Gratuité ciblée, actes administratifs, salles d'hospitalisation,... : Le CHU de Treichville en grande difficulté
Un centre de santé de référence sans électricité ni eau potable dans des salles


Le Chu de Treichville connaît des difficultés, selon les agents et personnels (Ph : M’BRA Konan)
  • Source: Soir Info
  • Date: jeu. 12 mai 2016
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Le centre hospitalier universitaire (Chu) de Treichville, hôpital de référence et de la dernière étape dans l'échelle sanitaire, accueille les patients d'Abidjan sud (Port-Bouët, Koumassi, Marcory et Treichville) à qui, il faut associer certains du Sud-Comoé (Grand-Bassam, Bonoua, Adiaké, Assinie, Aboisso).

Cette mission n’est pas toujours assurée, surtout dans l’application de la gratuité voulue par l’Etat de Côte d’Ivoire, à laquelle il faut ajouter un bouleversement administratif qui est décrié par des agents et personnels.

Le ballet des ambulances civiles et des pompiers militaires, et l’ambiance entretenue par les incessantes allées et venues des proches de patients dans les endroits du Chu, ne laissent pas transparaître la lourde tension qui prévaut en ce lieu. C’est une véritable méfiance entre agents anti et pro nouveau directeur général (Dg). « Nous avons espéré qu’avec l’arrivée du nouveau directeur général (Chu), nous allions connaître un nouvel essor. Que non ! nous sommes épiés, et subissons des ragots qui parviennent à la direction générale », nous révèle, T.Y., le lundi 11 avril 2016, un agent du service de recouvrement qui  a été démembré depuis l’arrivée de Yao Etienne, nouveau Dg du Chu. Au service des bureaux des entrées, nous surprenons des agents  à la recherche de trombones ou d’agrafes ! Approché, l'un d’entre eux, un peu gêné, tente de nous expliquer : «  On donne l’impression que nous détournons le matériel de bureau. Ce qui fait que c’est longtemps après rupture, que nous envisageons de saisir la direction. Sinon, nous interrompons notre service, à la recherche de petits matériels de bureau, comme c’est le cas en ce moment », explique-t-il en balançant la tête en signe de désolation. Mieux, les proches de patients,  qui reviennent des bureaux des entrées,  sont obligés de tenir les différentes souches précieusement. Celles-ci auraient dû être agrafées afin qu’elles ne s’envolent pas. En dehors de ces faits graves qui plombent le bon fonctionnement du Chu de Treichville, il y a l’absence d’étanchéité, qui pourrait compliquer le séjour des patients. Au niveau des services de consultations de la pédiatrie contiguë au bureau des entrées. Là, pendant plusieurs semaines, les robinets qui ont cédé, laissent échapper une importante quantité d’eau en filet. Une partie de cette coulée d’eau se retrouve au bureau des entrées où plusieurs ordinateurs contiennent et enregistrent des données importantes. Les agents prennent des précautions pour éviter que l’eau (conductrice) ne touche les installations électriques, au risque de provoquer un incendie. En sus, des travaux inachevés laissent entrevoir des morceaux de briques, qui peuvent, à tout moment, dégringoler. Les salles d’hospitalisation (médecine) n’échappent pas non plus à cette dégradation. Absence d’eau potable et manque d’électricité, constituent  le décor peu reluisant qu’offrent ces  salles déjà aux couleurs bleu blanc  défraichies. Quant aux urgences médicales, elles ont besoin en urgence  d’un coup de pousse, au risque de  concentrer à elles seules les maladies nosocomiales possibles dans ce centre hospitalier. Par ailleurs, plusieurs malades sont sous perfusion dans le hall. « Nous n’avons plus de salles. Elles sont surchargées. Et puis, il faut un temps d’observation avant d’orienter certains malades en médecine. Nous ne pouvons rien, ni même refuser des malades », justifie un médecin. Cette promiscuité et le manque  d’hygiène appropriée, il faut le souligner, provoquent  une forte odeur nauséabonde, à couper l’appétit. Les parents de patients, et même des praticiens qui supportent difficilement cette odeur, utilisent des cache-nez. Cela n’empêche pas les responsables de réclamer le paiement du prix des chambres aux malades hospitalisés dans le couloir. « Lorsqu’ils arrivent ici, les deux premiers jours sont gratuits. Après, ils paient la chambre à hauteur de 1.750 francs Cfa par jour », nous révèle un surveillant.

