Donald Kaberuka (BAD) : ''Les trois grands défis de la Côte d'Ivoire''

  • Source: Fratmat.info
  • Date: sam. 30 août 2014
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Vous rentrez de la Sierra Leone et du Libéria où vous avez apporté votre soutien à ces peuples par rapport à l'épidémie de la fièvre hémorragique à virus Ebola. Quelles réflexions cette épidémie vous inspire-t-elle ?  

Ce que je peux vous dire, c'est que c'est un problème que je considère comme sérieux. C'est non seulement une maladie qu'il faut endiguer et un problème de santé publique, mais aussi un problème pour les économies de  cette région. Les pays comme le Liberia et la Sierra Leone font des efforts énormes avec  leurs moyens et quelques appuis extérieurs. Ces pays, comme vous le savez, sortent de plusieurs années de guerre civile avec  des systèmes de santé fragiles, des moyens assez limités. Mais, ce sont des pays qui commençaient aussi à attirer beaucoup d'investissements, notamment dans le domaine de l'industrie minière. Donc, la maladie a frappé au moment où toute la région commençait  à décoller. Nous avons donc décidé de les appuyer  et nous allons continuer à le faire. 

La Bad a débloqué récemment une subvention de 60 millions de dollars, environ 30 milliards de Francs Cfa, en faveur des pays d'Afrique de l'Ouest touchés par la maladie. Cette enveloppe est bienvenue, certes, mais  n'est-elle pas largement en deçà des besoins ?

Les besoins sont énormes. Je pense qu'ils sont de trois ordres, dans ces pays. D'abord, il y a des besoins pour endiguer la maladie. Il s'agit de besoins en médecins traitants, en centres de traitement, en identification des malades pour les emmener vers les hôpitaux, des besoins en équipements, ambulances, etc. Il y a un deuxième problème qui est associé à celui-là. C'est le fait qu'à côté de l'Ebola, il y a d'autres maladies. Notamment le paludisme et les maladies classiques qui tuent beaucoup de personnes. Le système de santé est complètement submergé  avec  Ebola. Au Libéria par exemple, ils ont été obligés de désigner des médecins pour traiter spécifiquement l'Ebola. Et il y a tellement de cas qui s'annoncent  chaque jour qu'on est obligé de séparer les médecins dans des zones déjà affaiblies. Donc, le premier problème, c'est la maladie Ebola qu'il faut éliminer. Puis, le problème de la santé publique en général qui est affaiblie. Le troisième élément, c'est la question de l'économie. Nous sommes en saison agricole, et les marchés sont fermés, les écoles aussi. Le taux de change est déprécié, les recettes nationales baissent. Il y a donc un problème économique qui est dû à Ebola. Ces pays ont besoin d'appuis à ces trois niveaux.

Avec les 60 millions de dollars de subventions, nous allons nous attaquer déjà au premier problème et au second. Mais nous travaillons déjà sur le troisième aspect. Mon  voyage dans ces deux pays (Liberia et Sierra Leone), avait pour but de  m'instruire sur les moyens d'appréhender Ebola aujourd'hui, comment saisir la suite et faire des projections. Je pense que je suis mieux instruit sur ce que la Bad peut faire. Nous allons apporter des appuis budgétaires à ces pays. Et comme indiqué, il y a aussi l'aspect lié à la maladie à endiguer, le système de santé à relever et l'économie.

L'épidémie d'Ebola ne risque-t-elle pas d'affecter  les prévisions de croissance en Afrique subsaharienne ? Si oui, dans quelles proportions ?

C'est une maladie qui est en cours. Par conséquent, nous ne pouvons pas vous fournir aujourd'hui un schéma statique en disant : voici le coût. Il est dynamique. Chaque jour, il y a de nouveaux cas. Au Libéria par exemple, j'ai appris que la courbe continue de monter. En termes de chiffres, on m'a annoncé en Sierra Leone, pour 2014-2015, une baisse du Produit national brut (Pib) qui passe de 5 à 9% initialement, à 2 et 5% respectivement. Je crois qu'au Libéria, c'est dans les mêmes proportions. Prenons une  économie qui a un Produit national brut (Pnb) d'1 milliard de dollars. Vous avez pratiquement une perte sèche sur le Pnb de 4 à 5 millions de dollars, chaque année. Mais, c'est trop tôt pour chiffrer tout cela parce qu'il faudra aussi calculer les effets indirects. Le coût est énorme. Cela va-t-il toucher toute l'Afrique subsaharienne ? J'espère que non.  Les pays touchés sont-ils vraiment en difficulté et demandent-ils des réponses rapides ? Oui.

