Inès Désirée Douati : « Certains détenus politiques sortent avec des troubles mentaux »


Inès Désirée Douati garde l’espoir d’une libération de tous les détenus de la crise.
  • Source: JDA
  • Date: sam. 10 fév. 2018
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Elle connaît presque le nom de tous les détenus proches du FPI et les différentes procédures judiciaires dans lesquelles ils sont impliqués. Désirée Douati, fille de l’ex ministre Alphonse Douati, ne rate plus aucun procès depuis bientôt 5 ans.

Comment fonctionne l’association des femmes et familles des détenus d’opinions de Côte d’Ivoire ( AFFDO-CI)?

Luttant pour des personnes incarnées pour leurs opinions nous ne pouvons naturellement pas avoir le fonctionnement d’une association à caractère culturelle pour ne citer que cet exemple. Nous sommes donc amenés à trouver des moyens et un mode de fonctionnement qui s’adapte au choix que nous avons operé. Quant aux moyens, nous ne disposons pas d’un siège pour nos réunions par exemple cela signifie que utilisons nos cadres familiaux respectifs pour des échanges mais en cas besoins nous utilisons le peu de moyens dont on peut disposer pour la location d’espaces. Sur le plan technique, nous avons opté pour des actions de communication au niveau national et international car le premier objectif de l’AFFDO-CI était démontrer qu’il y avait bel et bien des détenus politiques, contrairement à ce que le gouvernement affirmait. Au plan diplomatique nous sommes très ouverts. Nous rencontrons les ambassades, nous échangions avec toutes les personnes qui souhaitent échanger avec nous, nous sommes en contact avec les ONG ainsi que tous les partis politiques. Au plan social, l’AFFDO-CI apporte assistance aux familles des détenus, aux détenus eux même. Cependant nous accordons une forte attention aux enfants des détenus pour lesquels nous menons souvent des campagnes public qui nous sont vraiment porteuses parce qu’elles permettent de les scolariser. Sur le plan du plaidoyer nous sommes en contact avec les autorités judiciaires ivoiriennes. Malheureusement, il est très difficile pour nous de collaborer avec l’actuel ministre de la Justice qui nous demande de changer le nom de notre structure au motif qu’il n’aurait pas de détenus d’opinion en Côte d’Ivoire. Malgré tout nous gardons espoir que 2018 apportera plus de fluidité dans nos relations avec le Ministre de tutelle du système pénitentiaire de notre pays.

Arrivez-vous à contourner ce blocage ?

Après tout, c’est lui notre ministre, c’est quand même le ministre de l’État de Côte d’ivoire, nous avons besoins de sa collaboration là où nous avons de relations de travail avec le procureur.

Certaines de vos actions ont portée des fruits dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie des détenus ?

Nos actions ont porté des fruits en toute modestie je dirai même beaucoup de (...)

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