Hôpitaux, cliniques / Harcèlements sexuels, attouchements, viols,... : Ces ''secrets médicaux'' qu'on tait - Des victimes font de graves révélations - Des médecins expliquent... et accusent


Il se passerait des choses pas toujours correctes dans les cabinets médicaux (Photo d'archives)
  • Source: Soir Info
  • Date: sam. 18 oct. 2014
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Ici, victimes réelles ou supposées, toutes sont formelles : au cœur des cabinets médicaux, la blouse blanche ne fait pas toujours le médecin correct.

Ainsi, de l'auscultation réelle à l'abus pur et simple, il n'y a souvent que le ‘'déplacement'' d'un geste que certains médecins n'hésiteraient pas à opérer. Vrai ? Faux ? En face, des médecins prescrivent plutôt la prudence dans les accusations. Et pourtant. Enquête au cœur d'un ‘'secret médical'' pas toujours facile à cerner…A plus forte raison, avouer.

Trouver les mots pour le dire ou se draper dans la résignation pour le cacher à jamais ?... Elue d'un homme qu'on dit attentionné et reine dans un foyer qu'on dit paisible, la jeune dame répondant aux initiales A.N.D, ployait pourtant sous le poids d'un lourd secret qu'elle portait depuis un certain15 mai 2014. Ce jour-là, partie à l'hôpital dans le cadre du ‘'suivi médical'' de la fièvre typhoïde dont elle avait souffert quelque temps plus tôt, A.N.D était revenue à la maison… mortifiée. Et pour cause : A.L, son médecin traitant, profitant de ce qu'ils étaient seuls en salle de consultation, s'était offert le ticket ouvrant des portes de son jardin secret. Et la jouissance d'une longue ‘'promenade'' de plaisir… à ses dépens ! Mais, après plusieurs semaines d'hésitation, A.N.D finit par faire un choix et trouve le courage des mots, pour raconter son viol à son époux, KND.

Depuis début juillet 2014, l'écho du scandale déclenché par le mari révolté, suivi de la dénonciation et l'arrestation du médecin violeur, résonne encore dans l'esprit des populations et particulièrement au CHR de Yamoussoukro qui fut le laboratoire de cette triste expérience (Voir Soir Info du 5 et 16 juillet 2014). Détails de taille : pour s'offrir cette ‘'consultation'' intra-jambaire aux dépens de sa patiente, le médecin traitant avait pris soin de poser cette dernière dans les bras de Morphée. Portée par une bonne injection de Valium, rapporte-on. Plus grave, après son coup, le médecin, comme enivré, avait gagné en sans-gêne. Narguant et harcelant jour et nuit A.N.D au téléphone. Il faut comprendre : la plupart des patientes qui subissent – à leurs corps défendant, inconscient ou même consentant – ce genre de ‘'consultations'' au cœur des cabinets aseptisés des centres de santé, trouvent rarement le courage des mots pour le dire. A plus forte raison dénoncer le médecin en cause. Et pourtant...

Pour les besoins de notre enquête, il aura fallu de longues tractations et des assurances d'anonymat, entre autres, pour que des victimes, qui ont fait l'expérience consommée ou même manquée de ces ‘'consultations'' particulières, acceptent de livrer leurs témoignages ou lecture de cette nébuleuse, somme toute complexe et tabou : celle des abus sexuels…in médico. En fait, ici, la démarcation entre une auscultation réelle et un attouchement à visée sexuelle, n'est pas toujours aisée à faire. Tout comme la ligne rouge entre une palpation médicale et un tripotage en règle, reste assez floue. Dans l'imaginaire des patientes tous azimuts interrogées sur le sujet, seule l'intention avouée ou l'acte plus ou moins ouvertement tenté ou consommé – avec ou sans le consentement de la victime –, reste la preuve en béton et le baromètre indiscutable de la ‘'l'abus''. Et pourtant...

 

*Une affaire de beau sexe

«Interpelée par l'histoire du médecin violeur du Chr de Yamoussoukro », selon ses propres termes, K. Corine est la première à porter son seau de témoignage à notre moulin. A l'en croire, tout patient, qu'il ait affaire à un médecin spécialiste ou généraliste, reste une cible potentielle d'abus de tous genres. Mais, avec les femmes, les abus intimes ou à visée sexuelle, restent les plus sournois et difficiles à évoquer publiquement. «D'abord, parce qu'ils touchent à un sujet toujours tabou chez nous, le sexe. Ensuite, parce qu'ils impliquent généralement un homme et une femme obligée, pour des raisons sanitaires, de livrer sa nudité et soumettre ses parties ‘'honteuses'' à cet homme qui n'est pas son conjoint. Et enfin, parce qu'on se dit toujours qu'après tout, le médecin ne fait que son travail», souligne K. Corine.

