Dans cet entretien, Raphaël Irié Bi, Sous-Directeur à l'Office de Sécurité Routière (OSER) prodigue des conseils sur les bonnes pratiques de conduite en temps de pluies et rappelle les sanctions qu'encourt tout contrevenant au code de la route.

Quelles sont les règles à observer pour un conducteur en cette période de pluies ?

Il convient de noter qu'en période de pluie, les risques d'accident sont multipliés par deux. Avec la visibilité réduite et la distance de freinage qui s'allonge. Pour tout conducteur, il faut déjà contrôler, et le cas échéant, réparer ou remédier à tout ce qui est problème d’essuie-glace, de balais, de système de freinage et surtout de pneumatique. Pendant la conduite, quand il pleut, tout conducteur est prié d'observer la distance de sécurité, de rouler à allure modérée, de ne pas effectuer de changements brusques de direction ni de dépassements dangereux et surtout de demeurer vigilant et prudent. La distraction au volant doit être bannie.

 

Les limitations de vitesse habituelles restent-elles d’actualité ou sont-elles à revoir pendant cette saison de pluies ?

Les limitations de vitesse sont à tout moment de vigueur. Il n'y a pas de vitesse propre à des conditions atmosphériques. La vitesse maximale prescrite demeure de vigueur. Cependant, tout conducteur doit savoir que pendant les circonstances inappropriées, notamment en temps de pluies où la visibilité est souvent réduite, et les risques d'accident multipliés par deux, il est tenu de rouler en deçà de la vitesse prescrite. Quoique la limitation de vitesse ne varie pas selon les conditions climatiques, il est conseillé en temps de pluie, de rouler modérément.

 

Que faire quand on est au volant, alors que la pluie tombe abondamment, rendant la visibilité difficile ?

Quand on est au volant et qu'il pleut fortement, il faut dans un premier temps ralentir, allumer les feux de position, éviter d'effectuer des dépassements et observer la distance de sécurité. Mieux, nous encourageons les conducteurs à augmenter la distance de sécurité, c'est-à-dire qu'il doit y avoir suffisamment de distance entre le conducteur et le véhicule qui le précède.

S'il s'avère que les conditions de visibilité sont véritablement insuffisantes, il est mieux de trouver un endroit hors de la chaussée et stationner, puis reprendre la route lorsque les conditions de visibilité se seront améliorées.

 

Quelles sont les sanctions auxquelles s’exposent les auteurs de conduites dangereuses et imprudentes en cette saison de pluie ?

Les sanctions sont prévues dans le décret n° 2022-631 du 3 août 2022. La conduite dangereuse se définit en effet comme tout comportement au volant qui met en péril la vie, la santé et les biens d'autrui. En somme, il s'agit du non-respect du code de la route (ne pas respecter les feux tricolores, pratiquer l'excès de vitesse, effectuer des dépassements dangereux…). Selon la gravité, le contrevenant peut faire l'objet d'une amende, d'un retrait ou d'une suspension de permis, voire de poursuites judiciaires. Ces sanctions ne sont donc pas propres à des conditions atmosphériques spécifiques. Elles sont déjà prévues et la loi ne fera que s'appliquer.


Quels sont les numéros à appeler pour un automobiliste qui a besoin d’aide en cette saison de pluies ?

Pour les contacts d'urgence, il faut noter les Sapeurs-Pompiers et l'ONPC, parce qu'il s'agira malheureusement des accidents : les Sapeurs-Pompiers : 180, 01 01 80 13 28 ; l'ONPC : 07 89 32 32 32 ; la Police : 100, 01 03 79 91 94. Maintenant, s'il s'agit des documents afférents au transport, il y a le numéro du ministère des Transports et des Affaires maritimes : 13 02.

 

Votre mot de fin

Nous voulons inviter l'ensemble des usagers et particulièrement les automobilistes à redoubler de vigilance, à être extrêmement prudents pendant cette période de pluie où les risques d'accidents sont multipliés par deux. Il faut que les usagers et les automobilistes en particulier observent toutes les consignes de sécurité que met à leur disposition l'OSER. Car la vie n'a pas de prix. Comme aime à le rappeler le ministre des Transports et des Affaires maritimes le, Monsieur Amadou Koné « l'accident n’est pas une fatalité, mais une question de personnes, d'individus et de responsabilité ». Que chacun prenne donc ses responsabilités à travers un acte de citoyenneté consistant à s'impliquer véritablement dans le respect du code de la route.

C'est à ce prix que nous allons réduire les accidents, ainsi que leurs corollaires, d’autant plus que nous voulons mettre en application les recommandations du gouvernement, à savoir réduire les accidents de 50% à l'horizon 2030.

CICG




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