jeunes qui étaient là, vous êtes tellement nombreux donc vous ne voyez pas derrière. C'est parce que vous ne pouvez pas voir derrière. C'est parce que vous ne voyez pas derrière si non nous sommes très nombreux. A Abidjan, on dit : ''A connaît pas, à demander''.

 

Mme la Présidente, 

Je suis un homme convaincu de la force motrice de la mobilisation des masses populaires et des vertus de la non-violence. Pour moi, celui qui accorde le pardon se libère du poids encombrant de la haine. Je peux le dire avec force peut-être avec des gestes forts, c'est ma nature. Cela ne veut pas dire que je suis violent. Cette philosophie est le fondement de ma vision et de mon action politique. Et quelles qu'aient été les humiliations et les tortures que mes adversaires m'aient fait subir, quelles que soient les injustices et les épreuves que me réserve le futur, Je ne compte pas y déroger. Je dirai toujours aux gens qu'on rentre pas en politique avec les armes, avec les fusils mais on rentre politique avec des idées, avec un projet de société et programme de gouvernement.Toutes mes actions politiques ont toujours été guidées par un principe : que mon nom ne s'écrive jamais du mauvais coté de l'histoire afin que je ne puisse pas léguer en héritage, à ma progéniture et à mes proches un patronyme ensanglanté du sang innocent de mes concitoyens. Jamais je ne participerai à ça. Et, c'est moi qui est dit : je ne veux pas participer à la '' Rwandisation'' de la Côte d'Ivoire. Le Procureur n'a pas entendu cela aussi. Mme la présidente, le nom Blé Goudé ne m'appartiens plus. Il appartient aux Ivoiriens, aux africains. En d'autres termes, Ce qui doit gâter mon nom doit avoir un nom. Jamais, je ne serai un criminel. Je suis peut-être chaud. Je parle avec vigueur mais je ne suis pas un criminel. J'ai fait tout ce que je pouvais pour éviter ce qui est arrivé à la Côte d'Ivoire. Je suis allé voir le Représentant spécial de l'Onu, à la veille des élections, pour lui dire Monsieur, je vous demande pardon. Ce que je vois, les partisans de Ouattara sont entrain d'incendier les résidences du directeur de campagne de Gbagbo à Korhogo, Dr Malick Coulibaly, vous pouvez le vérifier sur Internet. Gervais Coulibaly, sa maison a été incendiée à Katiola. Je lui ai dit, il faut que Gbagbo, Bédié et Ouattara fassent une campagne pour désarmer les cœurs avant les élections. Mme on ne m'a pas écouter. Parce que les gens voulaient le pouvoir à tout prix. "

 

"Madame la présidente, Mesdames les juges,

Au nom de cette balance, symbole de justice, qui pend là, au-dessus de vous, je vous serai reconnaissant de me laisser rentrer chez moi, auprès des ivoiriens, pour construire et bâtir ensemble avec eux la paix et la réconciliation comme je l'avais déjà commencé et que je puisse continuer de dire à ceux qui ne l'ont pas encore compris qu'on n'entre pas en politique avec les armes mais avec des idées et un projet de société.La prison, c'est certes dur, ça peut même durer mais, ça ne saurait durer éternellement." "Abraham Lincoln n'a donc pas eu tort d'affirmer que pour une cause noble, on ne perd jamais son temps en prenant tout son temps. Il enseigne ainsi aux partisans de la vitesse que la vie ne se résume pas aux aiguilles d'une montre mais à la qualité de nos actes pendant notre bref séjour passager sur terre. Pour dire que mes adversaires ont la montre, moi j'ai le temps.Et, comme Je refuse d'être la honte de ma génération et que je ne veux pas être jeté dans la poubelle de l'histoire, Je porterai ma croix avec dignité et honneur. Si je dois souffrir, je souffrirai débout, car, le poltron meurt mille fois avant de mourir."Même s'il m'arrivait par extraordinaire, d'être condamné aujourd'hui, je ne doute pas qu'un jour l'histoire m'acquittera.Mon défunt père Blé Gnépo Marcel que je n'ai pas eu la chance d'accompagner à sa dernière demeure à Kpogrobré dans la sous-préfecture de Guibéroua, me disait : « Mon fils, un fruit bien mûr ne pourrit jamais en l'air ; il finit toujours par tomber. »"

 

"Non, je ne suis pas anti français!

Non, je ne suis pas un chef de milices! 

Non, je ne suis pas le présumé assassin des ressortissants du nord et des musulmans de mon pays!

Non, je n'ai jamais distribué d'armes!

Non, je ne suis pas un partisan de la violence!

Non, je ne suis pas un génocidaire!"

 

"Que le droit nous départage ! 

Que Dieu bénisse l'Afrique, et apporte la paix en Côte-d'Ivoire et partout dans le monde ! je fais confiance à la justice internationale

Un jour il fera jour et je rentrerai chez moi !"

 

Propos retranscrits par Abraham KOUASSI




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