Vous retrouvez la Côte d'Ivoire qui est engagée dans un programme de développement visant l'émergence à l'horizon 2020. Vous y croyez ?

Ce n'est pas une question d'y croire ou pas. Ce n'est pas une religion. J'y travaille et j'y contribue. C'est notre rôle. Le pays a fixé son objectif, comme d'autres pays africains. Il est donc question, non pas d'y croire ou de ne pas y croire, mais plutôt  de travailler pour pouvoir y arriver, de lever les obstacles. La Côte d'Ivoire, j'ai eu à le rappeler, était déjà sur le bon chemin, dans les années 1990. Elle était  parmi les pays phares en termes de croissance, en Afrique subsaharienne. Ces ambitions n'ont pas disparu. Le pays a toujours ses atouts qui sont bien connus. Il peut donc reprendre son rôle. Et le retour de la Bad est un signal fort de ce que nous croyons en ce pays et en ses ambitions.

Le 8 septembre 2014, se tiendra le premier conseil d'administration, disons ordinaire du groupe de la Bad, depuis son retour à Abidjan. Quels sont les grands thèmes qui y seront abordés ?

L'agenda de ce conseil doit être arrêté la semaine prochaine. J'imagine que ce sera un conseil d'administration normal, c'est-à-dire comme à chaque conseil, nous allons discuter des politiques opérationnelles de la banque, des stratégies pays et des grands projets à approuver. Mais vu son caractère solennel, vous imaginez bien qu'avant d'entrer dans le vif du sujet, nous allons reprendre solennellement les activités du Conseil à Abidjan.

Vous fêtez vos 50 ans au mois novembre. Lorsqu'on regarde les pays africains un demi-siècle après, on se rend compte que le marché intérieur est encore embryonnaire. La Bad n'a-t-elle pas échoué?      

Je pense que vous êtes sévères ! La Bad n'est qu'un instrument de l'Afrique. Une banque ressemble toujours à ses clients. La Bad a connu les mêmes démarches que celles de l'Afrique. Mais je pense que vous restez parmi les personnes les plus pessimistes, en ce moment. Aujourd'hui, l'Afrique se trouve sur un autre chemin, malgré ses problèmes, malgré Ebola. Si l'Afrique est aujourd'hui à un tournant positif reconnu par tout le monde, j'ose croire que la Bad y a contribué un peu, avec les 125 milliards de dollars que l'institution a mis dans l'économie africaine, sans oublier les effets de levier. Je vous rappelle aussi qu'aujourd'hui, nous mettons dans les économies africaines, par nos propres moyens, autour de 9 milliards de dollars chaque année (4 500 milliards de Francs Cfa environ, Ndlr). En faisant un petit calcul sur les effets de levier, cela peut atteindre jusqu'à trois à quatre fois des moyens qu'on mobilise. Il suffit de regarder l'un des projets de la Côte d'Ivoire, sur la lagune ébrié à Abidjan, où la Bad est chef de file et a mobilisé ses moyens. Je pense que la Bad a fait son travail et qu'elle fait la fierté des Africains C'est pourquoi, il y a trois ans, il a été décidé de tripler son capital. Cela veut dire que l'Afrique estime que c'est un outil très important. Ceci dit, encore une fois, une banque ressemble à ses clients. 

Peut-on penser que votre présence physique à Abidjan constituera un levier important pour financer davantage le programme d'émergence économique de la Côte d'Ivoire ?

