CPI / Tuerie des femmes d'Abobo, Le témoin de Bensouda : « Nous n'avons pas pu avoir le corps de ma belle-soeur »
. Guikahué cité à la barre


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  • Source: linfodrome.com
  • Date: lun. 10 juil. 2017
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Encore des révélations sur la tuerie des femmes d'Abobo du 3 mars 2011. Le vendredi 7 juillet 2017, à la Cour pénale internationale (Cpi), le nouveau témoin de Fatou Bensouda, en une journée de déposition, a donné de nouvelles actualités sur ce massacre des femmes pendant la crise post-électorale en Côte d'Ivoire.

Il a été interrogé successivement par Me Paolina Massida, représentante des victimes, Me Jennifer Noari de l'équipe de défense de Laurent Gbagbo et par Me Zokou Séri de l'équipe de défense de Charles Blé Goudé, avec comme sujet principal la marche des femmes d'Abobo du 3 mars 2011. Militant du Rassemblement des républicains (Rdr) vivant dans la commune d'Abobo depuis 2002, Yacouba Ouattara est parent d'une des victimes de la marche du 3 mars 2011, qui est sa belle-soeur.

Encore sous le choc de cette disparition, M. Ouattara se rappelle, plus de 6 ans après l’événement, les mobiles de cette marche qui a vu sa belle-sœur être ''décapitée''. « Ma belle-sœur a décidé de participer à la marche du 3 mars 2011 rien que pour revendiquer la légalité constitutionnelle. C'était une marche pacifique. En, tout cas j'ai mal. J'étais là. Ce jour-là, j'ai vu comment ma belle-sœur a été décapitée. Vraiment, j'ai du mal à me prononcer», évoque le témoin en présence de l'ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, et de son dernier ministre de la Jeunesse, Charles Blé Goudé. A la question de l'équipe de défense de Laurent Gbagbo de savoir les conséquences de cette mort sur sa vie, le témoin a indiqué son regret de ne pas avoir pu enterrer le corps de sa belle-sœur.

Selon Yacouba Ouattara, il a été informé par un responsable de Ivoire sépulture (Ivosep) de l'enterrement des femmes après la prestation de serment du président Alassane Ouattara. «Le patron d'Ivosep m'a dit que les corps ont été enterrés. Je lui ai dit que les corps ne sont pas enterrés et moi j'ai le contraire. Il m'a fait cas d'une coupure de courant à cause des combats qui ont eu lieu entre le 10 mars et le 20 avril 2017. Je lui ai demandé quand l'enterrement a eu lieu. Il m'a dit que c'était au mois d'avril, au cimentière d'Abobo Baoulé. Je lui ai dit, à ce moment-là, ‘’Abobo était libéré. Donc pourquoi tu ne nous a pas appelés pour nous prévenir de l'enterrement ?’’ Il m'a répondu ‘’c'est pour une question de santé’’. (…) Il m'a dit qu'il avait reçu des instructions venait du Golf hôtel pour faire l'enterrement. Ils ont procédé à l'inhumation des corps parce que ces corps n'étaient plus récupérables. L'enterrement a eu lieu entre le 22 et le 24 avril 2017. Nous n'avons pu avoir le corps de ma belle-sœur jusqu'à présent», rappelle le témoin les larmes aux yeux, avant d'ajouter «Chaque famille des victimes décédées a reçu 100.000 F cfa de la part d'une Ong et un tee-shirt où il est porté la mention ''3 mars 2011''. Se remémorant les circonstances de la marche, le témoin de l'Accusation précise que ce jour-là sa belle-sœur l'a informé qu'elle prendrait part à une marche sur la grande artère de la commune.

Quelque temps après, explique-t-il, il entend une détonation à l'arme lourde, suivie de rafales. «Je cours pour me rendre sur les lieux et on m'apprend qu'il y a des blessés évacués dans une clinique. Je décide d'y faire un tour. Par la suite, je décide de me rendre sur le lieu du drame. En route, mon grand frère m'appelle et m'apprend que sa femme a eu la tête décapitée. A mon arrivée, c'est la désolation. Je vois plusieurs corps dont ma belle-sœur », raconte le militant Rdr.


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