 

Décisions administratives contestées

Les agents ne comprennent pas non plus les deux dernières décisions du Dg qui tendent, selon eux, à étouffer les services et à les empêcher d’atteindre les objectifs fixés. « Il s’est entouré de ses amis pour maîtriser et contrôler les agents. Il a également installé clandestinement un réseau pour surveiller les agents », nous raconte un agent prestataire qui faisait allusion à la décision numéro 12/dgchut/daf/s-drh du 25 janvier 2016, qui nommait un chef de service « Méthodes et organisation » du Chu de  Treichville, en la personne de Dr Gokou Yao, médecin principal, rattaché directement à la direction générale. À cela, les personnels ajoutent la non moins « humiliante »  décision de créer le service « Contrôle du circuit des recouvrements » (décision numéro 11/dgchut/daf/s-drh du 25 janvier 2016, ndlr) confié à Mme Assouakon née Kouassi Ahou Jeannette, infirmière d’Etat, spécialiste option surveillance d’unité de soins (voir fac similé) . Cette nomination annule automatiquement toutes les dispositions antérieures contraires. « Avant ces décisions, nous remplissions convenablement nos tâches. Aujourd’hui, ces personnes qui viennent d’être nommées prennent directement leur ordre à la direction générale, et l’exécutent sans nous associer, au point où nous nous marchons sur les pieds, et devenons ridicules devant les prestataires,  les parents et leurs malades. En clair, la nouvelle direction a créé plus de problèmes qu’elle n'en résout. Même pour de simples agrafes de bureau, il faut attendre la décision qui ne viendra pas avant deux ou trois jours, ou solliciter d’autres agents qui n’ont pas encore connu la rupture », se désole J. A.

 

Gratuité ciblée, on s’en fout !

Par un soit, transmis datant du 25 juillet 2012, adressé au service du bureau des entrées du Chu de Treichville, appuyé par une circulaire du ministère de la Santé, relative à l’application de l’arrêté interministériel instituant des mesures d’exemption ciblée de paiement du coût des actes médicaux dans les établissements sanitaires publics, parapublics et communautaires conventionnés, une note de service liée à la gratuité ciblée,  rappelle à tout le personnel et aux patients, que la « prise en charge gratuite des urgences médico-chirurgicales pendant les quarante-huit premières heures, ne concerne que les cas de pathologies,  jugés urgents, et qui sont admis dans les services des urgences ou les services d’urgence des établissements sanitaires ». Cette circulaire datant de l’époque de Pr Ibrahim Sanogo (ancien Dg), qui est encore d’actualité au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique (Mshp), précise les critères d’éligibilité pour les urgences en gynécologie et obstétrique, à savoir, les grossesses extra utérines, les pelvis péritonites invalidantes, les péritonites, les fibromes avec complications, les complications des avortements (perforations utérines, restes d’avortements, avortements septiques, hémorragies), les complications de kyste de l’ovaire (torsion, rupture), les bartholinites, les déchirures per coïtales, les violences sexuelles et les abcès du sein collecté, qui font l’objet de prises en charge gratuites dans les quarante-huit (48) heures. Quant aux urgences obstétricales, elles sont complètement gratuites, de l’admission à la sortie, notamment les accouchements et hospitalisations après accouchement, les césariennes et hospitalisations après césariennes, et complications de la césarienne, les complications de la grossesse (pré éclampsie et éclampsie, placenta prævia, fièvre et grossesse, menace d’accouchement prématuré, menace d’avortement et trouble de la coagulation) et les complications de l’accouchement (hémorragie de la délivrance, rupture utérine, infection du post partum, hta du post partum et ses complications et l’anémie du post partum). Toute cette bactérie de mesures,  qui semble être surveillée  par le Mshp,   n’est pas totalement  de mise au sein du Chu de Treichville. La preuve, le bilan prénatal de dame Mamata,  du dimanche  17 janvier 2016, pour un examen d’électrophorèse d’Hb Bpn, censé est gratuit a été facturé avec le cachet du surveillant chef du laboratoire central (voir document en fac similé). Quatre jours plus tard, elle reviendra pour un examen Ecg après un échantillon d’urines. Elle a encore payé (voir document). Il en va de même pour dame G. N’Kohi qui s’est rendue, le mercredi 3 février 2016, en pédiatrie pour un examen de Hfs-Ge x. Elle a été obligée de payer les frais de consultation pourtant gratuite sur la circulaire. Voici autant d’actes que les agents et personnels qualifient  de mauvaise gestion susceptible de donner une mauvaise image au Chu de Treichville.

 
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