Crimes postélectoraux : Des chefs de commandements et de guerre pro-Ouattara auditionnés - Voici les concernés - La CPI se remet en selle avec des mandats d'arrêt


(Photo d'archives pour illustrer l'article)
  • Source: L'Inter
  • Date: vend. 17 avr. 2015
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La Cellule spéciale d'enquête et d'instruction (Csei) est à la manœuvre.

Créée pour mener les enquêtes et instructions pour les crimes commis lors de la crise postélectorale née du refus du président sortant Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite face à son rival Alassane Ouattara à la présidentielle de 2010, la Csei vient d'auditionner des ex-responsables de commandements des unités de sécurité et des ex-chefs de guerre pendant la crise post-électorale. Ces auditions qui ont été faites dans la stricte discrétion, ont porté sur des faits allégués de crimes de guerre, viols, crimes de génocide et de sang commis entre octobre 2010 et mai 2011.

Au nombre des personnes auditionnées, des noms reviennent selon des sources concordantes. L'on relève deux ex-patrons de l'armée ivoirienne, à savoir l'ex-chef d'état-major, le général de corps d'armée Philippe Mangou, actuellement Ambassadeur au Gabon, et l'ex-commandant supérieur de la gendarmerie nationale, le général Edouard Kassaraté Tiapé, actuel chef de la représentation diplomatique ivoirienne au Sénégal. Des ex-chefs de guerre, ayant participé aux combats qui ont abouti à la chute de l'ancien régime, sont également cités. Il s'agit notamment du colonel Issiaka Ouattara (Wattao) et Fofié Kouakou Martin.

Les proches collaborateur de Wattao ont déjà réagi à la question. L'un de ses collaborateur a démenti l'information de l'audition de son chef, arguant que celui-ci n'a pas été auditionné dans une quelconque procédure. « Il était venu du Maroc pour la fête et les funéraille d'un parent proche. Il s'est rendu à Bouna, deux jours après son retour, et revenu à Abidjan, il n'a fait que quelques jours avant de repartir au Maroc. J'étais avec lui tout ce temps,et nullement il n'a été auditionné », a indiqué ce proche collaborateur du colonel Wattao. Qu'à cela ne tienne, nos sources citent également les ex-commandants de zone de Man, Losseni Fofana, de Duékoué, Koné Daouda alias Konda, de Bangolo et de Kouibly, les lieutenants Dramane Traoré et Coulibaly. Ces derniers doivent particulièrement leur audition aux accusations portées contre eux par un des ex-seigneurs de guerre de l'Ouest, arrêté en mai 2013, Amadé Ouérmi, relativement aux massacres du quartier ''Carrefour'' de Duékoué.

En effet, dans le rapport conjoint de la Fédération internationale des Ligues de défense des droits de l'Homme (Fidh), du Mouvement ivoirien des droits humains (Midh) et de la Ligue ivoirienne des droits de l'Homme (Lidho), publié le 11 décembre 2014, il est indiqué que l'ex-seigneur de guerre basé dans le Mont Péko avait livré ces chefs militaires des Forces républicaines de Côte d'ivoire (Frci) dont le plus connu est le commandant Losseni Fofana dit Loss. 18 mois après son arrestation, Amadé Ourémi a soutenu, lors de son interrogatoire, qu'il commandait 126 combattants pro-Ouattara et prenait ses ordres auprès de la hiérarchie locale des Frci. «Amadé soutient que le lieutenant Coulibaly, ex-commandant de Kouibly, aujourd'hui chef militaire de la zone de Tabou, lui a livré des armes de guerre utilisées pendant la prise de la ville de Duékoué sur instruction du commandant Loss tout comme des tenues militaires utilisées qui provenaient de la ville de Man à l'Ouest où était basé ce dernier. Amadé se battait aux côtés du lieutenant Dramane Traoré, responsable militaire de Bangolo. Il avait auprès de lui le Lieutenant Nadia Koné et tous recevaient leurs ordres directs du commandant Loss, responsable de la zone Ouest pendant la crise et qui dirige désormais la Brigade de sécurisation de l'Ouest (Bso)», instruit le rapport.

 

L'obligation de rendre compte par tous en marche…

«Nous dénoncions que l'arrestation et l'inculpation d'Amadé Ouérimi, qui est un supplétif des Frci donc un combattant pro-Ouattara, soient restées sans suite alors que cette procédure qui constituait la première mise en cause d'un élément des forces proches du président Alassane Ouattara dans le conflit postélectoral de 2010-2011, avait fini par donner l'impression que la justice ivoirienne était désormais prête à juger les auteurs de crimes dans les deux camps. En tout cas, toutes les informations transmises par Amadé Ouérimi à la justice devraient amener les mis en cause à venir s'expliquer devant la justice. Selon des informations très confidentielles qui nous parviennent, c'est ce qui est en train d'être fait avec les auditions en cours actuellement », a commenté Adjoumani Pierre Kouamé, président de la Lidho. Puis de saluer « des progrès en cours vers la justice largement à sens unique ».

Un autre activiste des Droits de l'Homme, en l'occurrence Me Hervé Gouamené, président par intérim de la Fidhop, n'a pas cette opinion. « C'est vrai que des informations strictement confidentielles circulent sur l'identité des présumés responsables de crimes du camp Ouattara qui ont été interrogés par la cellule spéciale d'enquête. Mais, pour nous, ce n'est pas un pas majeur dans le sens de la justice pour toutes les victimes. Ces vrais pas, ce sont l'arrestation et l'inculpation pour déboucher sur des procès crédibles. Sinon, une chose est d'auditionner, une autre est de donner une suite au dossier. Ils ont été seulement auditionnés et nous ne (...)

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