Ainsi, nombreuses seraient les femmes qui subissent au quotidien et dans le secret des cabinets et salles de consultations, des gestes ‘'déplacés'' voire même plus, sans oser en parler, même à leur conjoint. A 38 ans, mariée et mère de deux enfants, K. Corine est une femme moderne pour qui «les examens et le suivi gynécologiques, quand on est une femme en quête d'enfant, ne sont pas un luxe, mais une nécessité». Ou plutôt, ‘'était'' une nécessité. Car, il y a quelques années, en novembre 2006, un médecin-gynécologue a porté un coup de canif à sa conviction. «A l'époque, à Daloa, le gynécologue que je voyais ne s'est pas gêné pour me ‘'violer'' en quelque sorte. Après quelques consultations, l'homme s'est mis à me faire des compliments…sur mon sexe ! Carrément ! Il me laisse entendre que son métier lui fait voir beaucoup de sexes féminins et… selon lui, j'avais le plus beau sexe féminin qu'il ait jamais vu en douze ans de carrière ! Imaginez comment je me suis sentie ! […] Mais, il était lancé. Bien que sachant que j'étais en couple, il remettait ça chaque fois que j'allais en consultation ou m'envoyait souvent des Sms… pour demander si mon sexe était toujours aussi beau qu'il l'avait vu la dernière fois […]». Elle marque une pause, mi-gênée, mais visiblement toujours émue à l'évocation de cet épisode.

Puis de poursuivre : «En fait, on sait que les femmes sont sensibles aux compliments, c'était donc sa façon à lui de me draguer, en osant des compliments directs sur mon intimité à laquelle il a accès, sans être mon homme. C'était trop déplacé, mais bon…». Certes, K. Corine finira par tout raconter à son mari. Mais, le couple s'est gardé de dénoncer l'indélicat médecin : «On ne voulait pas de scandale. C'était trop gênant pour nous. Mon mari l'a menacé au téléphone et j'ai arrêté de le voir ». Depuis, K. Corine voit de plus en plus rarement un gynécologue. «Sauf pour des nécessités. Et même dans ce cas, j'évite de voir le même médecin plusieurs fois. Ce n'est pas évident, mais c'est ma façon d'éviter de tomber dans la familiarité et ouvrir la porte à d'autres dérapages », se justifie-t-elle.

De toute évidence, des compliments déplacés aux gestes osés d'un médecin traitant qui nourrit d'autres projets de ‘'traitement'' pour sa patiente, il n'y a souvent qu'un doigt qui a vite changé de… zone. C'est du moins ce que l'on pourrait retenir de l'histoire de dame G. Sophie, la cinquantaine bien bouclée et mère de quatre grands enfants, aujourd'hui.

 

La ‘'violente'' question

C'est l'air grave que dame G. Sophie plante le décor : «On a beau évoquer la déontologie, un médecin, c'est avant et après tout, un homme ! Devant la nudité ou le sexe d'une femme, il suffit que le côté homme prenne le dessus sur le médecin, et bonjour les abus», affirme-t-elle avant de poursuivre : «En 2001, j'ai eu affaire à un gynécologue dans une clinique ici même à Cocody. J'avais déjà trois enfants et donc, j'ai quand même une idée claire de l'examen gynécologique. Au début, le médecin a commencé à me féliciter pour ma ‘'fermeté'' malgré mes trois enfants. Je voyais bien ce qu'il insinuait avec cette affaire de ‘'fermeté''… mais je me contentais de sourire». Puis, peu à peu, au fil des consultations, un sentiment naît et s'impose à dame G. Sophie : le médecin, en réalité, se livrait à un jeu pervers… à ses dépens. «A chaque consultation de 15 minutes, il m'auscultait réellement cinq minutes et consacrait les dix autres à me faire, en douce, des caresses intimes ! Au début, je me disais que mon corps me jouait peut-être des tours…mais non ! Je n'entre pas dans les détails, mais je sais quand même distinguer un examen gynécologique d'autre chose» explique-t-elle.

Le cœur du problème : en quoi consiste, au juste, un examen gynécologique ‘'normal'' ? Question souvent posée, sujet parfois débattu. Mais peut-être pas assez vulgarisé pour dissiper les nuages d'équivoque que certains gestes du médecin traitant peuvent former dans l'esprit d'une patiente. Qu'à cela ne tienne ! Dame G. So (...)

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