Enquête / Réseau COOPEC : Un trou de 20 milliards de FCfa - La microfinance au bord de la faillite - Un million de sociétaires dont des retraités en danger


(Photo d'archives)
  • Source: Soir Info
  • Date: mar. 26 août 2014
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Le réseau des Coopératives d'épargne et de crédit (Coopec) est au bord de la faillite. Cette entreprise connaît de graves difficultés financières, qui ont obligé le gouvernement à la placer sous administration provisoire en septembre 2012. Mal gouvernance, passation d'écritures comptables grotesque, acquisition de terrains fictifs, détournement de fonds... Nous avons investigué durant des mois sur ces scandales financiers…

Le réseau Coopec connaît, depuis quelques années, de graves difficultés financières. Ce constat a été fait par la Banque centrale des États de l'Afrique de l'ouest (Bceao) qui a révélé des malversations. « L'exploitation de l'institution demeure déficitaire, induisant sur les sept derniers exercices, des fonds propres négatifs. L'année 2011 s'est soldée par une perte provisoire de 2,7 milliards après celle de 1,5 milliard de F.Cfa en 2010. Sur cette base, les pertes cumulées sont estimées à 11,9 milliards de F.Cfa au 31 décembre 2011 », a indiqué Tiémoko Meyliet Koné, gouverneur de la Bceao au terme d'une mission conjointe (ministère de l'Economie et de Finances-Bceao) effectuée, du 10 au 27 avril 2012.

Le gouverneur Koné a fait savoir que les vérifications ont montré que la fiabilité des états financiers n'était pas assurée en raison, notamment, du non respect de plusieurs principes comptables , en particulier ceux de la prudence et de la non compensation. Pour lui, les fonds propres négatifs sont estimés à 17,9 milliards de francs Cfa. « La dégradation continue de la situation financière de l'Unacoopeci, en dépit des injonctions et recommandations adressées à cette institution, traduit des défaillances de ses dirigeants, comme l'attestent les considérations suivantes : le directeur général utilise les ressources de l'institution à des fins personnelles (et) le conseil d'administration s'est montré défaillant dans l'adoption et la mise en œuvre de mesures susceptibles de redresser la situation financière de l'institution », a dénoncé le gouverneur de la Bceao. C'est pourquoi, il a recommandé aux autorités ivoiriennes de placer cette entreprise sous administration provisoire.

Pis, l'institution communautaire exige que les auteurs de ces manquements soient poursuivis. « En définitive, de graves manquements sont relevés dans la gestion de l'Unacoopeci dont la répétition met en péril la situation financière de l'institution et les intérêts de ses membres, voire du secteur de la microfinance en Côte d'Ivoire. Au regard de ces dysfonctionnements majeurs, conjugués à une absence de visibilité par rapport aux perspectives de redressement de l'institution, nous proposons, qu'en application de l'article 62 de la loi portant réglementation des SFD, vous procédiez à la mise sous administration provisoire de la structure faîtière. Cette mesure pourrait être complétée par l'application de sanctions disciplinaires et l'engagement de poursuites judiciaires à l'encontre des dirigeants à l'issue de l'audit global du réseau, qu'il serait souhaitable de réaliser à brève échéance », a-t-il conclu.

Par la suite, la directrice générale incriminée, Virginie Kouassi est débarquée. Rien de plus. Savané Issiaka est nommé Directeur général par intérim en mai 2012. En janvier 2013, il est confirmé dans cette fonction. Entre-temps, prenant en compte les orientations de la Bceao, Charles Koffi Diby, ministre de l'Economie et des finances d'alors, nomme l'expert comptable diplômé, Yao Koffi Joseph, comme administrateur provisoire de l'Unacoopecci, la faîtière des Coopec. Celui-ci avait pour mission de redresser la structure en difficulté financière. Mais, il n'aura pas le temps de s'installer butant, dit-on, sur une farouche résistance à l'intérieur de l'entreprise. C'est à ce moment qu'intervient un remaniement ministériel qui voit l'arrivée de Mme Nialé Kaba, ministre auprès du Premier ministre, chargée de l'économie et des finances.

La nouvelle ministre, suivant toujours les recommandations du gouverneur de la Bceao, prend, le 5 septembre 2013, un arrêté de mise sous administration provisoire de l'Unacoopecci. Mais, coup de tonnerre, elle nomme, Savané Issiaka, le directeur général de l'Unaccopcci comme administrateur provisoire. Une grande première, dit-on dans le milieu des finances. « En règle général, c'est un expert comptable extérieur à l'entreprise qu'on nomme pour redresser celle-ci. Mais, on ne prend pas quelqu'un qui est aux affaires pour une mission de redressement. Le risque c'est que celui-ci pourrait en profiter pour couvrir ses manquements », a-t-on expliqué.

 

Vols massifs, détournements de fonds,…

Nos investigations ont permis de découvrir de graves malversations financières estimées à plus de 11 milliards de francs Cfa aussi bien dans les caisses de base qu'à la direction générale.

Dans les caisses, des exemples de décaissements injustifiés, des détournements massifs et autres vols, ont été constatés. De même que la mise en place de crédits fictifs ; des retraits frauduleux sur comptes. Au niveau de la faîtière, de la direction générale, c'est un trou de 1.806.344.787 francs Cfa qui a été constaté. Les agents et gérants des caisses de base dans de nombreuses localités se sont rendus coupables de vols et autres délits.

A la direction générale, a-t-on appris, des responsables ne se sont pas montrés très attachés à l'orthodoxie comptable. Plusieurs d'entre eux ont pris des distances avec les règles de gestion élémentaires. Détournements de fonds et double paiement de fournisseurs ne sont pas les seules entorses comptables constatées. « Dans le compte 3316050032 : stocks à répartir, un montant de 340 724 837 francs Cfa a été comptabilisé, représentant la valeur d'ordinateurs acquis pour le compte des Coopec. Le chef du département informatique d'alors, actuel directeur régional Ouest, n'a pu apporter la preuve de la livraison de ce matériel ni la liste des bénéficiai (...)

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