Nous n'avons pas attendu de revenir à Abidjan pour participer à la croissance de la Côte d'Ivoire. On le faisait partout où on était. Le retour en lui-même est un signal fort que la Côte d'Ivoire est de retour. Un signal fort aux investisseurs, aux partenaires au développement. En étant ici à Abidjan, bien évidemment, nous serons mieux placés pour un dialogue plus rapide avec les opérateurs économiques ivoiriens et les autres opérateurs exerçant en Côte d'Ivoire pour voir dans quelle mesure, nous pouvons participer effectivement, et de façon plus efficace à la marche de ce pays. À l'intérieur mais aussi dans la région, parce que nous y croyons beaucoup, et la banque a été créée pour l'intégration économique régionale. La Bad a toujours été aux côtés de la Côte d'Ivoire. N'oubliez pas qu'il y a de cela quatre ans, nous avons mis à la disposition de ce pays environ  250 millions de dollars dans le cadre de l'effacement de la dette. Aujourd'hui, nous avons un portefeuille actif assez conséquent en Côte  d'Ivoire. Et nous sommes pratiquement au même montant. Que ce soit le projet Azito, le projet Ciprel, ou les ponts, nous sommes présents. Et nous n'avons pas attendu le retour de la banque pour accompagner le pays. 

Etes-vous à l'aise à Abidjan ?

Non seulement, j'y  suis à l'aise, mais la Bad est chez elle. J'ai déjà dit qu'à la création de la banque, les pères fondateurs ont choisi Abidjan comme siège. Je considère que cette délocalisation temporelle est un accident de parcours, qui peut arriver à tout pays africain. Les onze années passées à Tunis étaient nécessaires, vu la situation dans laquelle le pays se trouvait. Aujourd'hui, ce n'est pas moi seulement qui suis à l'aise ici. Je pense que pour les milliers de travailleurs que j'ai rencontrés ici la semaine dernière, tout se passe très bien. Un de vos collègues m'a demandé récemment si les conditions étaient parfaites pour l'installation de la Bad. J'ai répondu que la Bad n'a jamais demandé de conditions parfaites dans un pays. Nous avons demandé des conditions suffisantes, adéquates pour  notre travail. Et j'estime  que les conditions sont réunies aujourd'hui en Côte d'Ivoire pour que la Bad accomplisse sa mission. Qu'il y ait quelques difficultés ici et là, quoi de plus normal !

Quel est votre regard sur l'économie ivoirienne et les perspectives de celle-ci ?

Je n'ai pas consulté les statistiques récentes du pays mais, ce que je sais, c'est que le taux de croissance en Côte d'Ivoire est assez intéressant. Il est sur la bonne voie, et en plus, il est tiré par plusieurs secteurs à la fois. Il y a des services qui montent, il y a aussi des infrastructures.

 Le problème de la Côte d'Ivoire, à mon sens, se décline en trois ordres. D'abord, il faudra absolument, comme dans tout pays africain, œuvrer de façon globale et pas seulement  pour la croissance économique. Il faut œuvrer aussi pour la transformation économique. C'est un défi pour chaque pays africain. Il y a la croissance économique et il y a la transformation de l'économie. A ce niveau,  la Côte d'Ivoire était sur le bon chemin dans les années 1990. Deuxièmement, dans cette transformation, il faut que ce développement soit inclusif et crée de l'emploi pour la jeunesse. C'est un défi pour la Côte d'Ivoire et pour tous les pays africains.

Cela ne sert à rien d'avoir une croissance à deux chiffres, s'il n'y a pas une transformation de l'économie, si le développement n'est pas inclusif, s'il n'y a pas de travail pour la jeunesse.

Ensuite, je ne vous apprends rien : la Côte d'Ivoire a une population d'environ 24 millions pour 322 462 km2. Un marché de 24 millions, c'est encore un petit marché. Il faut donc s'insérer dans des ensembles régionaux. Il est nécessaire que l'on  en arrive  à l'intégration régionale. Chaque pays africain doit trouver des solutions nationales, mais dans le contexte régional. Que ce soit dans le secteur de l'énergie, la télécommunication, l'agriculture, il faut qu'on œuvre absolument ensemble pour la circulation des personnes, des biens et des capitaux. Quand on regarde le cas de certains pays européens - j'y étais  étudiant dans les années 1970 -, l'Irlande, c'était un pays pauvre ; le Portugal, l'Espagne, ce n'étaient pas des pays riches. Mais, c'est le grand marché européen qui a aidé tous ces pays. Et ensemble, ils ont prospéré. Donc, pour moi, voilà les trois grands défis pour la Côte d'Ivoire. Mais, il y a des problèmes techniques à côté de ceux-là.  Dans un pays comme celui-ci, qui a connu pratiquement dix années ou un peu plus de crise, il doit se rééquiper, construire  des infrastructures. Deuxièmement, pendant la crise, il y a eu une migration forte de la campagne vers les zones urbaines. C'est un problème. Il y a aussi le secteur privé qui me dit-on, est asphyxié par les arriérés qu'il faut régler. Parce que c'est cela qui va relancer la machine économique. Mais ce sont des questions techniques que nous allons gérer ensemble avec nos collègues du gouvernement.

