Conflits fonciers à l'Ouest / Un sous-préfet prévient et fait de graves révélations : « L'Ouest est menacé » - « Des gens ont été pris en otages »

  • Source: Soir Info
  • Date: lun. 29 juin 2015
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Un conflit sanglant, ayant fait plusieurs blessés graves dans les villages de Kouadeguezon (Bloléquin) et Kpobly-Douhozé (Toulépleu) a éclaté, récemment, impliquant Burkinabè et autochtones Guéré.

Un calme relatif règne en ce moment, mais le feu couve toujours sous la cendre. Barro Arouna, sous-préfet de Péhé, que nous avons rencontré, explique les fondements de ces affrontements et tire la sonnette d'alarme quant au danger qui plane sur l'équilibre de l'ouest…

 

Quels sont les fondements du conflit qui a éclaté récemment entre les populations de votre sous-préfecture et celles de Bloléquin ?

Tout est parti d'un conflit foncier qui opposait deux familles. En principe, la parcelle se trouvant à Kouadéguézon, objet du litige, le dossier devait être géré par le Sous-préfet de Bloléquin. Avec la permission de mon collègue de Bloléquin et l'assentiment de la famille Yakoui, j'ai traité ce dossier. La famille Monhiro réside dans ledit campement il y a plus de 50 ans. Il y a une jouissance continue de la parcelle depuis près de 50 ans. A partir de ce moment, la propriété foncière, si on tient compte de la loi sur le foncier rural, revient à la famille Monhiro de Kpkobly-Douhozé.

 

C'est sur cet espace qu'il y a eu une transaction faite par les gens de Kouadéguézon au profit des Burkinabè ?

En fait, ce sont les transactions foncières qui sont à la base de tous les malheurs qui arrivent dans la région. Quand bien même, on demande à nos parents de faire en sorte que ces transactions n'existent pas, c'est peine perdue. Depuis qu'on a commencé à vendre les terres, nous les autorités de cette zone avons du pain sur la planche. Il semble que les Monhiro de Kpobly-Douhozé ont vendu des terres à des Burkinabé. Selon M. Yakoui Désiré, vu que ce sont eux qui ont cédé la parcelle à la famille Monhiro de Kpobly-Douhozé, ils doivent avoir leur part dans toutes transactions. C'est de là que le problème est parti.

 

Il y a donc eu des affrontements  qui ont fait des blessés graves et des prises d'otages de part et d'autre ?

Oui, c'est cela ! Pour les affrontements, quand on a fait la dernière séance de règlement de litige, il y a eu un Procès Verbal (P.V.) qui a sanctionné la réunion. J'ai dit aux parties : tant que vous ne recevez pas le PV, vous vous gardez d'aller sur l'espace. Il semble qu'avant que le Pv ne parte aux destinataires, M. Ouhossé Robert est allé sur la parcelle. Sur une portion, il a vu qu'il y avait des allogènes burkinabé sur l'espace en train de travailler. Voulant se faire justice, il a arrêté quatre ( 4) de ces individus et les a conduits jusqu'à Dénan. Cela a suffi pour que des interprétations soient faites. On a dit qu'ils ont été enlevés. En représailles, ceux de Kouadéguézon ont pris, eux aussi, quatre (4) allogènes burkinabè, qui travaillent pour les Monhiro en otages.

 

Qu'avez-vous fait alors pour mettre fin à cette escalade ?

Le Sous-préfet de Bloléquin et moi-même avons décidé de mener une campagne d'information et de sensibilisation pour la paix. On a fait les échanges d'otages et nous avons convenu que pour le règlement de ce dossier, il faut une concertation entre les cantons Nidrou et Boho. Pour la question de la délimitation des villages, il faut cette concertation. Une date a même été retenue. On en était là. C'était un samedi. Puis, le mercredi suivant avait été choisi pour la concertation avec les belligérants et les chefs des communautés. Mais, malheureusement, cette concertation n'a pas eu lieu par la faute de certaines de mes administrés. Ils ont estimé qu'avec la tension qui prévalait, il y avait un problème de sécurité.

 

Quelle est la situation aujourd'hui ?

Avant-hier (vendredi 12 juin 2015, Ndlr), j'ai reçu le chef de village central de la Sous-préfecture. Cette concertation est encore à l'ordre du jour. Présentement, il n'y a rien de particulier. Il règne un c (...)

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