Candidature de Ouattara à un 3è mandat : quand des cadres du RHDP affirmaient que c'était impossible

  • Source: jeuneafrique.com
  • Date: mer. 12 août 2020
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Si le RHDP estime aujourd'hui que la Constitution permet au chef de l'État d'être candidat à la présidentielle, certains de ses cadres n'ont pas toujours tenu le même discours.

L‘opposition estime que sa candidature est « illégale », mais pour Alassane Ouattara, il n'y a aucun doute : la Constitution promulguée en novembre 2016 l'autorise à briguer deux mandats supplémentaires à partir de 2020, donc à se représenter en octobre prochain. Les stratèges du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) expliquent notamment que le texte consacre un nouvel ordre juridique.

À ceux qui argumentent que l'article 183 – qui stipule que « la législation actuellement en vigueur en Côte d'Ivoire reste applicable, sauf l'intervention de textes nouveaux, en ce qu'elle n'a rien de contraire à la présente Constitution » – maintient la limitation de deux mandats consécutifs, ils répondent qu'il s'agit d'une lecture erronée. 

Pour les opposants à une nouvelle candidature du chef de l'État, cela signifie que la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels doit s'appliquer. Et que la promulgation de la Constitution de 2016 n'est pas synonyme de « remise des compteurs à zéro » sur ce point. Au contraire, ceux qui estiment qu'Alassane Ouattara peut briguer un nouveau mandat considère que le changement de loi fondamentale en 2016 lui en donne le droit.

Pourtant, certains cadres du parti au pouvoir n'ont pas toujours tenu le même discours, notamment au moment de l'adoption de cette Constitution. À cette époque, le chef de l'État ne laissait planer à l'époque aucun doute sur sa volonté de se retirer à la fin de son deuxième mandat et plusieurs membres du camp présidentiel prirent eux les devants pour « rassurer » l'opinion publique.

Sansan Kambilé

Fin 2016, le ministre de la Justice, Sansan Kambilé, se présente devant les parlementaires, à l'Assemblée nationale, accompagné du ministre de l'Intérieur, Hamed Bakayoko, et de Jeannot Ahoussou Kouadio, en charge du dialogue politique et des relations avec les institutions. Les débats s'étendent de 10 h à 19 h.

La question de la limitation des mandats est évoquée par plusieurs députés, notamment du PDCI. Certains expriment leur inquiétude et proposent un amendement qui stipulerait que le président en exercice au moment de l'adoption de la nouvelle Constitution soit interdit de se représenter.

Le ministre de la Justice s'y oppose, pour ne pas personnaliser le texte, mais se veut rassurant. « Le président de la République a toujours dit qu'il ne sera pas candidat en 2020. C'est un homme de parole », explique-t-il, avant d'ajouter : « Je pourrais vous démontrer comment il lui sera impossible d (...)

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