Vous avez signé récemment à Abuja, à l'occasion du Forum économique mondial sur l'Afrique, une pétition pour dénoncer les formalités de visas entre pays africains. Où en est-on ?

C'est une question cruciale que les Etats africains devront tôt  ou tard  régler définitivement. C'est pourquoi je salue la décision prise par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) récemment qui va dans le sens évoqué à Abuja. Ce n'est pas une question de sentiment. C'est une question d'efficacité économique et de croissance de marché intérieur africain. Vous allez lire dans les documents qu'il y a un marché d'1 milliard de personnes en Afrique. Mais pour que ce marché soit véritablement un marché d'un milliard de personnes, il faut qu'il soit effectif,  qu'il y ait une circulation des biens, des personnes et des capitaux. On ne demande pas aux pays de changer leurs règles de citoyenneté. Mais on peut avoir un marché unique africain, sans que cela pose des problèmes d'immigration, de criminalité et autres. Le pays dont je suis ressortissant (le Rwanda, Ndlr), permet à chaque ressortissant africain de se présenter à ses frontières, sans visa et de s'installer, jusqu'à six mois, et cela ne pose aucun problème. Au Kenya et en Ouganda, pays voisins, ils ont pris la même décision. J'espère que l'on va avancer très vite sur cette question et cela ne coûte pas grand 'chose. A Abuja, j'ai dit que la banque africaine a deux passeports. Le passeport normal et diplomatique qui permet au staff de la banque de circuler dans tous les pays africains - sauf un seul, ne me demandez pas lequel. Mais en dehors de ce pays, notre staff circule librement partout en Afrique. Est-ce qu'il est impossible que l'Union africaine délivre un jour un tel passeport, à tous les ressortissants africains, qu'il estime en droit de le posséder pour circuler librement en Afrique. Il y aura des questions à gérer : criminalité, illégalités de toutes sortes. Mais cela peut se gérer par la coopération entre tous les pays par système digital. Mais, il s'agit de la survie économique du continent. Ce n'est pas une question de sentiments.

Une actualité récente fait état de ce que les fonds de l'ancien président nigérian, Sani Abacha, jusque-là en souffrance dans des coffres outre-atlantique seraient reversés à son pays. Ce qui pose à nouveau le problème des transferts illicites de fonds de l'Afrique vers l'Europe et les Etats-Unis, au moment où l'Afrique a besoin davantage de capitaux. Que faites-vous pour endiguer ce fléau?

Parlant de ces flux illicites, vous avez parlé d'une seule catégorie criminelle, illicite, par voie de corruption. Nous devons absolument demander aux pays souvent des pays plus riches que l'Afrique où ces fonds sont logés, qu'ils nous donnent notre argent.  Cela apparaît tellement évident qu'il n'y a pas lieu de s'attarder. Mais, il y a une deuxième formule illicite où de grandes compagnies internationales s'installent internationales  dans nos pays et font tout pour payer le moins d'impôts possibles. Avec des systèmes opaques dans lesquels on va loger les sociétés aux Iles Caïman ou ailleurs, on ne paie rien en Afrique. Cela aussi, c'est un problème !

Il faut que les gens qui investissent en Afrique trouvent leur retour sur investissement mais qu'ils payent les impôts aussi en Afrique. C'est la source de transfert illicite la plus importante. C'est pourquoi j'ai dit au niveau du G20, qu'il faut un groupe de travail qui regarde ces dossiers-là. Il faudrait une coopération entre les pays riches et nous-mêmes parce que quelquefois, ces transferts illicites ne sont pas illégaux. C'est parfois des émanations de textes juridiques. Dans le droit, il y a ce qu'on appelle l'évasion fiscale, qui est criminelle, et ce qu'on appelle aussi en anglais, Text avoidance, qui est légal, mais qui nous prive de nos moyens. Donc quand on parle de transfert illicite, il ne faut  pas seulement parler de transfert via la corruption. Ce n'est qu'une partie. Cette deuxième partie est aussi importante. Vous avez vu le cas de la Guinée. Ce n'était pas un cas unique, il y en a beaucoup d'autres. C'est pourquoi, nous avons créé une facilité juridique africaine pour aider les pays confrontés à ces problèmes, face aux puissantes compagnies internationales ou aux fonds vautours. Cette  facilité aide les pays gratuitement, en trouvant des cabinets d'avocats.

