Père Djadji interpelle le ministre Adjoumani et les cadres catholiques RHDP


Profanation de la cathédrale Saint Paul d'Abidjan, le père Djadji exhorte Adjoumani et les autres ministres catholiques Rhdp
  • Source: linfodrome.com
  • Date: sam. 05 sept. 2020
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L'homme comblé qui n'est pas clairvoyant ressemble au bétail qu'on abat » (Ps 48)
Depuis le 2 septembre, au moment où l'Eglise de Côte d'Ivoire est en prière et en pleure avec la perte de l'évêque émérite de Yopougon Mgr Mandjo et de l'éminent théologien Jean Sinsin Bayo, vous, fils et filles catholiques avez choisis cet instant précis pour poignarder l'Eglise locale d'Abidjan et son évêque Mgr Kutwa, notre Cardinal.


Votre acte a suscité indignation tant chez les catholiques que chez d'autres chrétiens et chez les non chrétiens. C'est le lieu de remercier tous les fidèles laïcs et d'autres citoyens de ce pays qui ont été propices et prolifiques dans la défense du Cardinal. Face au deuil que nous portons, il fallait attendre l'inhumation du P. Sinsin avant de vous répondre parce que : « Quand tu as un mort couché tu ne réponds pas aux appels des enfants à la place publique ». Cette réponse est une première bénédiction parce que nous sommes toujours en deuil. 

 

Le contexte 

L'Eglise catholique, dans son organisation, permet à ses filles et fils de vivre leur foi à travers des associations. Voilà pourquoi nous avons des communautés nouvelles, des groupes de prière, des chorales et des groupes d'action catholique. Il n'est donc pas démoniaque d'avoir un groupe catholique au sein d'un parti politique si le but consiste à être sel et lumière dans ces lieux de décisions pour la vie de la nation parce que les fidèles laïcs mènent leur apostolat à travers leur témoignage de foi dans les familles, dans les partis politiques et dans leur lieu de travail. 

C'est ce que nous enseignent la Constitution dogmatique Lumen gentium et la Constitution pastorale Gaudium et Spes. Depuis quelques mois, nous suivons un petit noyau de ministres, noyau appelé ‘‘ministres catholiques'' qui sillonne paroisses et séminaires pour faire des dons. Nous avons même vu ce même groupe demander une messe pour le repos du premier ministre Gon. J'ai été celui qui a défendu cet acte de piété face aux réactions de certains laïcs. Dans vos dons, je voyais personnellement un flou politique. Mais pour ne pas que des confrères et des laïcs me prennent pour le chirurgien de la fourmi, j'ai gardé le silence.

En effet, à quelques mois d'une élection présidentielle en Afrique, les prêtres et évêques doivent être prudents dans la proximité avec les hommes politiques car comme disait l'autre, tout acte que le politicien pose est en vue d'une élection. J'aurais voulu avoir tort, mais vous m'avez donné raison, parce que l'objectif de vos tournées n'avait aucune couleur évangélique mais était une stratégie politique pour affirmer l'existence de ce groupe en vue de préparer les consciences pour imposer à l'Eglise et dans l'église vos convictions politiques.

 

Votre intervention 

J'ai pris quelques minutes pour visionner votre conférence à la cathédrale. Tout d'abord si vous êtes un groupe catholique du RHDP, qui est votre aumônier ? De manière scripturaire et juridique quelle est l'autorisation écrite de l'autorité ecclésiastique d'Abidjan vous permettant d'agir ? Le curé de la cathédrale vous a -t- il donné l'ordre de faire cette Conférence ? Votre aumônier est-il au courant de votre rencontre ?

Monsieur le ministre et les cadres catholiques RHDP, la liberté d'expression dans l'Eglise catholique ne signifie pas désordre et anarchie. L'Eglise se définit comme Ecclésia, c'est-à-dire l'assemblée convoquée par Dieu. Il y a donc la dimension divine, verticale, invisible de l'Eglise et la dimension institutionnelle. Voilà pourquoi saint Paul définit l'Eglise comme un corps qui a pour tête le Christ. Effectivement c'est Dieu qui est la tête et le fondement de l'Eglise. Mais cette tête invisible se voit au niveau universel en la personne du pape, l'évêque de Rome, successeur de Pierre. Au niveau local, la tête de l'Eglise se rend visible dans la personne de l'évêque de l'Eglise particulière qui est le successeur des apôtres. Voilà pourquoi l'Eglise est apostolique.

Dans l'Eglise, on obéit aux Évêques parce qu'ils sont successeurs des apôtres, on ne les vilipende pas. Quand on affirme publiquement qu'on est catholique, par ricochet on professe cette parole : « Je crois en l'Eglise apostolique », j'obéis donc aux évêques. Quand on fait le contraire on devient schismatique, c'est-à-dire, vous êtes en rupture de communion ce qui peut conduire à une excommunication.

 

L'opposition au Cardinal

J'ai lu à plusieurs reprises le discours du Cardinal. Il faut dire que j'ai trouvé le discours tendre, charitable, simple, courtois, gentil et plein de souci du bien-être du pays. Etant un amoureux des déclarations des évêques, j'ai fait une étude comparative avec les déclarations des évêques du Burkina dans l'affaire Blaise Compaoré et récemment celles des évêques de la République du Congo dans l'affaire Kabila et j'ai trouvé l'adresse du Cardinal Kutwa non directe, non fougueuse, chose que la branche dure des catholiques n'a pas accepté. Il est vrai que ce qui vous gêne c'est quand le Cardinal affirme qu'il n'est pas nécessaire que le président Ouattara se présente aux élections de 2020. Dans un premier temps lors de votre conférence on perçoit que vous n'avez pas pris le temps de lire la déclaration du Cardinal ou vous n'avez peut-être pas compris. Le Cardinal s'est appuyé sur les interprétations des éminents juristes RHDP qui ont dit hier que la loi ne permettait pas au président de se présenter en 2020.

Aujourd'hui s'il y a ébullition tout vient de vos experts. Sur cette incohérence, le Cardinal pose un problème au niveau éducationnel et intellectuel. Quelle génération de juristes avons-nous ? Quand la loi est claire a-t-on besoin de la rendre floue, confuse ?

De deux, le Cardinal par souci de sauvegarder la paix, n'est même pas allé plus loin puisqu'il n'a pas affirmé que le président Alassane n'a pas le droit de se présenter. Il a seulement souligné que vu le contexte il n'est pas nécessaire qu'il se présente. Cela signifie qu'il peut se présenter mais que ce n'est pas un besoin. Vous interprétez mal le discours du Cardinal.

Troisièmement, quand le Cardinal déclare (...)

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