Que fait la Bad pour que les importants fonds de la diaspora estimés l'an dernier à plus de 65 milliards de dollars, c'est-à-dire nettement supérieurs à l'aide publique au développement, puissent servir efficacement le continent?

Il y a trois choses. D'abord, les gens pensent que les fonds de la diaspora viennent uniquement de l'extérieur de l'Afrique. Les fonds les plus importants viennent de l'Afrique vers l'Afrique. Je vous donne un exemple, dans un pays comme le Lesotho, en Afrique australe, le fonds de la diaspora compte pour 40% du produit intérieur brut (Pib). Et, il s'agit de fonds qui viennent de l'Afrique du sud. Deuxièmement, n'oubliez pas que ce sont des groupes privés. Des familles qui transfèrent de l'argent vers leurs familles, pour la scolarisation des enfants, la construction de logements... Il s'agit de fonds privés aux privés. Donc, ce que les Etats doivent régler, c'est de réduire les coûts des transactions qui sont très élevés, au-delà de 12%. Il faut également travailler à partir des instruments financiers dont on dispose. Vu que ces prix sont assez stables. L'aide publique au développement est autour de 50 milliards de dollars. Et les fonds de la diaspora sont autour de 64 milliards. C'est donc très important, mais j'insiste, c'est souvent de l'Afrique vers l'Afrique. Ces fonds peuvent aussi être fructifiés à partir des instruments dont on dispose. La banque a des instruments pour cela.

Vous étiez au sommet Afrique-Usa. Vous avez même présidé un panel, et pris part au débat : ‘'Croire en l'Afrique". Croyez-vous en l'Afrique ?

Il y avait le sommet avec des hommes d'affaires africains et américains, et un sommet des Chefs d'Etat présidé par le Président Barack Obama. Et il y avait une initiative des journalistes africains qui ont organisé un panel, « Croire en l'Afrique ». C'était plutôt, une noble idée pour les autres, pas pour nous Africains. C'était surtout pour dire aux non-Africains, voilà ce qu'est l'Afrique aujourd'hui. Ce n'est pas seulement l'Ebola, ce ne sont pas les guerres civiles. Mais demander à un Africain, de surcroît au président de la Banque africaine de développement s'il croit en l'Afrique…Non seulement il doit y croit mais  y travaille ! Mais, je crois que le sommet lui-même, me semble-t-il, marque un changement de fond. On a eu ces types de sommets avec  les Chinois, les Japonais, les Européens, où l'Afrique cesse d'être l'objet de pitié, où on annonce des sommes importantes pour telle initiative ou telle autre. Il fallait dire que l'Afrique, c'est comme bien d'autres continents. Il y a des pratiques qui marchent, il y en a qui ne marchent pas comme en Asie ou en Amérique latine. Il y a des opportunités, et que pouvons-nous faire ensemble pour les fructifier?

 Le Président Obama a choisi le thème de l'énergie où la Bad est très active. Parce que l'énergie, c'est le départ. Donc, si les compagnies  américaines telle General Electric - et je vous rappelle qu'aujourd'hui, le premier marché pour les turbines énergétiques, c'est l'Afrique - viennent  investir en Afrique dans la production de l'énergie, qu'est-ce que nous pouvons faire pour les accompagner en termes de bonnes politiques? C'était un sommet axé sur le business qui a permis de passer en revue, ce que nous pouvons faire ensemble. Avant, les Européens se réunissaient, disons aux Pays-Bas pour  s'interroger : qu'est-ce qu'on va faire pour l'Afrique ? Ce débat a eu son temps. Aujourd'hui, le débat c'est : qu'est-ce qu'on peut faire ensemble pour promouvoir la croissance mondiale d'abord, mais aussi les opportunités en Afrique ?

C'est ainsi que j'ai compris ce sommet, dont j'ai présidé la deuxième séance où il y avait des hommes d'affaires africains et américains. Donc je salue l'initiative de ce sommet.

Interview réalisée par Venance Konan et Valentin Mbougueng

Collaboration: Jules Claver AKA




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